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Rocky Votolato: « Hospital Handshakes »

Hospital Handshakes de Rocky Votolato a un son étonnamment positif quand on considère que, après Television of Saints, le chanteur avait envisagé d’abandonner la musique. Ce nouvel opus le voit, en effet, différents thèmes personnels ayant trait à sa santé mentale, la dépression et, conséquemment, la spiritualité censée lui apporter une réponse au sens à donner à sa vie.

On peut donc apparenter ce disque à une thérapie et une quête de renouveau et d’espoir. Produit par Chris Walla (Death Cab for Cutie) Votolato s’est entouré de son frère, Cody (The Blood Bothers) et autres musiciens amis pour enregistrer un opus viscéral tout en étant enlevé, un disque presque rock tout en restant très tactile.

Après une disette de près d’un an, Votolato a composé 25 titres en 3 mois et les onze morceaux choisis ici témoignent de ce don non perdu à écrire des mélodies attractives égayant la thématique maussade.

Hospital Handshakes parvient à évacuer des tensions et à les envelopper de manière harmonieuse. On a connu pire comme exutoire.

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26 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

OOFJ: « Acute Feast »

Sur leur « debut album », Disco to Die To, OOFJ étaient parvenus à créer des climats sonores qui vous hantaient et qui leur ont valu des qualificatifs tels que « lynchien », « cinématique » ou « spectral »

Acute Feast concrétise cet aplomb à vouloir nous offrir des choses encore plus vastes et ambitieuse. Ici le duo voit les choses avec le point de vue d’une lentille opaque le disque est plus sophistiqué mais aussi plus sexy et plus sombre.

Multi-instumentiste, Jenno Bjørnkjær édifie un climat délicieux de claustrophobie veloutée (bruis électroniques, orchestrations à cordes distantes, boîtes à rythmes intenses) véhiculant un quotidien fait d’aliénation.

La guitare clairsemée de « Stepehn Says », le saxo solitaire sur « Sailor » contribuent à embellir la voix de Katherine Mills Rymer au timbre passé à l’aulne de la cigarette. Nous somems dans le royaume où la femme fatale est reine, où la sous-estimer ne sert à rien et c’est en ce sens que la reddition non,s seulement plaisir mais aussi devoir.

***1/2

26 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jimbo Mathus: « Blue Healer »

Le premier album de Jimbo Mathus, Dark Night of the Soul, offrait une juxtaposition entre roadhouse rock et blues. Les compositions oscillaient entre rédemption et chaos et Blue Healer semble en être la suite et un nouveau développement.

Enregistré en analogique, nous avons ici une sorte de « concept album » ambigu et bordélique, aux structures décousues et tournant autour de la même thématique à laquelle s’ajoute un peu de pathos intime et de mythes centrés autour la lutte menée pour obtenir le salut.

« Shoot Out The Lights » nous donnera un délire garage piano-guitare comme on n’en trouve qu’à Memphis et nous présente un protagoniste dont le rôle sera, à la six cordes, celui qu’aurait un bandit armé dans un western. C’est une belle manière d’attaquer un album d’autant plus que c’en est un de ses meilleurs chansons.

La chanson titre vient d’un album de Muse, une jeune femme mystérieuse qui offre la possibilité de la délivrance mais aussi de l’inspiration. En combinant le blues et le tango avec la pulsation d’un clavier l’instrumentation souligne la voix de Mathus rempli d’une conviction presque fanatique. Les chorus rappelleront Delaney & Bonnie et y on trouvera aussi des échos de Willie Nile et Willy DeVille.

La section médiane de l’album sera plus acoustique, la ballade « Thank You » ou « Coyote » qui évoque un rêve hallucinogène sur fond de desert-country mais c’est dans son amalgame de soul R&B et de gospel que les tonalités psychédéliques que Mathus infuse à « Bootheel Witch » qu’il se sortira le mieux des clichés et stéréotypes.

On pourra ajouter une prestance à la Jerry Lee Lewis qui nous rappelle qu’aucun voyage vers la transcendance ne se passe sans heurts et on arrivera sur un « closer », « Love And Affection », qui nous mettra en tête que le pèlerinage entrepris repose sur ces deux qualificatifs. Une bien belle et sincère utilisation des racines musicales de Memphis et du Mississippi.

***1/2

26 avril 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

They Might Be Giants: « Glean »

They Might Be Giants sont peut-être le combo le plus aventureux à être issu des années 90, une décennie réputée pour ses recherches expérimentales en termes de musique. Depuis 30 ans, le fil conducteur de leur approche a été, au travers d’enregistrements, de projets comme « Dial A Phone » où l’on pouvait téléphoner pour entendre une nouvelle chanson, de pousser toujours un peu plus loin les choses en matière esthétique.

Glean est une compilation de 15 titres faisant partie de « Dial A Song » aujourd’hui ressuscité par le duo. Musicalement le groupe n’a pas changé dans son approche humour noir faite de refrains enjoués et de textes sombres. Cela ne l’empêche pas de parsemer ses œuvres de quelques petites compositions « radio friendly » (ici « Good To Be Alive » et « Answer ») même si, orchestrées de manière traditionnelle, ne manquent pas de cette exubérance provocante qui se débrouille toujours pour vous narguer quelque part.

Le plus intéressant réside en revanche dans les compositions où le groupe prend un virage totalement biscornu. «  Music Jail Pt. 1 & 2 » est une délicieuse tranche de pop baroque, à la fois drôle et « fun », et le fastueux clinquant de « All The Lazy Bofriends » ne eput que ravir et impressionner.

Les vocaux de John Flansburgh gardent leur tonalité distinctive et claire rendant les compositions toujours aussi expressives même quand les textes sont de nature saugrenue. L meilleur exemple en est « End Of The Rope » et son atmosphère Broadway dans les« roaring twenties » , titre qui ne véhicule aucun climat « novelty » ou l’original « Let Me Tell You About My Operation » et son humour désabusé.

Glean, comme tout ce que fait TMBG, est impossible à définir et à résumer mais l’émotion qui en ressort à la fin de son écoute est immanquablement celle d’une joie portée par l’intelligence du propos du groupe. Mais même si on n’en saisit pas toutes subtilités, on ne pourra qu’être séduit par cet délicieuses chansons pop qu’ils ont le mérite de confectionner sans fausses notes depuis 33 ans.

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26 avril 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Built to Spill: « Untethered Moon « 

Avec déjà sept albums au compteur, Built to Spill connaissent leurs atouts et ils n’ont aucun désir de remettre en cause une démarche (un croisement entre Neil Young et The Pavement) qui leur va on ne peut mieux.

Écouter Untethered Moon fait par conséquent penser à Perfect From Now sans doute également parce que le titre de ce nouvel opus rappellera « Randy Described Eternity » qui figurer sur ce dernier.

On retrouvera également les mêmes questions philosophiques à la sauce « stoner » sur ce que procurer le sentiment d’éternité avec cette même imagerie holistique ce qui, avec les 20 ans d’écart entre les deux albums, s’intègre parfaitement à cette approche sans âge que le groupe a en termes musicaux.

Rien n’a changé car rien ne se devait de l’être et il est certain que le groupe demeure dépourvu d’un arc narratif. Mais il n’y a rien de préjudiciable à ce qu’on retrouve les mêmes voix, les mêmes structures dépourvues d’expérimentation, les mêmes solos de guitares qui marque leur indifférence au fait que ceux-ci ont été déclarés démodés ou qu’ils devraient utiliser de nouvelles structures ou signatures musicales. On a toujours besoin d’un groupe qui vit encore l’esprit grunge des 90’s et Buit to Spill est celui-là.

Il y a, à cet égard, quelque chose de zen dans leurs textes, par exemple sur « Horizon to Cliff » où l’on peut lire : « High above the things that really matter/There’s no surprise/Nothing’s what it seems out on the rise. » C’est un message symptomatique de cette esthétique presque figée auquel l’abrupt fade out sur lequel il se termine met en valeur les loops sans fin formant une métaphore sonique appropriée à un disque qui, comme le cosmos, semble détaché (untethered) de certaines lois physiques.

***1/2

26 avril 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Leisure Society: « The Fine Art of Hanging On »

Que The Leisure Society soit considéré comme un des groupes les plus intéressants au niveau des textes ne surprendra personne quand on saura que son fondateur (avec le multi-instrumentiste Christian Hardy) Nick Hemming a remporté deux fois de suite le prestigieux Ivor Novello Award consacrant les « songwriters » et qu’il bénéficie du soutien du (avis personnel) plus grand d’entre tous en Grande-Bretagne, Ray Davies.

Sur cet album, Hemming n’a aucunement perdu cette faculté ; The Fine Art of Hanging On est basé plus ou moins sur un concept, celui de tenir non quoi qu’il puisse arriver en termes de relations, de carrière au sein d’une industrie dont au sait ce qu’elle est ou même quand il s’agit de l’existence elle-même.

On retrouvera toutes les caractéristiques de son art de la composition : textes soigneusement confectionnés et d’une richesse d’observation qui n’a d’égale que celle des Kinks, mélodies incroyablement ciselées et, pour accompagner le tout, un assortiment d’arrangements qui vont du folk-rock à la pop baroque (le coda somptueux de « Wdes Eyes at Villains ») pour créer un cadre qui parvient à concilier détails aux profusions magnifiques et une spontanéi qui ne peut que nous désarmer.

Il n’y a qu’un seul mot pour définir ce type de songwriting à la fois complexe et empli de compassion, c’est celui d’adulte et il n’a rien à voir à la façon dont il est galvaudé par des baladins de seconde ou troisième zone.

Ici décrire ses espoirs et passions n’est pas établir une liste de courses, Hemming est passé maitre dans cet artisanat qu’est l’écriture intelligente mais le tout est véhiculé sans sensation de routine ou de détachement. Il n’est que d’écouter « Tall Black Cabins » (peut-être son titre le plus convaincant) pour être saisi par cet instantané qu’il fait de la crise industrielle et de la condition des chalutiers et que, fidèle à sa thématique, il transforme en message d’espoir qui ne peut que nous habiter. Rarement un texte engagé aura eu autant d’impact et, là encore, il faut se tourner vers Ray Davies pour lui trouver un équivalant

Le ralenti de « All Is Now » est plus calme et grandiose mais la façon dont il nous transporte est tout aussi puissante ; toutes les chansons évoquent d’ailleurs des vies touchées par une crise ou une autre mais combattant ce fardeau, non pas avec colère, véhémence ou acrimonie, mais avec une dignité qui, dans l’esprit, rappelle le « Working Class Hero » de Lennon.

Les lueurs sont des flammes ténues et bleues mais elles existent et elle demandent qu’on s’y accroche et l’instrumentation généreuse (flûtes, cuivres, cordes) s’imposant dans le mix apportent une touche de fierté de par le fait que cette présence est signe de résilience et non d’accablement.

Le revers de cela est que, par comparaison avec ce type de climat si bien articulé, les compositions les plus enlevées paraissent bien faibles et, bien sûr, plus légères. Et puis, on peut penser que l’album aurait pu bénéficier d’un peu plus de tranchant, que ce soit au niveau des orchestrations ou des textes dont on peut regretter le manque de causticité. Ceci dit, sur le morceau final, le folk trompeusement tapageur qu’est « As The Shadows Form », quand en entend Hemming nous déclarer « I know it has to end », on aimerait que ce ne soit pas le cas.

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26 avril 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire