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Doldrums: « The Air Conditioned Nightmare »

Le leader de Doldrums, Airick Woodhead, avait annoncé que l’opus qui allait suivre aurait pour thématique la peur. CE ne sont pas des compositions comme la chanson titre, « Funeral For Lightning » et « Industry City » qui pourraient le démentir. Les morceaux, et même la pochette, semblent partager en effet cet univers désolé créé par David Lynch sur Eraserhead.

Ces impressions ne sont, heureusement que des leurres et The Air Conditioned Nightmare s’avère, comme son prédécesseur Lesser Evil dont il sonne comme une extension, une affaire légèrement plus feutrée avec une flopée de mélodies harmonieuses au milieu du chaos. « Funeral For Lghtning » et « We Awake » possède une qualité sombre bien que le dernier titre se distingue par un élan très club et les origines de Doldrums comme DJ « live » se retrouveront dans un « My Friend Simjen » propre à secouer les dance-floors avec leurs beats hyper-actifs.

Le titre d’ouverture , « HOTFOOT », va explorer les tensions entre monde intérieur et extérieur au moyen de tempos tranchants révélant ce désir que Woodhead exprime « d’aller plus profondément dans la boue ». Sous cette rythmique est cette énergie festive on retrouve en effet comme sur « Loops » un homme en quête d’amour prouvant la relative complexité de son esprit. Il n’hésite d’ailleurs pas à aller au plus haut dans ses limites par certaines mélodies aux synthés grinçantes soulignant ainsi ce qu’il nomme un album « assailli par un sentiment de paranoïa et une imagerie dystopienne ». Le disque se fera peu à peu plus serein quand un sentiment de résilience se fait une place dans l’univers du chanteue et « Closer 2 U » le terminera sur une berceuse « ambient » et cette question : « Comment puis-je être nostalgique de quelque chose que je n’ai jamais eu ? » qui semble mettre un terme à son interrogation existentielle.

On soulignera aussi les accroche pop lumineuses qui accompagnent certains titres et qui font de The Air Conditioned Nightmare autre chose qu’une plongée dans le cauchemardersque.

***1/2

16 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Emma Beaston: « OBK Sessions »

Emma Beatson est une chanteuse parisienne found the Parisian chanteuse au répertoire soul-rock et qui s’était fait remarquer par sa version dépouillée de « Do It ». Sur ce premier album, OBK Sessions, on la retrouve avec un répertoire plus diversifié mais toujours avec cette tendance où la soul rencontre le blues et le jazz. Des chansons lentes (Breathe » et « Beautiful Knight ») qui servent de marque-pages au disque, des titres plus sexy comme le blues qu’est « Beast Blues » ou le soul-rock de « Love Cannot Be Explained ».

Pour ce qui est des reprises, notons « Back In Black » arrangé à la sauce garage rock et une version blues et psychédélique de « Chain of Fools ». La voix est affutée, la production excellente mais ce qui perturbera l’écoute est cette avalanche de bruits de jeux vidéos sur lequel l’album s’appuie. Gimmick ou pas ; cela empiète sur sur un disque qui est honnête de par son talent seul et une vocaliste qu’il faudra redécouvrir dans d’autres contextes.

***

16 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Toro Y Moi: « What For? »

Est-ce que Chazwick Bundick (autrement dit Toro Y Moi) retourne dans le passé ? Son premier album en 2010, Causers of This, semblait s’intégrer à merveille au mouvement « chill-wave » qui était axé sur une vision futuriste avec son assemblage de bruits, d’electronica et d’émotions primales soigneusement enchâssés mais, depuis, il donne comme la sensation d’opter pour une régression en matière stylistique.

L’ordi portable est débranché et ce quatrième opus voit Bundick habitant fermement la pays du rétro et nous proposer du rock psychédélique dans son essence.

L’esprit des ses enregistrements est toujours là : un son un peu space et funky et une façon de chanter dont on ne peut nier la sincérité qui en émane. En revanche, et de concert avec la psychedelia, c’est le procédé de la répétition qui va peu à peu s’imposer et nous enfoir dans une masse amorphe faite de reverb et de fuzz.

Sans doute Bundrick ne veut pas troubler le « trip » où il nous emmène par trop de swing ; toujours est-il que l’incongruité et l’inventivité qui caractérisaient ses efforts précédents n’auraient pas été de trop sur What For ?.

**1/2

16 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Mountains Goats: « Beat The Champ »

Après deux décennies et 15 albums The Mountain Goats ont, peu à peu, transformé leur mélange de punk et de indie-folk en une approche panoramique traversée de climats épiques, de textes lyriques dans leur narration avec une réserve où les réflexions demeurent intimes et feutrées.

Il est néanmoins étonnant de les voir consacrer un album entier au catch professionnel ; approche étrange, suffisamment en tous cas, pour qu’on en éprouve une légère appréhension. Beat The Champ vaincra toutefois nos réserves de par la manière dont il est agencé.

On y trouve, en effet, des récits désinvoltes de personnages colorés (« The Legend Of Chavo Guerro »ou « Heel Turn 2 »), de lanostalgie charmante (« Animal Mask ») ou des bizarreries hypnotiques comme « Fire Editorial » ou « Stabbed To Death Outside San Jose ». La mélancolie nous rejoindra aussi avec les souvenirs que « Southwestern R-Territory » et « Luna » éveillent et même un punk acoustique rappelant leurs débuts, « Choked Out ».

Le catalogue de Mountain Goats a toujours été éclectique ; confirmation en est sur ce « concept album ». John Darnielle n’a jamais été un compositeur ordinaire et Beat The Champ en sera une nouvelle démonstration.

***1/2

16 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Brian Wilson: « No Peer Pressure »

Depuis sa réapparition avec The Wondermints en 99, Brian Wilson est resté présent sur la scène musicale (réédition de Smile par exemple) et ses jeunes collaborateurs ont permis de conserver une vision artistique au fragile compositeur que l’ex Beach Boy est devenu.

No Pier Pressure va jeter par dessus bord tout les côtés positifs que Wilson en avait tiré en prenant une voie à l’opposé de celle qu’il a tenue pendant une décennie. Si on considère les vedettes invitées (Nate Ruess ou Kacey Musgraves), les variations stylistiques fades de certaines de ses compositions (« Runaway Dancer » est une épouvantable version dance-pop de la chanson originale) ou un exotique « On The Island » si middle of the road qu’il déparerait l’atmosphère aseptisée d’un Starbucks on a la démonstration d’un artiste dont la démarche est de vouloir prouver qu’il n’a jamais été « cool ».

Assisté par d’autres Beach Boys (Al Jardine…) le résultat est un peu meilleur mais les vocaux sur auto-tunes de Peter Hollens pèsent lourdement sur une entreprise en train de couler.

Au fond, Wilson est ici un détail de No Pier Pressure ; en lâchant la bride à la production il nous commet un album qui devrait lui faire honte.

*1/2

16 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Hilbi: « Wolf Gang »

Comme toute personne, et de surcroît artiste, atypique Hilbi s’emploie, au travers de son itinéraire personnel et musical à créer un univers qui lui appartienne en propre. La chose est délicate mais notre musicienne a un vécu qui pourrait lui faciliter les choses : étude du violon classique, séjour de 4 ans un Allemagne d’où elle a hérité son nom de scène d’après une religieuse mystique ayant composé des chants liturgiques au XI°siècle, Hildegard Von Bingen et une passions inconsidérée pour Mozart qui a eu pour elle le rôle tenu pour beaucoup par les Beatles.

Ces sources d’inspirations n’en font pas pour autant une artiste figée dans le passé (« Pollution » exprime bien le sujet qu’elle y aborde) ni dans une musique ancrée dans le classique ou la bienséance. De ce point « Aphrodisiac » est suffisamment explicite quant à sa thématique et son approche décomplexée et même « Trazom » (Mozart à l’envers) hormis une petite fin héritée du compositeur bénéficiera d’une approche pop-rock assez tendue que l’on retrouvera sur chaque plage de Wolf Gang.

« November » adoptera avec une certaine férocité instrumentale le thème d’une jeune femme contrainte d’abandonner son bébé à l’âge de 16 ans de manière assez prenante tout comme le sera « That Was On Tuesday » titre addictif, le plus pop, du EP.

Même si il sonne tranquille on y décèle des éléments presque gothiques en son entame et une influence qui n’est pas éloignée de celle, éthérée, de Kate Bush. La suite adoptera une approche plus traditionnelle et presque « mainstream » ; ce sera sans doute la facette par laquelle Wolf Gang pêchera le plus. On sent, en revanche, que Hilbi est une artiste habitée et que ce qui lui passe dans la tête en matière d’inspiration n’est pas anodin. Il est certain que, dotée d’une telle vision, un véritable album sera l’occasion pour elle de nous la faire partager et, sans diffculté aucune, nous y faire entrer.

***1/2

16 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire