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Circuit Des Yeux: « In Plain Speech »

Haley Fohr manie sa voix comme une couteau très aigusé sur le fil duquel elle a peur de se couper. Il est rare d’entendre une femme chanter avec un baryton mais il est encore plus rare qu’on le fasse avec une telle fluidité.

Son registre est celui du folk expérimental où elle crée un univers fait de ses émotions comme sur le premier « single » de son nouvel album In Plain Speech, « Fantasize The Scene ». La tension y est tendre et elle est totalement tenue en bride par la prononciation attentive de celle qui a pris pour pseudo Circuit Des Yeux.

D’une manière générale elle diffuse sur ses compositions une pincée de vibrato comme pour souligner la précision de son phrasé jusqu’au moment où il atteint une apogée en un crescendo qui durera et durera avant qu’elle ne se décide à laisser place à une explosion de guitares en drones et de percussions qui s’entrechoquent.

De cela émergera une force tranquille, presque existentielle,qui semble se repaître de cette solitude qui rend plus fort et qui s’agrémente des merveilleuse flûtes qui lui servent de décorum.

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30 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Froth: « Bleak »

Depuis sa formation à Los Angeles, ce quatuor a généré pas mal d’attention avec leur fusion de lo-fi et de garage rock. Bleak est leur deuxième opus et ses neuf plages restent fidèles à un certain son « west coast » : mélodique et rais avec des riffs profonds qui sont parfaits pour accompagner une virée sur une highway déserte.

Un des morceaux phares sera « Nothing Baby » une lamentation en combustion lente qui semble annoncer, de par son tempo, la perte à venir d’un partenaire amoureux avec des tonalités sombres qui rappelleront The Jesus and Mary Chain. Le solo de guitare situé à la fin est mélodique et forme une transition adaptée aux rythmes plus enlevés qui suivront.

Le combo n’excelle pas uniquement dans les compositions rapides, le « closer », « Sleep Alone » est centré sur une tonalité acoustique et une recherche mélodique nuancée par un arrangement minimaliste et des vocaux en mode crooner.

Foth a créé un certain buzz autour de lui ; il capture à merveille la vibe estivale qui semble imprégner LA en permanence et, s’évitant le piège de le surproduction, il fait de Bleak un album essentiel du côté de Echo Park.

***1/2

30 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Corrina Repp: « The Pattern of Electricity »

Corrina Repp est déjà connue pour la douceur mélodique de son répertoire et des rythmes perçants dont elle la ponctuait soudain. The Pattern of Electricity lui permet d’affiner cette approche en y ajoutant des éléments tantriques qui vous élèvent et semblent vous héler et donner un sens à votre vie.

On est ici dans la zen attitude assumée avec des compositions qui semblent traverser des territoires éloignés dans lesquels la chanteuse jettent des sorts au moyen des psalmodies mystiques qui parsèment le disque et éveillent nos désirs les plus secrets.

Ainsi les notes des orgues font allusion au sinistre plutôt qu’au liturgique  comme sur « Long Shadow » ; elles vous transportent non pas dans une église mais dans ces caves où se déroulent des cultes clandestins durant lesquels Repp nous invite à renaître d’une manière jamais vécue jusqu’alors et être ainsi capables de capter les chants tenaces qui compsent l’album.

Nous sommes dans le domaine du sans fin, de la quête de l’apothéose de la vie ; et si sa voix nous donne la chair de poule ça n’est pas pour pourfendre le coeur mais pour nous ensorceler.

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30 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Vaccines: « English Graffiti »

Ces cinq dernières années The Vaccines ont capturé le coeur et l’esprit de bien des fans de rock, au-delà des générations, grâce à une guitar indie pop énergique vectrice d’abandon et d’innocence. Après leur deuxième opus, Come of Age, et son « hit single », « Teenage Icon », le groupe est de retour avec un troisième album qui ne surprendra que peu de monde. La plupart des groupes prennent un disque ou deux pour assoir leur son avant de se lancer dans une aventure plus expérimentale et English Graffiti ne fera pas exception à la règle.

Le disque se permet ainsi des incursions dans des titres où les synthés sont plus accentués, avec des tonalités plus riches où les textures oniriques sont plus amplement mises en avant. Les sons de guitares familiers se sont transformés pour aller vers un véritable barrage de riffs fuzzy et abrasifs, une surmultipliée qui ne serait pas déplacée sur un groupe de garage rock. Ces deux éléments se mélangent de manière étonnamment fluide, par exemple sur « Denial » et la tonalité incroyablement drue de sa guitare et un arrière-fond de synthés fastueux.

Le titre d’ouverture, le « single » « Handsome », démontre à quel point, sous la houlette de Dve Fridman à la production, The Vaccines assument le fait d’être un groupe de rock qui pousse les choses à leurs limites en s’exemptant de synthés. La thématique sonique du disque est bien la distorsion, exmplofiée par una attitude joyeusement punk telle qu’on la percevait dans les précédents « singles » : enlevée, simple et bienheureuse.

La ligne de basse est intense, souvent en surmultipliée, les six cordes carillonnent ; le tout construit une énergie en profusion comme sur « 20/20 » ou « Radio Bikini » qui adhèrent à cette sorte de mantra axée sur l’accroche qui apporte un tranchant supplémentaire à ce qu’on connaissait de le formule du groupe.

« Dream Lover » et « Want You So Bad » enfonceront encore plus le clou en y greffant cette once de séduction qui fait partie de l’image du combo mais celle-ci se lézardera sur les passages les plus lents. « Maybe I Could Hold You » pourrait concourir au titre du meilleur classique de remplissage d’autant qu’il semble inspiré du AM des Arctic Monkeys.

Pour le reste, English Graffiti est le disque le mieux produit des Vaccines. Mérite en revient à Fridman bien sûr ; ceux-ci continuent à se montrer fédérateurs sans pour autant viser à toucher le mainstream. Leur rock conserve cette acuité qui ne peut que plaire aux aficionados de la chose indie adolescente et cette construction suffisamment bien agencée pour satisfaire un public plus âgé qui en a déjà vu d’autres mais qui ne perdra pas son temps en se plongeant dans English Graffiti. Leur premier album s’intitulait What Do You Expect Fom The Vaccines ? Celui-ci est une réponse circonstanciée : on ne peut s’attendre qu’au meilleur de leur part tant qu’ils produiront de telles pop songs.

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30 mai 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire