Rapid Talk: Interview de Riley Walker

Ryley Walker a réalisé un album vivace grâce à son style particulier de finger picking acoustique. Avec Primrose Green, on découvre au travers de sa loyauté à ses racines musicales une nouvelle lumière sur une folk alternative, diaphane et riche de diverses tapisseries soniques dans laquelle on semble se ré-approprier certains charmes printaniers.

Vu vos références, John Martyn, Tim Buckley, Nick Drake ou Van Morrison, comment avez-vous procédé pour que ce disque n’ait pas l’apparence d’un pastiche de vos artistes préférés ?

Je suis un fan de musique et un collectionneur de disques. Bien sûr, je vais intégrer certaines des choses que j’écoute. C’est ce que je suis et ce que je fais mais, vous savez, beaucoup d’entre eux, Van Morrison par exemple, a beaucoup emprunté à ces vieux musiciens de jazz et de blues. Il n’est que d’écouter ces fabuleux disques de Billie Holiday pour se sentir habité et que cela vous aide à forger votre identité. C’est ce que j’essaie de faire, rendre hommage à ces gens-là mais aussi tenter de faire quelque chose de nouveau.

Vous avez, autour de vous, un groupe de musiciens chevronnés assez exceptionnel. Comment un homme encore jeune a pu les persuader de vous accompagner ?

Ce sont tous des amis et j’ai la chance de vivre à Chicago. On y trouve des tonnes de super musiciens et je me souviens que, dès l’âge de 8 ans, je fréquentais tous les endroits underground de la ville. J’allais voir des groupes de jazz ou de noise rock et tout ce qui m’immergeait dans cette scène. Chicago tire une certaine fierté de fonctionner sous le régime de la collaboration ; une sorte de pollinisation croisée. J’ai assitsé à des tas de concerts et j’ai enfin eu le courage d’aller parler aux musiciens. C’est ainsi que e me suis fait des amis et des contacts au fil des ans.

Vous souvenez-vous du premier artiste qui vous a vraiment scotché à un spectacle ?

Il faudrait que j’y réfléchisse, c’est si vieux. Je me souviens avoir vu avoir vu un groupe punk nommé Egan’s Rats il y a plusieurs années. C’était à un parc oiù on faisait du skate et où j’allais avec des amis. C’était la première fois où j’allais voir un show sans mes parents. À la fin ils m’ont donné leur disque ce qui représentait beaucoup pour moi. Je leur ai dit que je n’avais rien sur quoi je pouvais le jouer ; ils m’ont répondu : « Pas grave, prends-le quand même. » J’ai donc commencé par le punk, toute ce qui avait trait à la musicale bricolée, cette énergie des cols bleus qui gravite tout autour.

Très souvent vos chansons semblent dépeindre un troubadour solitaire et romantique : est-ce vous ?

Oui, je crois qu’on peut le juger ainsi. Il y a quelqu’un que j’aime chez moi mais je suis constamment en tournées alors, indubitablement, les textes vont s’y référer. Parfois je n’ai aucune idée de ce que je fais ni ou je suis car il y a toujours des types qui vont vous chercher des noises. Alors j’essaie de rester en dehors de tout ça et de ce qui touche au business. Ç peut paraître un cliché mais c’est le genre de truc qui me déprime et je crois que ma musique est une manière de vouloir détruire tout ce qui tourne autour du show business. Je ne me fais pas un sous avec et je suis plutôt fauché. Je le fais pour la musique, pour les histoires et il y en a de formidables à raconter quand vous vous y mettez. Je m’efforce de montrer toutes ces expériences ; vous savez, quand vous êtes sur la route, vous tombez amoureux puis cessez de l’être très rapidement. Vous allez donc toujours avoir des histoires à raconter ; tout en revient à ça, des histoires.

Parfois vous sonnez, non seulement comme quelqu’un qui chante ses compositions, mais comme si vous vous y perdiez.

C’est une excellent évaluation. Ces titres comportent de nombreuses parties en effet mais elles sont toutes liées spirituellement. Tout tourne autour de comment on rassemble ces parties, comment elles en viennent à incarner un élément de puissance. Alors, oui, il est facile de s’égarer dans de la musique.

« Primrose Green » semble être un endroit mythique, un endroit où vous retournez sans cesse comme un pays des merveilles utopique..

Beaucoup de gens pensent que c’est l’herbe qui cause cela (Rires). Avant tout ça correspond à une période de ma vie. Je suis allé à la fac pendant un an puis suis retourné chez mes parents. Les températures étaient très bonnes cet été et moi et mes amis avons fait un cocktail avec des graines de Morning Glory. Vous les mélangez à de l’eau et ça vous donne un trip semblable à celui du LSD. Je ne l’ai pas refait depuis des années mais c’est ce que Primrose Hill représente pour moi. Un bien jolie période.

Sur « On The Banks Of The Old Kishwaukee » parle d’être baptisé avec beaucoup d’amour par son père. Après une première moitié assez intense, ce titre laid back apporte comme un soulagement.

C’est ainsi que ça doit se présenter, en effet. La Kishwaukee est une rivière à proximité de où j’ai grandi. C’est un endroit où les Pentecôtistes se font baptiser. C’est un chanson très douce ; vus savez je n’ai aucun problème avec les Chrétiens ou la religion, mais je sais que c’est une rivière polluée à un point pas possible. Certains de mes amis y sont allés et on cru que leur péchés seraient purgés et j’ai touvé touchant que pour eux ce soit une forme de salut.

Et puis il y a « Sweet Satisfaction », un titre qui se construit progressivement jusqu’à aboutir à ce mur bruitiste qui aurait eu sa place à Woodstock.

C’est une remarque qui me flatte. Ce titre est très « groovy » ; je me souviens qu’aux premières répétitions il n’y avait que quelques accords avant que notre clavier ne se mette à jouer ce truc répétitif et qu’on s’est laissé alpaguer par ce truc. Vous savez, c’est très lubrique et désespéré, comme un état d’ivresse façon Canned Heat et dont je suis très fier.

Vous ne ressemblez pas au jeune homme timide qu’on voir sur la videai »Primtose Green ».

Je ne suis pas véritablement timide. Je suis un de ces types qui crie très fort et peut être aussi chiant que le type du coin. Je ne vais pas à des fêtes pour rester assis à regarder les autres.

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