Godspeed You! Black Emperor: « Asunder, Sweet And Other Distress »

Godspeed You! Black Emperor s’est toujours signalé par des symboles déclamatoires (son projet parallèle, Mount Zion, lui non plus ne manque pas de ponctuations expressives); Asunder, Sweet And Other Distress répond à son tour à cette même sémantique avec pour différence que le collectif de Montréal semble avoir opté pour plus de concision.

Ne nous y trompons pas pourtant, si un impact de cette nature est recherché, il se trouvera dans le nombre des titres et aucunement dans leur durée. Formellement cet album est le plus court de la carrière du groupe, fondamentalement l’approche reste toujours la même.

« Peasantry or ‘Light Inside of Light!‘ » (ponctuation d’origine) évoquera de loin « Kashmir » (on croit même y entendre un solo de guitare!) et se présentera, en guise d’introduction, comme un cousin éloigné et anarchisant de Led Zeppelin.

Le reste, « Lambs’ Breath » et « Asunder, Sweet », se voudra porteur de la même dynamique mais atteindra très vite son nadir, le moment le pire étant atteint par « Piss Crowns Are Treble » qui, à mi-parcours sonne déjà comme une composition indésirable.

Ce qui faisait l’originalité du combo, un mélange assez fluide de rocks expérimental et industriel, baigne toujours dans l’huile mais il est évident que, si mécanique il y a, cette dernière demeure monochrome (déjà Mount Zion l’irisait à peine) et tourne à vide.

Quand on repense aux débuts du groupe, sa symbolique, sa sémantique, etc., tout semblait faire preuve d’affirmation. Aujourd’hui cette reproduction devient presque un stéréotype explicite alors que, précédemment, elle avait une résonance où le sous-entendu tacite s’exprimait.

Ce qui suscitait et justifiait la vindicte autrefois, semble n’en reprendre que les attendus et les sans surprises. On pourrait, accessoirement, suggérer au groupe de changer de nom mais on ne lui demande pas non plus d’embrasser le lo-fi. Éventuellement, tout en conservant son patronyme, pourrait-il songer un peu plus au « rock » et non à l’étiquette « post » qui le précède et qui avait fait de lui le groupe «post-rock par excellence.

**1/2

 

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