San Fermin: « Jackrabbit »

Le chemin qui a conduit à la sortie de Jackrabbit est suffisamment différent de son premier album éponyme pour que cela soit souligné. Celui-ci était, au départ, l’effort solitaire de Ellis Ludwig-Leone un compositeur de Brooklyn et, au moment ou le second album était dans dans ses préparatifs, San Fermin était devenu un groupe qui tournait.

Cela ne pouvait qu’être dans son esprit quand il a commencé à écrire ce « sophomore album » et il est vrai , qu’en termes d’instrumentation, bien des choses s’y déroulent d’une plage à l’autre ce qui a pour effet de produire un chaos intéressant car minutieusement arrangé. Jackrabbit est plus sauvage que son prédécesseur et il ne s’en cache pas.

Il y a eu, entre les deux disques, un léger renouvellement. Alors que Allen Tate dont la voix de baryton se confond aisément avec celle de Matt Berninger de The National, est là pour assurer les vocaux masculins, c’est une nouvelle venue, Charlene Kaye, qui va s’emparer des voix féminines. Ses performances sont plutôt acrobatiques car on lui a demandé de passer par tout le registre vocal possible et inimaginable sur des titres comme « Jackrabbit » ou « Ladies Mary ». Comme précédemment, Ludwig-Leone utilise ses vocalistes comme si ils étaient des instruments plutôt que des chanteurs pop et c’est un des éléments qui fait de San Firmin un groupe différents des autres ensembles de indie baroque.

Les textes sont, eux, plus mémorables que précédemment, par exemple sur le titre d’ouverture, « The Woods » qui décrit la dipsarition d’un jeune garçon dans une forêt et qui fait de nombreuses  références à des sorcières, des os et de la boue. C’est un anti conte de fée par excellence et il va ainsi fixer la tonalité beaucoup plus sinistre et discordante de l’album. Beaucoup de passages de cette nature se retrouveront tout au long du disque et il est certain que celui-ci restera gravé dans les mémoires une fois la musique terminée.

Jackrabbit n’est pas aussi lisse que son frère aîné ; c’est un disque plus lourd et exigeant plus de celui qui l’écoute. Même moins immédiat que San Fermin, c’est un opus fort et puissant et, si attention on lui prête, il nous prodiguera des satisfactions, toutes dérangeantes qu’elles soient, bien plus que gratifiantes.

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