Rapid Talk: Interview de Turbo Fruits.

Jonas Stein est le leader de Turbo Fruits dont le quatrième album, No Control, semble marquer une évolution vers un rock plus assagi que par le passé. Il est vrai que les thèmes explorés y sont assez délicats et que, peut-être, ils avaient besoin d’un traitement nuancé auquel le combo de Nashville ne nous avait pas habitués.

Qu’est-ce qui vous a poussé à évoquer vos problèmes personnels ?

Se sentir âgé est une chose étrange ; non pas que je me sente vieux à 27 ans mais j’ai commencé à tourner à 17 ans. Il est facile de parler des bons moments que vous passez quand vous êtes plus jeune car, après tout, c’est votre but mais il arrive un moment où votre expérience de la vie vous transforme. Faire partie d’un groupe vous fournit un exutoire pour évoquer des choses dont vous ne pouvez pas parler personnellement. C’est une thérapie et nous sommes des êtres vivants avec de vrais problèmes ! Heureusement et malheureusement avoir des problèmes est source d’inspiration et nous avons créé No Control sous l’influence de la tristesse, des peines de coeur, de la mort et tout ce qui va avec.

Beaucoup de chansons y parlent d’amour et de relations humaines ; avez-vous appris quelque chose à ce propos en composant cet album ?

Oui, que la vie continue et que tout peut avoir une fin heureuse avec le temps et les amis. On ne peut diriger son destin alors il faut prendre ce que l’on a et faire du mieux possible avec. Il y a toujours des choses à glaner autour de soi et c’est cela qui nous permet de vivre.

Il y a ce titre, « Brother » qui fait partie de cette démarche…

Mon frère est mort juste après mon 12° anniversaire ; il était à un entraînement de basketball et il courait ses dernières foulées quand son coeur a lâché alors qu’il faisait ce qu’il aimait le plus au monde. Il avait huit ans de plus que moi et était très protecteur en raison de mon âge. C’est lui qui m’a appris à jurer, à me battre et qui m’a branché sur de la bonne musique à un jeune âge.

Beaucoup ont dit de No Control que c’était un album plus « vrai », plus « mûr » ; vous semblez parler de la vraie vie en fait.

C’est tout à fait ça. On lâche un peu prise et on laisse ce qu’on a à l’esprit émerger. C’est assez fatiguant d’écrire à propos de cela mais, au bout du compte, on se sent rafraichi et débarassé d’un gros poids.

Est-ce que, ainsi, vous tournez la page ?

Je ne suis pas certain que je le fasse totalement mais ça soulage. Comme je vous l’ai dit c’est une thérapie d’écrire à propos de vos traumas.

Le groupe semble avoir un certain esprit d’entreprise à tout faire lui-même …

J’ai commencé à jouer « live » dès 14 ans. On a toujours dû bricolé tout nous-mêmes. Aller dans les clubs, rencontrer des promoteurs, essayer de les convaincre de nous engager, composer, faire des « fliers », graver nos disques, réaliser nos pochettes, et j’en passe. Ça me semble naturel de faire attention à des choses dans lesquelles nous sommes impliqués. Aujourd’hui les gens ont un degré d’attention beaucoup plus court ; il est donc nécessaire de leur laisser quelque chose dont ils puissent se rappeler. Pour moi cet esprit vient du constat de me dire que si je ne peux pas le faire, je dois trouver un autre moyen pour le faire.

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