No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The Atomic Bitchwax: « Gravitron »

N’est-il pas étonnant que le heavy metal semble ne pas s’être fait à l’idée que tout a déjà été fait en matière de riffs ? C’est, en tous cas, une problématique que ne se pose pas The Atomic Bitchwax d’autant que le combo, comprenant la section tythmique de Monster Magnet, n’a pour autre objet que nous asséner du « stoner rock » hérité de la psychedelia des 60’s et du riff rock des 70’s.

On peu se demander, en outre, ce qu’il reste de leurs instruments à la fin d’un concert tant ce qui est déjà véhiculé sur Gravitron rassemble les mânes de Jimi Hendrix et de Tommy Bolin. Les accroches sont lourdes, les breaks insolents, la basse explosive et la pédale wah wah sanglote gémit comme un marmot perdu sans ses géniteurs.

On retrouve chez eux un mélange d’attitude hippie héritée de Abbie Hoffmann et de véhémence telle qu’on la trouvait chez Nirvana, bref si The Blue Cheer devait renaître il s’appelerait Atomic Bitchwax et nous concocterait des morceaux ayant pour titres « No Way Man » ou le bien nommé « Fuck Face ».

***1/2

1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Squarepusher: « Damogen Furies « 

Squarepusher est une figure de la musique électro connue pour pousser au plus loin les limites de l’expérimentation. Les résultats sont, en général, variables et le pire y côtoie souvent le meilleur. À cet égard, Damogen Furies ne sera pas différent.

Dès son amorce, il semble que Squarepusher conserve l’esthétique kitsch de son album précédent avec un « Stor Eiglass » qui, tout comme « Kontenjaz » et « Exjag Nives », offre les caractéristiques d’une bande son de film de SF.

Malgré leur ringardise ces titres parviennent à créer une certaine dissonance grâce à des structures rythmiques imprévisibles tout comme les fiévreuses lignes de basses qui les organisent.

Des passages étourdissants retiendront l’attention ; « Baltang Ort », véritable salve sonique funèbre, ou « Kwang Bass »  aux variations de percussions incessantes.

Damogen Furies marque un retour à cet amalgame jazz et drum & bass mais il reste trop figé dans un mode kitsch. Le bon goût n’est donc pas toujours présent mais demeure néanmoins une direction à explorer.

***

1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Turbo Fruits.

Jonas Stein est le leader de Turbo Fruits dont le quatrième album, No Control, semble marquer une évolution vers un rock plus assagi que par le passé. Il est vrai que les thèmes explorés y sont assez délicats et que, peut-être, ils avaient besoin d’un traitement nuancé auquel le combo de Nashville ne nous avait pas habitués.

Qu’est-ce qui vous a poussé à évoquer vos problèmes personnels ?

Se sentir âgé est une chose étrange ; non pas que je me sente vieux à 27 ans mais j’ai commencé à tourner à 17 ans. Il est facile de parler des bons moments que vous passez quand vous êtes plus jeune car, après tout, c’est votre but mais il arrive un moment où votre expérience de la vie vous transforme. Faire partie d’un groupe vous fournit un exutoire pour évoquer des choses dont vous ne pouvez pas parler personnellement. C’est une thérapie et nous sommes des êtres vivants avec de vrais problèmes ! Heureusement et malheureusement avoir des problèmes est source d’inspiration et nous avons créé No Control sous l’influence de la tristesse, des peines de coeur, de la mort et tout ce qui va avec.

Beaucoup de chansons y parlent d’amour et de relations humaines ; avez-vous appris quelque chose à ce propos en composant cet album ?

Oui, que la vie continue et que tout peut avoir une fin heureuse avec le temps et les amis. On ne peut diriger son destin alors il faut prendre ce que l’on a et faire du mieux possible avec. Il y a toujours des choses à glaner autour de soi et c’est cela qui nous permet de vivre.

Il y a ce titre, « Brother » qui fait partie de cette démarche…

Mon frère est mort juste après mon 12° anniversaire ; il était à un entraînement de basketball et il courait ses dernières foulées quand son coeur a lâché alors qu’il faisait ce qu’il aimait le plus au monde. Il avait huit ans de plus que moi et était très protecteur en raison de mon âge. C’est lui qui m’a appris à jurer, à me battre et qui m’a branché sur de la bonne musique à un jeune âge.

Beaucoup ont dit de No Control que c’était un album plus « vrai », plus « mûr » ; vous semblez parler de la vraie vie en fait.

C’est tout à fait ça. On lâche un peu prise et on laisse ce qu’on a à l’esprit émerger. C’est assez fatiguant d’écrire à propos de cela mais, au bout du compte, on se sent rafraichi et débarassé d’un gros poids.

Est-ce que, ainsi, vous tournez la page ?

Je ne suis pas certain que je le fasse totalement mais ça soulage. Comme je vous l’ai dit c’est une thérapie d’écrire à propos de vos traumas.

Le groupe semble avoir un certain esprit d’entreprise à tout faire lui-même …

J’ai commencé à jouer « live » dès 14 ans. On a toujours dû bricolé tout nous-mêmes. Aller dans les clubs, rencontrer des promoteurs, essayer de les convaincre de nous engager, composer, faire des « fliers », graver nos disques, réaliser nos pochettes, et j’en passe. Ça me semble naturel de faire attention à des choses dans lesquelles nous sommes impliqués. Aujourd’hui les gens ont un degré d’attention beaucoup plus court ; il est donc nécessaire de leur laisser quelque chose dont ils puissent se rappeler. Pour moi cet esprit vient du constat de me dire que si je ne peux pas le faire, je dois trouver un autre moyen pour le faire.

1 mai 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Mew: « – + – »

Mew est un groupe de alt-pop danois qui s’est fait connaître par un titre, « Frengers », et une voix propre à vous hanter, celle d’un Jonas Bjerre capable de vous emmener de manière veloutée en un monde spectral issu de nulle part.

Ce cinquième album repose sur à peu près les mêmes caractéristiques. Le combo a cette habileté innée à nous faire entrer de plain pied en un lieu faite de guitares bravaches et de climats impétueux. On retrouve cette éternelle sensibilité pop scandinave qui nous introduit immédiatement dans un univers d’émotion en mode shoegaze à traverser brumes et fjords.

Le disque compte 14 plages ce qui est un peu long quand on souhaite tutoyer l’onirique mais, grâce à Russell Lissack de Bloc Party, un peu de muscle sera injecté à une cadence souvent étale.

On retiendra « Witness », véritablement captivant, et « My Complications » qui parvient à nous secouer. Ce dernier marqueur, plus vigoureux, sera signe qu’élégance n’est pas tributaire de tempo.

***1/2

1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Alabama Shakes: « Sound & Color »

Alabama Shakes reviennent donc avec un Sound & Color qui vise à nous enraciner un peu plus dans l’effet produit par leur premier album, Boys and Girls. Le groupe s’était bâti une réputation sur la présence et les vocaux imposants de Brittany Howard et ces éléments de southern soul perdurent ici même si ce qui, quelque part, le sentiment d’immédiateté n’est plus aussi puissant.

Pour remédier à cela, le combo s’est tourné vers une autre facette de la soul, celle qui baignait les années 70 ce qui explique en partie le titre donné à ce nouvel opus.

L »architecture musicale repose aussi sur ce cauchemar que peut être un alliage entre funk, gospel, punk, blues, disco et free-jazz. Conséquemment le disque laissera la part belle à des tonalités sombres où il est question de relations tumultueuses, de ruptures et du désir de trouver l’âme sœur.

Il ne faudra donc pas chercher ici une véritable prise de risques. Alabama Shakes ne font que revisiter les arcanes du soul-rock ; qu’ils y parviennent montre que c’est un genre qui continuer encore de nous captiver.

***

1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire