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Turbo Fruits: « No Control »

Turbo Fruits nous ont habitués à des disques marqués par l’urgence et la nervosité ; il est par conséquent étonnant que le combo de Nashville passe mentire le titre, No Control, qu’il donne à ce nouvel opus tant celui-ci semble bien plus, si ce n’est maîtrisé, plus réfléchi et articulé qu’à l’habitude.

Le « single » qui ouvre le disque, « The Way I Want You », l’exemplifie à merveille. Produit par Patrick Carney des Black Keys il nous montre des arrangements si étudiés qu’ils semblent studieux et, au niveau des textes une sorte d’aller retour entre le répertoire habituel du groupe (la boisson er les relations erratiques) et une approche plus mesurée.

Jonas Stein chante d’une voix mollassonne et paresseuse, chose que l’on trouve après un temps d’acclimatation, attachante et nous expose la problématique de vouloir que sa petite l’aime de la manière dont il le souhaite tout en sachant qu’e ça n’est pas possible et qu’il n’a pas le droit de l’exiger.

Ce seul titre, cette recherche d’apaisement et de réconciliation, suffira à nous faire entrevoir une maturation du groupe même si il n’a pas abandonné les titres directs et accrocheurs comme « No Reason To Stay » et son chorus plein de sagacité dressant la liste de ce qui peut nous entraver, mais aussi une tempérance qui n’hésite pas non plus à faire montre de sentimentalisme (« Friends » ou « Blow These Clouds »).

Autant on peut apprécier les nuances que Turbo Fruits souhaite introduire, autant on peut regretter que cela se fasse de manière un peu rhétorique ce qui est, en un sens, volonté de prouver que l’on navigue entre les deux eaux du lâcher prise et du contrôle des émotions.

En étouffant un peu trop sa férocité et en mettant un peu plus d’emphase sur les textes, on sent Stein en prise avec ses désirs contradictoires (« Don’t Change ») ce qui traduit, finalement, sa peur du changement.

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27 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Peach Kelli Pop: « III »

Peach Kelli Pop est le projet pop-punk de Allie Hanon une canadienne d’Ottawa désormais basée à Los Angeles. Quand on saura que III arrive à point nommé pour l’été on comprendra l’imaginaire qui se dégage du répertoire du combo ne serait-ce que par le titre de l’album et le fait qu’il réside à L.A.

Le disque est vivement cadencé, énergique avec un mélange de chansonnettes douces et mélodiques aucune n’excédant pas les deux minutes. On peut visualiser ce que les Ramones auraient fait d’une album de reprises de musiques de dessins animés pour savoir de quoi retourne III. Un opus enrubanné dans une boîte de sucreries un peu glitter.

On y trouve des passages où il est question d’amour abandonné (« Heart Eyes ») d’autres qui se veulent moins sucrés et plus mordants (« Big Man ») qui veulent nous faire croire qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant leur apparence joyeuse.

Cela ne risque pas d’être la cas sur cet album qui ne dépasse pas les 20 minutes et, si il a fonction de nous renfrogner, il y parvient très bien pas sa pauvreté en matière d’inspiration.

*1/2

27 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Colin Stetson & Sarah Neufeld: « Never Were the Way She Was »

Le saxophoniste Colin Stetson et la violoniste Sarah Neufeld, connus autant pour leurs collaborations prolifiques (Tom Waits, Bon Iver, Arcade Fire) que pour leurs enregistrements en solo joignent ici leurs forces pour la première fois.

Ce faisant, ils laissent derrière eux la nature désolée et solitaire de leurs précédents travaux en solo pour quelque chose de beaucoup plus charnu. Néanmoins Never Were The Way She Was affiche toujours une veine minimaliste à l’extrême avec des périodes prolongées de motifs qui se répètent.

La différence est que les deux instruments se complémentent merveilleusement ce qui donne un résultat dépassant l’addition des deux. Le violon de Neufeld offre un contrepoint élégant aux notes de baryton agressives du saxophone de Stetson ce qui produit un album à la fois plein mais aussi énigmatique et même angoissant.

« And The Dark Hug Of Time » avec les gémissements distants de ses vocaux et ses lignes de basse oscillante fait penser à une rêverie terrifiante et, alors que la chanson titre ressemble à une version rageuse du « Fratres » de Arvo Pärt, le tout forme un ensemble merveilleusement homogène.

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27 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire