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Sam Cohen: « Cool It »

Après la séparation de Apollo Sunshine, Yellowbirds semblaient avoir pris la relève pour devenir le projet solo de Sam Cohen. Quand ils se sont dispersés l’année passée, Cohen décida de sortir un disque sous son nom pour la première fois.

Bien qu’il joue de pratiquement tous les instruments sur Cool It, le son est pratiquement identique à ceux des deux disques de Yellowbirds. Le côté roots de Apollo a disparu tout comme l’esthétique bricolo qui l’accompagnait et Cohen s’est confortablement installé dans une psychédélia vintage et ensoleillée.

De subtiles nappes de synthés ne font que fournir une atmosphère à une guitare qui, fuzzy ou carillonnante, résonnant d’échos ou des traficotages sonores, donnera accroches et textures à l’album.

La voix de Cohen sera constante, à mi chemin entre Lennon et Dylan, et maintiendra un climat désinvolte à un artiste semble satisfait de laisser la musique flotter autour de lui en vibrations chaudes et plaisantes. Cool It justifie bien le titre d’un album qui prend à bras le corps la nonchalance qu’on percevait sur ses précédentes productions.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Django Django: « Born Under Saturn »

Django Django reviennent ici de façon inespérée avec un album rugissant et résolument imprégné d’une vibe estivale d’où le soleil est caché. Born Under Saturn est leur nouvel album est c’est une étrange sorte de bête à la fois psychédélique et art pop que le quatuor écossais nous livre ici.

Si nous sommes conviés à un « trip » celui-ci s’avère bien mystérieux et même un peu sinistre. Les synthés « space » qui ouvrent « High Moon » et « Shake and Tremble » sonnent de manière menaçante tout en déroulant leurs vagues de psychedelia percluses de brumes comme si elles voulaient les transpercer.

Le « closer », « The Life We Know », affiche la même humeur de ce mauvais augure qui semble planerrau-dessus de l’intégralité du disque. Malgré les piétinements rythmiques qui impriment leurs tempos aux morceaux, le rendu est transcendental et incantatoire, comme si, au travers du beat, il s’agissait d’atteindre l’existentiel. L’électronique et l’organique se conjuguent alors pour toucher le spirituel et si celui-ci révèle une nature sombre, ça n’en est que tant mieux tant qu’il nous permet de nous y enivrer en dansant.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Brwon Bird: « Axis Mundi »

Voilà environ un an, le chanteur et guitariste de Brown Bird, David Lamb, succomba à une leucémie à l’age de 36 ans. Son groupe, réduit très vite à un duo avec sa femme MorganEve Swain, construisait une carrière artistique ascendante tant elle était talentueuse et unique. Elle combinait en effet le folk, le rock et des les nourrissait de souches d’Europe de l’Est et extrême orientales intrigants et façonnait un univers musical extraordinaire de passion et d’émotion.

Fits of Reason fut leur seul et unique album et, si il marquait une évolution vers le « mainstream », maintenait sa singularité. Avant sa mort, Lamb avait enregistré des demos et celles-ci furent complétées par Swain, son frère et un ingénieur du son pour qu’elle soient restituées dans leur intégrité.

Axis Mundi est une expression tirée des carnets de Lamb et représente l’endroit où la terre et le ciel se rencontrent. C’est un disque plus orienté vers le rock mais il conserve les idiosyncrasies « world » qui caractérisaient le duo. On ne peut, derrière l’énergie, occulter l’approche sombre des choses que Lamb souhaitait mettre en place ici. « Pale and Paralyzed », « “Forest of Fevers » et « Tortured Boy » en sont témoignage même si, malgré des vocaux un peu enregistrés en-dessous, ce sont des titres qui impliquent une forte détermination de par l’interprétation qui en est donnée.

Swain a choisi de conserver certains titres instrumentaux tels quels mais les parties où elle a ajouté ses vocaux, par exemple sur «  Novelty of Thought », montrent une concision et une résolution parfaitement en phase avec son époux.

L’appréhension qu’elle a de lui et de son œuvre est le plus bel hommage qui pouvait lui être rendu et, même si certains passages auraient pu être dégrossis, Axis Mundi est certainement le disque le plus fort que le duo a et aurait pu réaliser.

***1/2

1 mai 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Best Coast: « Calfornia Nights »

Le « debut album » de Best Coast en 2010 était une merveilleuse incursion dans l’indie-pop ensoleillé et éraillé de la Californie. Pour leur second opus ; le duo a engagé le producteur Jon Brian pour le charger d’arrondir les angles ce qui s’est opéré à leur détriment.

Calfornia Nights tient à mi-chemin entre les deux précédents. On y touve surf pop lo-fi et un son plus éraflé et confiant. « Feeling OK » nous proposera des riffs grunge façon Weezer et le « single » « Heaven Sent » affichera une pop-punk arrogante à la Bangles.

Les vocaux de Bethany Cosetino sont toujours influencés par les girl groups des 60’s comme le montre « Wasted Time » mais sa voix parvient aussi à se déformer sur une ballade vertigineuse comme la chanson titre.

Les harmonies et la reverb l’épauleront et lui donneront une certaine assise y compris sur les morceaux mélancoliques de type « Fading Last » ou « Sleepo Won’t Ever Come ».

Bien sûr le style est un peu monocorde mais Cosetino a cessé de se lamenter et semble chercher désormais des réponses ; signe que le duo a grandi en 5 ans.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Nai Harvest: « Hairball »

Il est naturel qu’un groupe veuille graduellement changer son approche, c’est ce que fait Nai Harvest sur Hairball. Le duo de Sheffeiled abandonne ici ses tonalités « emo » et mélancoliques pour des riffs tapageurs et hyperactifs et des jams de type punk qui ne nous laissent guère le temps de reprendre notre respiration.

Alors que les fréquentes variations de tempo du passé apportaient une certaine complexité aux structures musicales, le parti pris est, ici, celui des percussions continuelles et implacables de Lew Currie et des vocaux intenses qui conviennent très bien au registre de Ben Thompson. Il y adopte un hurlement fuzzy et distordu rappelant des groupes comme Wavves et Cheatahs.

« Oceans of Madness » en est une des compositions les plus fortes, une pause brève au milieu de l’assaut sonique des autres, en embrassant un tempo ralenti bienvenu permettantdse prêtant attention à ses riffs et son chorus.

Hairball manque certainement de subtilité mais demeure un album engageant du début à la fin ; que demander de plus ?

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Jackson Scott: « Sunshine Redux »

Le « debut album » de Jackson Scott, Melbourne, s’était fait connaître un certain temps en ligne avant de sortir une sortie « physique » sur Fat Possum en 2013. Avec son répertoire oscillant entre lo-fi, bedroom pop et climats brumeux il rappelait des artistes comme Bernard Cox et Phil Elverum.

Sunshine Redux bénéficie, lui, d’une véritable sortie propre à justifier les critiques prometteuses de son précédent disque et nous permet de voir Scott explorer ses tonalités plus loin en y ajoutant riffs de guitares nimbés de soleil et des mélodies simples et défoncées ; blues déséquilibrés délivrées avec une lucidité hallucinée.

À son meilleur, sur « Ripe for Love », Scott est étourdissant tout au long des six minutes du titr avec un climat stupéfiant et des tempos évoquant Syd Barrett, en revanche, « Pacify » s’égare dans une psychedelia languissante et peu mémorable.

Il est indéniable que Jackson Scott peut nous charmer et qu’on éprouve une certaine joie à écouter ses chansonnettes.Les débris soniques l’obscurcissent néanmoins un peu trop ; un peu de mise à plat ne serait pas inutile.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Bill Fay: « Who Is the Sender? »

Y-a-t-il quelque chose de plus douloureux pour un artiste que d’enregistrer de magnifiques albums, être reconnu par certains de ses pairs et de ne rencontrer que l’indifférence générale ? C’est le cas pour Bill Fay, un singer-songwriter qui, en 1971 sortit un somptueux disque de folk psychédélique, Time of the Last Persecution, passa totalement inaperçu mais devint pour certains chanteurs comme Jeff Tweedy, Jim O’Rourke et Nick Cave, une référence qu’ils n’oublient jamais de mettre en avant.

Il opéra un retour en 2012 avec Life Is People, un titre qui véhiculait de manière exemplaire l’esthétique simple et le charme humaniste de son autour et, aujourd’hui, Who Is The Sender ? reprend cette même démarche en y apportant un questionnement encore plus cosmique.

Qu’il parvienne à faire coexister ces éléments fait partie de l’attrait qu’il exerce et cette approche se retrouve à nouveau dans les treize compositions que compte l’album. Celles-ci évoluent entre thèmes anodins et autres plus grandioses et semblent trouver leur point de fixation sur ceux qui cumulent les deux dans un même morceau qui serait imprégné de terre mais aussi d’existentialisme.

« The Geese Are Flying Westward » ouvre ainsi le disque sur un bruit qui se veut aussi appel à la méditation. C’est un éloge à ce que l’esprit prenne le dessus sur les sens, à se tenir coi et à prêtre attention au vide et à l’espace avec la voix râpeuse de Fay accompagnée d’un piano, d’un orgue Hammond et d’un fantastique son émis par une vielle.

« War Machine » va un peu plus loin ; c’est un « protest song » pointée contre l’énergie qui est si mal dépensée sur notre terre avec une imagerie (faucon, nature, machine de guerre) qui demeure héritée des années 70 qui l’on vu évoluer.

Cette procédure des seventies continue d’ailleurs à rythmer les morceaux. C’est une construction lente et patiente qui montre combien des artistes de type Bill Callahan ou Lambchop ont été influencés par lui. Fay prend son temps et mets ton son poids dans le phrasé et l’atmosphère, bien plus même que dans les mots, tout importants qu’ils soient. Un titre comme « Underneath The Sun » va traiter d’un sujet tout simple d’une manière qui n’a jamais été abordée ; la nature et les éléments qui la composent, le tout vu au travers de quelqu’un qui soit en phase avec elle et qui se montre sensible à la majesté que peuvent revêtir tous ses petits détails.

« How Little » va, à l’inverse, mettre en exergue l’intensité que Fay est capable d’apporter, mais celle-ci va se consumer lentement, en un crescendo fait d’une ligne mélodique circulaire, dont on attend un envol qui sera préparé par une guitare cuisante et un maelström de claviers qui vont allumer l’étincelle et nous incendier de manière intense et contemplative.

Malgré le calme qui en découle, demeurera un sentiment où règnera l’inconfort, cet inconfort qui reste la touche angulaire de la façon dont Fay articule son art.

Who Is The Sender ? est un album étourdissant, venu de la part d’un artiste qui, à 72 ans, n’a rien perdu de son génie et fédère bien des générations (Jason Pierce de Spiritualzied y fait même une apparition).

Bill Fay amorce donc ici un retour d’une manière qui nous fait réfléchir. Le contenu lyrique couvre l’existence, la nature et l’amour de manière précise. Ses réflexions sont interpellantes, évocatrices et nostalgiques tout à la fois. Elles ont été rédigées par un homme qui sait ce que l’on ressent quand on est connu et méconnu et qui a appris des hauts et des bas de la vie. C’est un album qui nous réjouit et où chaque notre a son importance et, à ce titre, c’est un cadeau pour tout amoureux de la musique qui mériterait un juste retour des choses.

****1/2

1 mai 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Mylets: « Arizona »

Mylets c’est Hanry Kohen, un musicien d’une espèce bien rare car, outre le fait qu’il soit multi-instrumentiste, il est capable de reproduire des sonorités qui détrompent ses jeunes 20 ans tant elles sont abouties mais surtout il le fait tout seul.

Pas de musiciens de studio sur ce deuxième album, personne dans le studio d’enregistrement, juiste un oncle pour assurer les percussions. Arizona est un projet solo et, à l’écoute du bruit qui y est produit, on ne peut qu’apprécier le sens du détail et de l’engagement qui ont été mis dans sa réalisation.

C’est un disque accompli dans ses moindres compositions, beaucoup plus que son premier opus, Retcon, en 2013. On est ici dans du rock bien affirmé et n’ayant pas honte de dire qu’il l’est et il est, au détour de nombreux titres, des passages à la guitare, l’instrument clef, qui semblent issus d’un véritable génie, et non d’un virtuose, de la six cordes. La musique est tendue comme il se doit et l’effet de surprise perdure ; qu’un seul individu soit capable de ça laisse pantois et avide de vibrer encore plus.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Native Construct: « Quiet World »

Quiet World est le premier album de Native Construct, trois étudiants aux Berklee College of Music à Boston. Leur projet est transgressif et transgenre puisqu’il vise à établir un pont entre « grande musique » et heavy metal. On pourrait qualifier leur répertoire de rock progressif mais il s’en distingue par une approche éclectique et une instrumentation qui va bien au-delà avec des emprunts à la symphonie, au jazz et à la fusion.

Il a fallu au trio trois ans pour composer les sept morceaux de l’album, inutile de dire donc que ceux-ci, que ce soit le kaléidoscope vivace qu’est « Mute » avec ses voix semblant surgies du cyber-monde ou « Chromatic Aberration », une épopée ampoulée de plus de 12 minutes, se fient des des structures conventionnelles pour en créer des autres. Que nos musiciens soient capables de mener leurs études en même temps doit créer un dilemme chez eux car n’est pas Dream Theater qui veut et eux peuvent certainement plus que ces derniers.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

As It Is: « Never Happy, Ever After »

La sortie du « debut album » de As It Is, Never Happy, Ever After, est accompagnée sentiments contradictoires. C’est le premier groupe a britannique être signé par mais leur chanteuse, Patty Walters, a une notoriété discutée en raison de sa présence sur une chaîne de YouTube.

Le groupe utilise un second vocaliste, Ben Biss, ce qui donne à leur répertoire pop-punk une dimension moins unidimensionnelle qui les distingue de nombreux combos du même type. On y trouve, en outre, des influences de « emo rock » qui étayent les mélodies et les riffs accrocheurs de Never Happy, Ever After.

Côté pop on notera le « single » « Dial Tones » ou « Cheap Sost & Setbacks » ou « Can’t Save Myself » mais ces titres ont une densité qui pourrait les transformer en hymnes parfaits pour les concerts en plein air.

Le combo est capable de véhiculer le désir de communier (comme sur le très émotionnel « My Oceans » qui pourrait faire venir les larmes aux yeux des mndinettes) et c’est cette dernière qualité qu’on retiendra pour le moment.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire