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Madisen Ward and the Mama Bear: « Skeleton Crew »

Étant donné que Madisen et Ruth « Mama Bear » Ward sont un duo d’une espèce extrêmement rare (une mère et son fils) on comprendra aisément qu’il suscite l’intérêt. Heureusement la curiosité va aller plus loin qu’un line-up atypique trouvera matière à satisfaction quand les deux artistes se mettent à chanter.

Leur son a été peaufiné durant six ans dans les coffe houses autour de Kansas City et de leur ville natale (Independance, Missouri) et cet environnement ne peut qu’avoir influencé des racines brutes et pleines de corps.

Chaque composition sera peinte de couches de country, folk, blues ou gospel délivrée par la voix de rauque de Madisen Ward et adoucie par les douces harmonies de « Mama Bear ».

La production de Jimmy Abbis, plus sobre que dans ses travaux avec Adele et The Arctic Monkeys, donne toute latitude aux chansons de déployer leurs charmes sur des morceaux comme « Live by the Water » ou « Modern Day Mystery » ou la puissance que peuvent avoir des voix (« Undertaker & Juniper ».

Skeleton Crew est un excellent exemple de folk moderne non ajouré et non terni non plus par une coloration artificiellement actualisée.

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27 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Milk Carton Kids: « Monterey »

Monterey est décrit comme le troisième album du duo indie-folk The Milk Carton Kids mais, sachant qu’il a été écrit sur la route et enregistré dans des salles de concerts vides cette méthode atypique n’en fait pas un réel disque de studio.

En même temps le résultat est concluant car il permet de capturer des artistes là où ils sont le plus à l’aise dans un cadre intime et chaleureux. Joey Ryan et Kenneth Pattengale écrivent, chantent et jouent de la guitare acoustique et délivrent ici quelque chose qui va au-delà de cet alliage.

Les harmonies vocales sont enchanteresses, et le tout donne la sensation d’avoir été crée dans un univers fait de symbiose entre eux. On notera la facilité à prodiguer un son qui paraisse accompli même sur les titres courts (Sing Sparrow Sing ») et à nous entraîner vers des méditations philosophiques voire cosmiques comme sur la chanson titre.

Sur la durée de l’album, toutefois, la stricte adhérence à une seule esthétique devient quelque peu lassante même si la maîtrise exercée par The Milk Carton Kids n’est jamais prise en faute.

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27 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Tanlines: « Highlights »

« Pendant tout ce temps nous avons attendu de pouvoir prouver qu’on pouvait l’emporter sur tout », ainsi chante Eric Emm sur « Palace » le troisième titre du deuxième disque de Tanlines, Highlights.

Ce qui pourrait passer pour une quête amoureuse ou existentielle ; c’est pourtant aussi une ode à la patience, une qualité que le duo possède indubitablement si on calcule l’écart de trois ans entre le premier album, Mixed Emotions, et celui-ci.

Nous n ‘avons, en effet, pas affaire à un disque electro-indie à rythmique en 4/4 uniforme ; on y trouve des éléments « dance » (« Slipping Away », « Pieces » ou « Thinking ») mais on sent très bien que ça n’est pas l’objectif fondamental de Emm et de Jesse Cohen.

Tout comme le précédent, Highligts aurait très bien pu être une recherche uniquement sonique, la plus énorme même ; on y discerne au contraire beaucoup de retenue comme si les deux musiciens pouvaient très bien voir la route vers laquelle ils devaient s’engager mais avaient choisi de rester là où ils sont parce que c’est plus confortable.

Ceci, en soi, n’est guère gênant dans la mesure où on y trouve des signes subtils de maturation, suffisamment en tous cas pour que le duo évite le fameux « sophomore slump ».

Un morceau comme « Running Still » par exemple brille d’influences Radio Dept. qui manie avec dextérité le paradoxe de grandir en âge, le nombre des années ne nous faisant pas nécessairement plus avisés.

La question « What are you running for ? » est d’ailleurs omniprésente dans le dernier tiers de l’album où une composition dance, « Thinking », se mue en fading de cet hymne à la crise existentielle qu’est « If You Stay » avant de s’arrondir avec ‘Darling Dreamer ».

À la fin de l’album on reste avec l’impression qu’attendre sera notre seule option ; les derniers vers de Highlights sont un « wait for me » significatif. Mais cette demande est tempérée d’optimisme et, si c’est un appel, il n’est pas désespéré mais plutôt un cri de tolérance. Quand Emm déclare qu’il est parvenu à « se débarrasser de ses peurs et fini de se cacher », il ne nous reste plus qu’à patienter pour voir vers où ce cheminement mènera Tanlines.

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27 mai 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire