The Leisure Society: « The Fine Art of Hanging On »

Que The Leisure Society soit considéré comme un des groupes les plus intéressants au niveau des textes ne surprendra personne quand on saura que son fondateur (avec le multi-instrumentiste Christian Hardy) Nick Hemming a remporté deux fois de suite le prestigieux Ivor Novello Award consacrant les « songwriters » et qu’il bénéficie du soutien du (avis personnel) plus grand d’entre tous en Grande-Bretagne, Ray Davies.

Sur cet album, Hemming n’a aucunement perdu cette faculté ; The Fine Art of Hanging On est basé plus ou moins sur un concept, celui de tenir non quoi qu’il puisse arriver en termes de relations, de carrière au sein d’une industrie dont au sait ce qu’elle est ou même quand il s’agit de l’existence elle-même.

On retrouvera toutes les caractéristiques de son art de la composition : textes soigneusement confectionnés et d’une richesse d’observation qui n’a d’égale que celle des Kinks, mélodies incroyablement ciselées et, pour accompagner le tout, un assortiment d’arrangements qui vont du folk-rock à la pop baroque (le coda somptueux de « Wdes Eyes at Villains ») pour créer un cadre qui parvient à concilier détails aux profusions magnifiques et une spontanéi qui ne peut que nous désarmer.

Il n’y a qu’un seul mot pour définir ce type de songwriting à la fois complexe et empli de compassion, c’est celui d’adulte et il n’a rien à voir à la façon dont il est galvaudé par des baladins de seconde ou troisième zone.

Ici décrire ses espoirs et passions n’est pas établir une liste de courses, Hemming est passé maitre dans cet artisanat qu’est l’écriture intelligente mais le tout est véhiculé sans sensation de routine ou de détachement. Il n’est que d’écouter « Tall Black Cabins » (peut-être son titre le plus convaincant) pour être saisi par cet instantané qu’il fait de la crise industrielle et de la condition des chalutiers et que, fidèle à sa thématique, il transforme en message d’espoir qui ne peut que nous habiter. Rarement un texte engagé aura eu autant d’impact et, là encore, il faut se tourner vers Ray Davies pour lui trouver un équivalant

Le ralenti de « All Is Now » est plus calme et grandiose mais la façon dont il nous transporte est tout aussi puissante ; toutes les chansons évoquent d’ailleurs des vies touchées par une crise ou une autre mais combattant ce fardeau, non pas avec colère, véhémence ou acrimonie, mais avec une dignité qui, dans l’esprit, rappelle le « Working Class Hero » de Lennon.

Les lueurs sont des flammes ténues et bleues mais elles existent et elle demandent qu’on s’y accroche et l’instrumentation généreuse (flûtes, cuivres, cordes) s’imposant dans le mix apportent une touche de fierté de par le fait que cette présence est signe de résilience et non d’accablement.

Le revers de cela est que, par comparaison avec ce type de climat si bien articulé, les compositions les plus enlevées paraissent bien faibles et, bien sûr, plus légères. Et puis, on peut penser que l’album aurait pu bénéficier d’un peu plus de tranchant, que ce soit au niveau des orchestrations ou des textes dont on peut regretter le manque de causticité. Ceci dit, sur le morceau final, le folk trompeusement tapageur qu’est « As The Shadows Form », quand en entend Hemming nous déclarer « I know it has to end », on aimerait que ce ne soit pas le cas.

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