Portico: « Living Fields »

Portico, ça n’est pas Portico Quarter puisque le groupe, réduit à 3 musiciens, s’est rebaptisé de cette manière. Selon eux pourtant, Living Fields doit être considéré comme le « debut album » d’un tout nouveau combo. Autre chose notable, tous les artistes invités ( Joe Newman de Alt-J, Jono McCleery et Jamie Woon) parviennent à prêter leurs voix à un disque d’une beauté sombre et éthérée en dépit de leurs registres différents.

Car, en effet, Living Fields est un disque profondément beau, morose mais avec élégance et avec ces scintillements légèrement brillants propres à la pop. Le disque chemine sur un sentier délicat qui est celui le faisant aller du purement atmosphérique au distinctement rythmé.

On a donc droit à un climat spacieux sans aucune once de mimétisme avec quoi que ce soit accentué par le timbre de crooner de Jamie Woon, les vocaux arachnéens de Newman et ceux, plus glacés, de John McCleery dont la voix brille avec amplitude sur trois des meilleurs morceaux du disque.

Living Fields est un opus réfléchi et appliqué à rester dans le sous-entendu ; on sent les artistes conscients de ce qu’ils exécutent et le faisant avec cette distance qui n’est pas du détachement mais du délassement.

La chanson titre qui ouvrira également l’album met immédiatement la barre si haut qu’elle est presque signe que Portico cherche la confrontation et ne craint pas la comparaison. À l’autre extrémité, le « closer » « Memory of Newness » parvient à être tranchant comme un rasoir et en même temps d’une sérénité brumeuse avec une légère touche de post-dub.

Portico est un « nouveau » groupe mais c’est avant tout une démonstration de talents qui ont déjà beaucoup voyagé et ont été longuement éprouvés. Il fera perler une mélancolie intangible au travers de ses plages avec des synthés qui claquent puis se désintègrent brutalement et ne laissent que des échos soniques (par exemple les percussions de « Atacama »). Il ne restera qu’à se laisser pénétrer par la richesse de l’intimité qu’elle nous propose, cette morosité feutrée à laquelle il fait si bon adhérer.

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