No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Death Cab For Cutie: « Kintsugi »

Il y a toute une symbolique derrière le titre du dernier album Death Cab For Cutie si on considère les divers aléas (divorces, problèmes avec les fans, départs de membres fondateurs) qui ont été le lot du groupe ces derniers temps. Kintsugi est en effet un mot japonais signifiant le fait de réparer de la porcelaine brisée avec une précision exemplaire ; on comprend que ce disque est l’actualisation personnelles de ces intentions.

Le disque s’ouvre sur un « No Room In Frame » qui prend naissance sous forme d’un écran affichant une ligne plate, belle démonstration d’humour caustique de Ben Gibbard pour montrer qu’ils sont bien loin de leur lit de mort. Son « I don’t know where to begin » possède cette intonation de quelqu’un qui hausse les épaules plutôt qu’il ne se regarde le nombril. Death Cab sont de retour non pas pour se réparer pour pour être meilleurs qu’avant.

Les ballades romantiques sont toujours là mais elles ne sont pas des lettres de ruptures larmoyantes ; elles ont au contraire la nature réfléchie de celui qui pense à ce qu’il a laissé derrière lui. La voix semble à son aise, chez elle, sereine ; la distillation parfaite de ce qui a fendu le groupe si unique.

Les peines de coeur demeurent toujours la thématique qui est le sang vital du groupe mais, accompagnées pour la première fois par des arrangements somptueux (Rich Costley) ces sentiments semblent moins ébréchés. « Good Help (Is So Hard To Find »), dernière signature de guitare de Chris Walla aujourd’hui parti, pousse vers un horizon où règne le naturalisme alors que les dernières productions de Death Cab étaient orientées vers l’expérimentation et l’electronica.

Ce retour à l’organique apporte une nouvelle chaleur aux compositions, une âme inédite jusqu’à présent chez eux. Le poids de chaque craquement ou bruissement devient alors plus prégnant avec un « El Dorado » vibratoire ou « Ingenue » et « Binary Sea » qui ponctuent le disque avec les percussions élégantes et fleurise de Jason McGerr qui propulsent les titres vers un final dont le gigantisme du piano nous engloutit.

Death Cab For Cutie sonnent libérés, comme si le statut de groupe de rock indépendant leur était indifférent. Leur musique a évolué vers quelque chose qui semble se destiner à l’emphase des concerts dans les grands stades. Après 18 ans de carrière, ils émergent couturés encore, mais sortent de ces brisures encore plus accomplis, comme hommes et comme musiciens.

****

6 avril 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Rezillos: « Zero »

Le premier album des Rezillos, Can’t Stand The Rezillos, date de 37 ans. Ce qui est assez remarquable avec Zero est que le groupe sonne comme si il reprenait là où il s’était arrêté. La raison n’en est pas un revivalisme qui les aurait été coincés dans un cul de sac temporel mais tout simplement par le fait qu’il projette une atmosphère aussi fraîche que leuer tout premier opus.

The Rezillos s’honorent d’avoir deux leaders, un homme (Eugene Reynolds) et une femme Fay Fife), ce qui rend clair le fait que, dès leurs débuts, ils formaient un groupo à nul autre pareil. L’ironie est que c’est Elton John qui leur a permis d’être signés par Symour Stein sure Sire Recors ; peut-être avait-il été séduit par le fait que le combo avait une approche bien différente de celle du nihilisme qu’affectaient certains de leurs contemporains.

Zero reste un disque rempli à ras bord d’hymnes punks dès son ouverture avec « Take Me To The Groovy Room » et ce punk-là est de nature infectieuse dans la mesure où il véhicule une notion de menace et de danger tout bonnement délicieuse. C’est un album qui incite à danser le pogo tant chaque titre se succédant, « Sh’es The Right One », « N°1 Boy » ou « Sorry About Tomorrow », répète une formule sans qu’elle sonne frelatée.

The Rezillos enfilent les compositions un sourire narquois aux lèvres ; c’est ce qui les différenciera toujours d’autres combos punks. Il n’est que d’écouter les douze plages qui constituent Zero pour se persuader que jamais les titres qu’ils ont donné à leurs albums n’ont été autant de fausses pistes.

***1/2

6 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Scuba: « Claustrophobia »

Le pedigree de Scuba ne plaide pas pour son inclusion dans ces pages, non pas par ostracisme absolu envers la musique techno mais parce que son iinéraire et son omniprésence dans la faune d’Ibiza ne présage rien de bon dans ce que sa musique véhiculait jusqu’à lors.

Claustrophobia est différent, non pas en raison de son côté sombre et heavy, mais par son traitement que l’on pourrait apparenter à ce que Trent Reznor nous prodiguerait dans un jour où il se serait lévé du mauvais pied. Ici la techno sert d’adjuvant à une humeur et aucunement de moteur et Scuba, sans doute inspiré par ses visites au Japon, a crée ici un album intense qui vous hante et qui ne fait pas que chatouiller le surface de vos neurones.

La première plage de l’album, « Levitation », va mettre en place la tonalité qui imprègnera Claustrophobia avec une utilisation de carillons à vents semblant venus d’un autre monde et de battements en reverb qui, peu à peu, se font plus bruyants comme si quelque chose de menaçant approchait lentement. C’est un son idéal d’une musique pour thriller où les protagonistes tenteraient de s’enfuit d’un danger imminent, c’est aussi un élément donné pour décoder un mystère qui va nous glacer le sang.

Ensuite viendra « Why You Fell So Low », un choix de « single » qui ne surprendra pas avec ses synthés en fusion et ses percussions irrépressibles et les morceaux qui lui succéderont alterneront entre techno harcore (« PCP » ou « Black On Black ») et beats plus subtils et mélancoliques agrémentés qu’ils sont de cordes mélodieuses et de piano (« Drift », « All I Think About Is Death »). Ce dernier titre, en particulier, est la seule composition fait intervenir des vocaux traditionnels dont lécho se fracasse comme du verre sur un mur que seul le piano rythmera.

Même effet sophistiqué sur « Needle Phobia », cette fois-ci avec une ligne de basse qui se tapit sous un piano dont les touches produisent une tonalité à la fois belle et nostalgique. Clasutrophobia n’est pas un album techno de plus qui est censé vous vriller les sens. Il est capable de climats, au même titre que le serait la bande-son d’un film et, si celui-ci est terrifiant, au moins l’émotion n’en sera pas frelatée.

***1/2

 

6 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Chilly Gonzales: « Chambers »

Après le succès de Solo Piano II en 2012, John Beck, plus connu sous le nom de Chilly Gonzales, est de retour avec  Chambers. Ce natif de Montréal traîne une réputation d’enfante terrible et de personnage arrogant (ne dit-il pas de lui qu’il est un génie?) mais on ne peut nier son jeu de piano inventif et, ici, une addition bienvenue, celle d’un quatuor à cordes.

Son approche demeure, à sa décharge, teintée d’humour et elle permet de rendre accessible à beaucouo une forme d’art, ici la musique de chambre de la période romantique, réputée difficile. Sous ses doigts habiles il est capable de mettre en valeur son intimité chaleureuse et ses mélodies doucement flottantes ; c’est à cet exercice que Chambers s‘attelle et avec un certain succès.

Soutenu par le Kaiser Quartett de Hambourg les compositions se succèdent de façon harmonieuse (« Green’s Leaves », «  Freudian Slippers » par exemple, certaines même comme « Switchcraft » nous proposent des incursions plus sombres dans des mouvements alternant passages furtifs et élémets plus spacieux. Comme pour touts ces compositions, Gonzales a le chic pour nous ramener au motif initial et à son léger et tintant frappé de touches.

La rythmique n’est pas absente, « Solitaire » se veut même désinvolte tout comme l’élan qui dictera l’urgence véhiculée par les cordes sur « Sample This ». Enfin, le sens du jeu n’est pas non plus négligé avec « Cello Gonzales », une conversation entre le pianiste et son violoncelliste ou « Myth Me » calembour sur « miss me » (me manquer) et son faux statut d’artiste mythique .

Artiste, Gonzales l’est absolument ; il n’est que de de considérer son va et vient entre modes mineurs et majeurs sur « Advantae Points » ou la fluidité de « Burden This » ; capable ainsi de donner une tournure évocatrice à ses compositions, il nous offre un pont inattendu entre le sérieux du classique et l’enthousiasme de la pop.

****

6 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire