Colleen: « Captain of None »

Colleen est le patronyme de Cécile Schott, un artiste française dont l’art de la composition repose principalement sur la viole de gambe, un instrument à cordes qui a eu son heure de gloire voilà plusieurs siècles. Avant de soupirer et de passer à autre chose il faut s’empresser d’ajouter que rien ne pourrait nous le faire suspecter dans son nouvel album. Malgré les origines baroque de son instrument, Collen est capable de lui faire fabriquer des loops, le passer au delay et de pincer ses cordes comme si elle les arrachait et voulait nous faire pénétrer ainsi dans un maelström fascinant.

Elle a entamé sa carrière en 2003 mais, depuis, Schott a considérablement étendu son registre et s’est inspirée de compositions qui doivent beaucoup aux sources de la viole et en y amalgamant, comme ici, des greffons expérimentaux comme du dub.

On peut d’ailleurs supputer que les tonalités qui évoquent des cascades sur certains passages émanent d’un travail qui serait une combinaison de viole, de harpe et de violoncelle. Le mélodica et les tambourins complètent cet éventail musical et les arrangements de Schott utilisent de façon ses vocaux chantés en Anglais pour épouser le registre de la viole.

« The Hammer Breaks » viendra troubler cet ordonnancement en se défaisant totalement des cordes et en y substituant des percussions africaines qui semblent accompagner le flot d’une rivière apportant, ici, le seul contrepoint à des textes chuchotés avec insistance de la teneur de : « You never know what’s in the heart ».

Cette simplicité poétique conduit Captain of None et amplifie le rapport qu’elle semble vouloir introduire avec la nature surtout par la manière, toute digitalisée qu’elle soit, dont elle parvient à restituer une époque pastorale. Sur « I’m Kin » (je suis parent), elle nous murmure : « I’m kin to two stones making fire / I’m kin to melted ici giving water » et sur « Eclipse » ses mots se font plus personnels et secs pour évoquer le soleil qui lui échappe.

L’album mêle ainsi, grâce à une technique affirmée mais discrète, l’organique, le mythique et le viscéral. Les effets de pédales, les influences dub et l’instrumentation baroque semblent se réunir sans heurts et nous offrir un paysage dont la mosaïque nous invite à entrer dans son monde.

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