Rapid Talk: Interview de Ben Waters.

Les Stones n’étaient pas cinq mais six tant les claviers tenus par Ian Stewart jouaient un rôle important dans le son du combo. Ce dernier décédé, c’est Ben Waters, qui lui a succédé dans son groupe Rocket 88 puis a créé son propre ensemble The A, B, C and D of Boogie Woogie, est parvenu à réunir tous les Stones plus quelques invités de marque pour un disque hommage, Boogie 4 Stu dont le dynamisme témoigne, encore aujourd’hui, de la pérennité festive et enflammée.

Comment vous est venue cette idée d’album ?

Ian était un ami de mon oncle et de ma tante et la première fois où je l’ai entendu jouer était lors de leur 25° anniversaire de mariage. Je n’avais que 8 ou 9 ans et mais j’avais été impressionné. Après sa mort j’ai décidé d’apprendre le piano en essayant de jouer comme lui grâce à des vidéos que j’avais retrouvées. Plus tard, des membres de son groupe m’ont demandé de jouer avec eux car j’avais le même style que lui et cet album est ma façon de lui dire « merci ».

Qu’avait-il de particulier dans sa façon de jouer ?

Ses accords étaient réguliers et très frappés. Ça n’était pas tant la technicité mais pour un groupe comme les Stones c’était l’idéal car il leur donnait une assise. C’est pour cela qu’il était si bon avec eux ou Led Zeppelin.

Quand vous parlez d’accords frappés, comment vous êtes-vous répartis la tâche avec Jools Holland ?

Je savais que Stu aimait beaucoup Lionel Hampton. Jools a eu l’idée de reprendre un duo de Hampton au piano avec une main gauche pour l’un, une main droite pour l’autre. C’est une manière de jouer en percussions. Il a suggéré de nous en inspirer et nous avons alterné rythmique, solos et changements de piano. Sur la majorité des morceaux, en particulier les lents comme « Midnight Blues », j’ai assuré les accompagnements.

En plus vous avez enregistré dans son studio…

C’était approprié car nous souhaitions faire toute ça de façon très simple et Jools, plutôt que de nous séparer, nous a fait jouer tous ensemble au même endroit. C’était très spontané, sans « overdubs », avec une ou deux prises, juste comme nous le voulions.

Et vous avez réuni une sacrée palette de musiciens.

Oui tous les Stones étaient proches lui. Ils ont joué de façon détendue, amicale. Il n’y avait pas de problèmes d’égos J’ai envoyé par mail la bande de « Watching The River Flow » à Mick Jagger en France. Il l’a enregistrée en une prise et me l’a renvoyée presque instantanément avec, je trouve, beaucoup de feeling dans son interprétation.

Comment avez-vous choisi les titres à enregistrer ?

Ce morceau était le seul de Dylan que Stu aimait, sans doute parce que Leon Russell y tenait le piano. Il est assez représentatif de la façon, dont ça s’est passé car Bill Wyman puis Keith Richards et enfin Ron Woodd ont voulu y participer et tout s’est fait de manière impromptue.

Et pour les autres ?

J’ai songé à ceux qu’il aurait aimé entendre. Quand il a reçu sont premier disque d’or avec les Stones, il a enlevé le verre et l’a remplacé par un disque de Albert Ammons. C’est pour cette raison que j’ai débuté l’album avec un de ses titres. Tout a été choisi de cette manière, je savais qu’il aimait Big Joe Turner aussi on a enregistré « Roll ‘Em Pete » et j’avais aussi pas mal de vidéos qui m’ont permis de choisir des choses qu’il aurait aimé réinterpréter. Jools Holland a choisi un morceau de Jimmy Yancey car ils avaient beaucoup parlé de lui quand ils s’étaient rencontrés il y a quelques années. Tout avait un rapport avec lui, y compris les titres que j’ai joués avec Rocket 88 le groupe qu’il avait formé et que j’ai rejoint après sa mort.

« Boogie For Stu », c’était un réplique du « Boogie With Stu » de Led Zeppelin.

Oui, j’ai toujours aimé Led Zep et je voulais jouer sur les mots. C’était une façon de maintenir cette tradition de la spontanéité.

« Lonely Avenue » a une tonalité différente, presque gothique. Il est vrai qu’avec PJ Harvey. (Rires)

C’est ma cousine et je suis réellement fier d’elle. Comme artiste en pour la façon dont elle a repris ce titre. Sur ce plan, nous partageons la même passion. On a enregistré sur le piano, qu’elle a chez elle. On a fait ça très détendus, dans le salon de son père et de sa mère, c’était assez étrange et en même temps charmant.

Charmant mais intense…

Vous ne pouvez pas lui demander de faire les choses de man ère conventionnelle. (Rires) Là, son interprétation est presque fantomatique.

De façon générale, comment les arrangements ont-ils été agencés ?

On n’ y pensait pas trop. C’était comme une « jam » avec une approche très simple. Les solos, claviers ou cuivres, se faisaient de manière impromptu. Tout ce qui a été réfléchi l’était en amont.

Vous-même n’hésitez pas, dans votre groupe, à pratiquer cette approche où vous passez d’un clavier à l’autre avec vos musiciens.

Cela est possible parce que vous avez des instrumentistes phénoménaux. Vous savez, quand vous essayer de remonter aux racines de la musique populaire, ce qui demeure est l’idée que vous devez privilégier l’instinct et une certaine joie de vivre et c’est cela le message de la musique.

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