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Ryley Walker: « Primrose Green »

Après la sortie de son premier album, All Kinds of You, Ryley Walker décida de se mettre à l’expérimentation. Des souffrances personnelles ont entraîné le guitariste de l’Illinois vers un chemin qui le voit donner s’écarter légèrement des influences folk sur lesquelles il se reposait depuis 2012. Primrose Green en est la première manifestation.

Le songwriting de Walker demeure expansif, invoquant des éléments capricieux en, précisément, en laissant nombre d’entre eux fabriquer comme un fourre-tout et un engorgement d’idées qui semblent ne pas avoir été totalement façonnées. « Love Can Be Cruel » suinte ainsi de segments d’une harmonie nourrie de passion et de nombreuses nappes instrumentales propre à nous absorber dans nos pensées. Son jeu de guitare naturel et le rythme qui le caractérise sont presque démonstratifs mais la caractéristique essentielle chez lui demeure la façon dont tout y est contrôlé.

La double basse est évidente tout au long de l’album d’autant qu’elle figure très en avant dans le mix. Elle symbolise les influences jazz de Walker et aussi son goût pour les jams improvisées. L’onctuosité de « Summer Dress » sera d’ailleurs un leurre tant ce qui est mis en exergue est la puissance rythmique.

Walker explore diverses directions mais parvient à maintenir une certaine cohésion à Primrose Green ; il expérimente différentes séquences au niveau des tempos ce qui lui permet de repousser les limites des stuctures musicales de la pop. De ce fait, « Griffiths Bucks Blues » versera dans l’intensité et « Sames Minds » nous consumera lentement dans une improvisation jazzy. De ce point de vue, on sent Walker suffisamment assuré pour ne pas craindre de tester toutes les options qui lui viennent à l’esprit.

Les textes seront parfois incohérents, marqués par les épreuves personnelles qui ont jalonné la préparation de son disque. Le sentiment général sera alors celui de mélancolie et d’aliénation qui seront comme des adjuvants à son entreprise de réajustement. La voix claire de Walkeraccentue ces émotions mêlées, que ce soint le chagrin pognant ou l’espoir auquel on aspire.

Primrose Green est un album mystique au sens non reliogieux du terme. Il s’équilibre entre sonorités idylliques et sensibilité émouvante, définissant ainsi le combat quotidien qu’est celui de trouver son identité avec, pour moyen, l’expérimentation musicale et l’art de la composition qui va avec.

***1/2

23 avril 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Greg Holden: « Chase The Sun »

Il faut parfois un changement d’environnement pour renouer avec l’inspiration ; cela semble être le cas pour Greg Holden connu jusqu’à présent pour son « hit » « The Lost Boy » et le fait d’avoir écrit « Home » avec Phillip Phillips.

Le chanteur compositeur a en effet passé plusieurs semaines en Inde et au Népal, une expérience qui l’a confronté à la pauvreté et qui, sans doute, a contribué à transformer sa vie et sa vision. Faire de la musique est un privilège dont il a pris ainsi conscience et l’application avec laquelle Chase The Sun est réalisée en porte les stigmates.

D’abord il y a les ruminations optimiste ; « Hold on Tight » porte des vocaux où l’esprit sonne presque heureux, « Free Again » aura une ressemblance sonique à ce que serait un lever de soleil et le thème de l’album est clair ; il s’agit de nous élever vers des pensées positives. Rien d’ailleurs ne nous tirera vers le bas dans cet album ; il respire la joie de celui qui sait de quoi l’envers du décor est fait, à ce titre il convient d’en goûter la substantifique moelle.

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23 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Christina Quesada: « You Are The One »

On ne va pas faire la fine bouche parce que ce « debut album » de cette jeune espagnole est un disque de reprises. Quand on considère que certaines d’entre ells sont des versions de Jesus & Mary Chain, Annette Funicello, France Gall, Littje Peggy March, une version portugaise d’une titere de ABBA et un classiqde japonais datant de 40 ans, on ne peut que constater que You Are The One de Christina Quesada apporte ici un nouveau point de vue sur la « world music ».

Réorganiser l »Just Like Honey » de JAMC et lui donner cette tonalité à la Phil Spector période « Be My Baby » révèle des trésors que l’on avait négligés dans l’original et Quesada va se frotter au « yé yé » français (« Faut-il Que Je t’Aime » de France Gall) sur un rythme techno inspiré de Giorgio Moroder.

Sa version ibérique du « Dance (While the Music Still Goes on) ») de ABBA est ravissante et sa reprise du « Cielo » de Little Peggy March est fidèle à l’arrangement original de Enno Morricone.

« Pinapple Princess » est effronté en diable en comparaison de l’original interprété par Annette sur Beach Blanket en 1962 et les cordes soul/disco de « Hinageshi No Hana » (Agnes Chan) raviront tous les fans de Barry White.

Bien sûr tout pourrait sonner trop sucré pour un diabétique en risque de coma mais ce qui sort des haut-parleurs est fait d’innocence et ne pourra que plaire aux amateurs de girls groups. Ajoutons que la jouvencelle est parfaitement multilingue et peut donc interpréter des textes sans sembler le faire en phonétique ; You Are The One est, par conséquent une surprise, qui plus est délicieuse.

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23 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Citizens!: « European Soul »

Citizens ! avaient envoyé une « demo » qui avait convaincu Alex Kapranos (Franz Ferdinand) de leur donner leur chance. Tout comme ces derniers, le combo œuvre dans les confins les plus sordides de la pop. Sur « (I’m in Love Your) Girlfriend » la voix saccarinée de Tom Burke ne parvenait d’ailleurs pas à compenser la verdeur des textes.

Avec European Soul, le groupe a mis de côté l’artistique pour monter un peu plus le volume. Le disque vise à composer des titres pour dance-floors ; recette garantie pour satisfaire les masses.

Le résultat est prévisible, un accompagnement musical qui serait idéal pour mettre en son American Psycho si ça n’avait pas déjà été fait ; une intimité inexistante et des titres confectionnés pour les fêtes ou les concerts.

Le problème est que beaucoup ne sont que des bouche-trous et que, même si on ne recherche pas l’émotion, il est des moments où s’invite un désir de minimalisme. « European Girl » apporte une pause bienvenue mais de courte durée. Si on cherche autre chose qu’une bande son pour festivals et barbecues, on passera son chemin.

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23 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Wombats: « Giltterbug »

Glitterbug est un titre qui va très bien à ce nouvel opus scintillant des Wombats. Le registre y est toujours une synth-pop légèrement sucrée à laquelle le groupe avait déjà apporté des chorus accrocheurs et des textes énergiques sur ses précédents opus mais celui-ci va encore plus loin dans le faste grâce à une production encore plus électronique et le but avoué qui en découle ; atteindre un plus large public, celui qui écoute la radio.

Ainsi, «le « single »  Greek Tragedy » a le potentiel nécessaire pour devenir un hit par sa combinaison de chorus infectieux et de production pop lustrée. Si l’utilisation des synthés des Wombats est parfois un peu lourde (« Isabel » ou le pont de « Your Body is a Weapon », l’inventivité est toujours là. Avec une thématique centrée sur les jolies filles et les fêtes débridées, le groupe vise à créer un album idéal pour être joué dans une soirée pop. À maints égards ils y parviennent malgré une approche, parfois agressive. Glitterbug rempli sa fonction, aucune raison de ne pas s’y couler.

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23 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire