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Errors: « Lease of Life »

Le nouveau Errors est apparu en 2012 quand le combo de Glasgow passa de cinq membres à trois. L’évolution se marqua dès cette date avec des disques plus electro et club et la sortie de Lease of Life qui voit le groupe, signé dès le début sur le label de Mogwai Rock Action, continue de se baser sur cette esthétique de plus en plus assurée ne serait-ce que parce qu’elle ne craint pas de se référencer au passé pour aller vers de nouvelles directions.

L’« opener », « Colossal Estates », se montre ainsi plein de résolution avec un rythme apathique qui va se transformer en marche stridente couturée de vocaux féminins hachés. Les trois musiciens se sont entourés de Cecilia Stamp et ‘Beck Olivia (Magic Eye) pour assurer les voix et leurs contributions rehaussent le climat de l’album. On pourra noter les effets à la Stereolab sur la symphonie electro « Dull Care » ou sur un mastoc « Putman Caraibe » irrésistible dans son emploi de synthés datés 80’s qui valide la décision d’amener ces nouvelles voix pour adoucir le moule aiguisé de la techno.

Dès le chanson titre, ce deuxième morceau vous aura séduit avec ses beats fureteurs et en boucle rappelant Underwold en mode moins macho grâce en particulier à l’intervention d’un chant masculin en falsetto. « Slow Rotor » véhiculera, lui, un climat « ambient » tout comme un « Early Niights » sur un mode plus narcotique

Sur « Genuflection » on trouvera des bribes de « chill-out  acid house » et « Through the Knowledge of Those Who Observe Us » nous présentera une addition de toutes les facettes de l’electronica allant de Kfaftwerk et Trangerine Dream à la Techno de Detroit. Le fait que le morceau soit accompagné d’un choeur de 20 personnes transcende ce que l’on rencontre d’habitude sur le « dance floor » et s’avère un signe de la faculté qu’a Errors à nous faire écouter une musique connotée avec l’esprit ouvert. S’il est une seule chose que Lease of Life, c’est cet effort de notre part nous permettant de saisir ce qui, sous des rythme cinétiques, est l’émanation de coeurs foncièrement humains.

***1/2

20 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Courtney Barnett: « Sometimes I Sit And Think and Sometimes I Just Sit « 

Courtney Barnett est une chanteuse basée à Melbourne dont la musique présente une façade dure et désabusée qui la tient éloignée du « mainstream » et son étiquette de vocaliste au répertoire routinier et souriant.

Sometimes I Sit And Think and Sometimes I Just Sit est son premier album et il met en évidence les talents éclectiques de la compositrice. Depuis plusieurs mois elle est son, groupe sont constamment en tournées (Australie, Europe, USA) ce qui peut expliquer les textes de « An Illustration of Loneliness (Sleepless in NY) » ou de cette autre narration qui semble se lire comme un roman, « Elveator Operator ». C’est un titre qui traite de la façon dont nos cerveaux fonctionnent, différemment mais avec des similtudes, une réflexion accentuée par une guitare à la fois « clean » et en surmultipliée donnant élan aux contradictions de la composition.

« Pdestrian At Best » a été choisi comme « single », le son de guitare grungy n’y est pas de ces plus original mais le morceau est rattrapé par un phrasé vocal à la Dylan propre à bous faire oublier le côté répétitif du morceau. « Pedestrian » en Anglais signifie « prosaïque », cet intitulé n’a peut-être pas été mal choisi.

La diction de Barnett est assez fluide mais sèche et sarcastique , ses textes sont le reflet des contradictions et de la confusion dans lesquelles elle se débat ce qui s’harmonise assez bien aux tonalités de sa voix ; on pourra leur reconnaître cette honnêteté née de le la perturbation ce qui, quelque part, ajoute véracité à ses chansons.

Musicalement on aura droit à des ferments de blues sur un « Small Ppppies » pastoral, à des bouffées d’optimisme sur un « Depreston » enlevé ou à un effet Southern country rock désertique avec la slide guitar de « Dead Fox ». Barnett s’y montre consciente de notre environnement tout comme de la condition humaine qui s’efforce à l’inverse de façonner la nature pour purger un monde qu’elle a fabriqué.

Sometimes I Sit And Think and Sometimes I Just Sit est le « debut album » par excellence. Il est à la fois éthéré et intense ; il nous propose ainsi un visite agréablement interprétée des contradictions de nos âmes. On pourra les retenir ou alors se laisser entraîner par les nuances de sa musique.

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20 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Laura Marling: « Short Movies »

On peut difficilement croire que Laura Marling n’a que 25 ans et ceci pour plusiers raisons. Short Movie est en effet son cinquième album, sa façon de chanter a acquis maturité et assurance depuis ses débuts à 16 ans mais elle a surtout réussi à faire en sorte que ses enregistrements et sa persona évoluent au travers de ces nombreuses manifestations. Si Marling a été précoce, elle a constamment raffiné son art et redécouverts de nouvelles manière de se mettre à nu et de montrer les dents.

En 2013, le résultat en a été Once I Was An Eagle, un « breakup album » ambitieux de 63 minutes à la beauté elliptique et aux arrangement acoustiques complexes qui n’empêchait pas au disque de véhiculer une atmosphère aussi lourde que celles de groupes jouant 20 fois plus fort.

C’était une oeuvre difficile à égaler, que ce soit par sa qualité et son envergure (elle a d’ailleurs supprimé de nombreuses suites) et la chanteuse a finalement opté pour le choix d’une direction aux antipodes de Once I Was An Eagle. Short Movie secoue l’engourdissement de ses arrangements acoustiques par un influx de sons électriques ce qui, ce faisant, lui donne un arsenal plus vaste pour mettre en scène son registre fait de menace, de colère rentrée et de ruminations.

Tout au long de ces treize compositions, Marling se confronte à l’agression mais elle le fait de manière modérée même quand ses phrases sont acérées et trempées dans du poison. Il ne faut pas pour autant négliger l’intensité qu’elle met dans ses titres comme sur un « Strange » unplugged et dans lequel elle présente les deux points de vue et les myriades d’émotions nées d’une relation adultère avec ironie, fierté indignée, un soupçon d’empathie et, au bout du compte, un coeur labouré par la douleur.

D’une façon générale, Marling donne à ses morceaux plus d’espace et un relâchement qui ne devient pas pour autant du laisser-faire. La londonienne s’est récemment installée à Los Angeles après une période de huit ans particulièrement erratique aussi Short Movie est le résultat de sa première installation fixe depuis son adolescence. Si elle a ralenti son existence, elle n’en a pas pour autant perdu son goût de l’exploration artistique. Short Movie est la preuve que sa musique ne se repose jamais.

***1/2

20 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Game Theory: « Real Nighttime »

Real Nighttime est un album classique et intemporel, aussi brillant aujourd’hui qu’il l’était lors de sa sortie en 1985. C’est aussi un disque qui a établi un standard pour la power pop ; un genre que Scott Miller (guitariste, leader et compositeur principal du groupe) semble englober à lui tout seul.

Non seulement sa musique est cool mais ses compositions vont dans des sens divers mais toujours harmonieux, ses textes sont délicats et intelligents tour en ne dédaignant pas d’exploser d’énergie ; bref voici un album riche de ce qu’il contient mais aussi détenteur d’une véritable histoire. Scott était un songwiter et et un guitariste prodigieux, l’équivalent du célèbre Mitch Easter (Let’s Active, Chris Stamey, producteur des premiers disques de R.E.M.) qui joue et produit d’ailleurs ce disque aux côtés de Michael Quercio (Three O’Clock) et Jozef Becker.

Le CD original contenant des reprises de « I Want To Hold Your Hands » des Beatles et du classique de Todd Rungren, « Couldn’t I Just Tell You » qui s’intégraient à merveille avec la sensibilité pop de Scott. Bien sûr, c’était avant tout Big Star qui a eu la plus grande influence sur Scott et Easter. À cet égard la reprise du« You Can’t Have Me » de ces derniers est absolument parfaite avec sa slide guitar et la façon dont Scott verbalise la colère originale de Alex Chilton.

Le CD qui ressort aujourd’hui comprend bien sûr ce titre tout comme une flopée d’enregistrements « live » ou inédits ainsi que des notes où figurent une interview de Mitch Easter et des contributions De Carl Newman (New Pornographers) et Byron Coley. Ce qui importante en revanche c’est les bonus musicaux et, à ce titre, nous sommes plutôt gâtés.

Le songwriting est l’interprétation sont tout bonnement impeccables et le disque sonne aussi frais qu’il y a 30 ans, à l’époque où Game Theory côtoyait the Db’s et autres combos de ce calibre.

Le titre d’ouverture, « Here Comes Everybody », est une introduction idéale au morceau qui suit, « 24 », ainsi qu’à la tonalité générale de l’album. C’est une mise en scène qui rappellera ce que faisait Love quelques années plus tôt avec ses chorus accrocheurs, ses harmonies pleines de soleil et son «riff issus de « Stairway To Heaven » à la fin. « Waltz the Hall Always » est, de son côté, une parfaite démonstration de comment on peut se promener en semblant n’avoir aucun souci avec son orgue de fête foraine et sa guitare jouée à une vitesse endiablée.

Dans la lignée des thèmes musicaux récurrents on trouvera « Friend of the Family » avec sa guitare en distorsion et ses textes surréalistes. « If and When it Falls Apart » sera, lui, peu typique du Game Theory de l’époque ;léger et lent au départ puis montant en crescendo vers un pont dissonant où la phrase «  This city brings me down » pourrait référencer n’importe quelle autre lieu.

«  Curse of the Frontier Land » est du Game Theory dans toute sa splendeur avec ses passages alternant le sombre et le lumineux et des excellents backing vocals féminins. « She’ll Be a Verb » est une autre de ces excellentes compositions qui aurait mérité d’être un hit « indie » et Scott montrera la qualité de sa voix de ténor sur la chanson titre, sur « I Turned Her Away », il sonne même comme il souhaitait défier Richard Thompson.

Au chapitre des reprises, on aura droit à une version en public mais sans saxophone du « Baker Street » de Gerry Rafferty et d’une autre de Queen, « Lily of the Valley ». On ne pourra que louer Omnivore Recordings qui ont pris la peine de ressortir ce disque ainsi que de l’agrémenter d’inédits et d’une superbe et instructive pochette ; c’est faire honneur à un artiste dont il est enfin donné l’occasion de redécouvrir le joyau que, trois décennies avant la nôtre, il a réalisé.

****1/2

19 mars 2015 Posted by | Chroniques du Coeur, Oldies... | | Laisser un commentaire

Inventions: « Maze of Woods »

Matthew Cooper et Mark T. Smith partagent le même label (Temporary Residence ) et que, en moins d’une année, ils soient capable de sortir, toujours sous le patronyme de Inventions, un deuxième album en dit long sur sur le flot créatif dans lequel ils se trouvent.

Maze of Woods s’ouvre sur un « Escapers » qui semble être atteint de bégaiements et de secousses tant il sonne comme le feraient deux producteurs en train d’appuyer plusieurs fois sur la touche « reset » de leur appareil. Une phrase exemplifie leur démarche : «  I wanted to do something that I don’t know how to do », donnant voix à l’inquiétude qui est intrinsèque à leur projet.

« Spingworlds » va, lui, s’échapper des fondations de la première plage et nous entraîner vers des pâtures plus larges et tournées vers la contemplation d’une aurore, atmosphère qui a fait la réputation du duo. Le chorus drone et se gonfle comme une vague alors que, en dessous, les ambiances ensommeillées impriment leur climat ; cela nous projette dans une sorte d’embryon situé dans une matrice confortable comme si il régressait à un stade prénatal.

La chanson titre aura tous les attributs du post-rock ; les sections médianes de toutes les compositions auront d’ailleurs ce va et vient caractéristique du genre, en reprenant le riff initial en ne nous laissant pas le loisir de nous y appuyer avec complaisance. La sensation sera, au contraire, celle d’une progression constante, toute erratique qu’elle puise paraître.

Maze of Woods est aussi varié que leur « debut album » éponyme mais sans doute plus expérimental. C’est un disque qui n’est jamais en panne d’idées et dont la cadence s’intègre à merveille avec cette sensation de s’aventurer dans des espaces sauvages qu’il souhaite mettre en scène. Les paysages soniques sont divers, colorés et harmonieux : le mur de sons qui nous est présenté là est tout simplement magnifique, penser que, pour eux, le stade est encore embryonnaire est signe que nous n’avons pas fini de nous élever dans la subtilité.

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19 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Seth Avett & Jessica Lea Mayfield:  » Seth Avett & Jessica Lea Mayfield Sing Elliott Smith »

Un nouvel album de reprises de Ellioth Smith pourrait-on dire. On pourrait également se demander à qui il conviendrait d’explorer un catalogue dont toute le matériel est disponible en version originale. À l’inverse de Jeff Buckley, un autre de ces artistes qui est devenu un artiste culte après sa mort, la caractéristique de Smith était de pouvoir véhiculer des vérités universelles sur la solitude, les tourments amoureux ou la beauté en l’espace de quelques lignes. Ce que Buckley réalisait avec sa voix, Smith le faisait avec des mots et c’est sans doute pour cela qu’il est un excellent candidat pour que d’autres artistes le reprennent.

Seth Avett (the Avett Brothers) et Jessica Lea Mayfield sont amis, et il leur a fallu trois ans pour enregistrer ce disque. Cela s’est fait chacun chez soi, dans des chambres d’hôtels, lors de tournées, à chaque moment libre et cela explique que le mot clef ici est le terme « passion ».Ils ont donc réuni 12 compositions de Smith avec une ferveur folk semblable à celle qui a permis de créer le monstre de Frankenstein.

« Angel in the Sow » de l’album posthume de Smith installe un rythme confortable avec la voix de Avett s’essayant à épouser celle, traînante et comme imprégnée de whisky, de Mayfield. Le tempo y est parfait tout comme avec les textes brutaux qui encadrent « Fond Farewell » et qui en font un très beau panégyrique sentimental.

« Between the Bars » nous rappellera le film Will Hunting que Smith a illustré mais le poids de la dépression de Smith s’y trouve ici levé. La touche apportée par Avett et Mayfield est douce et l’élégance de la composition parvient à contourner la drogue, le mal-être et ces récits horribles comme des rapport d’autopsie qui ont la part belle dans le catalogue de Smith.

Ce disque transfigure l’univers du compositeur et s’écoute presque comme une berceuse ; minimaliste aussi bien au niveau de l’instrumentation que des harmonies fragiles des deux chanteurs, il permet de rendre hommage à un artiste trop tôt disparu sans grandiloquence et avec une économie de mayens qui lui fait honneur.

***1/2

19 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Allison Moorer: « Down to Believing « 

Il s’est passé cinq ans depuis la sortie du dernier album de Allison Moorer, Crows, et ce temps écoulé n’a pas été de tout repos puisqu’elle est devenue mère, elle a appris que son fils John Henry était atteint d’autisme et son mariage avec Steve Earle s’est cassé la figure. Down to Believing, son huitième opus est puissamment cathartique dans la description qu’il fait de ses peines de coeurn ses doutesface à l’adversité et les retombées de sa séparation.

L’album a été enregistré pendant deux ans à Nashville avec Kennt Greeberg déjà à l’oeuvre sur ses deux premiers albums. Les arrangements sont hérités de Crows, ils sont doux et folk avec des intonations plus vives aux guitares acoustiques et électriques nous délivrant un son country rock contemporain et calibré pour passer à la radio.

Le titre d’ouverture, « Like It Used to Be, est tonifiant et sert d’introduction au constat de Moore et à son acceptation du changement et de la nouvelle liberté, accompagnée d’incertitude, qui va avec. Les dernières braises de son mariage avec Earle brûlent encore sur certains titres, en particulier sur la lancinante chanson titre, le féroce et anthémique « Tear Me Apart » et le trompeusement enlevé « I’m Doing Fine ».

Down to Believing est indubitablement un « break up album », il n’est que de retenir certaines vers : « I guess it comes down to staying or leaving / And whether we will or we won’t », « Sun’s coming up blazing red / Setting on fire everything you said to me last night » ou le caustique «  If you want your old guitar, it’s sitting on the porch ».

mais la complexité des émotions se traduit également quand elle évoque sa relation avec sa sœur, Shelby Lynne, sur le réconfortant « »Blood » et l’amour sans équivoque qu’elle éprouve pour elle ou sa confrontation avec l’autisme de son fils avec « Mama Let the Wolf In », mélange de colère, de désarroi et de doute de soi.

Parfois la production devient un peu générique la voix de Moore maintient une chaleur inébranlable et les chansons demeurent profondément touchantes dans la façon dont elles résonnent. Le disque se terminera sur une note d’espoir, « Gonna Get It Wrong » : «  I know that I’m gonna get it wrong / But it’s alright ». Sur un disque sans pratiquement une fausse note, c’est un aveux poignant tant il est empli d’une crédible et honnête modestie.

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18 mars 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Twin Shadow: « Eclipse »

Le projet de George Lewis Jr., Twin Shadow, se meut dans un équilibre subtil entre style et substance. Celui-ci est constitué de pop des 80’s, d’expression R&B et de tonalités ponctuées par des accroches aiguës et des vocaux de crooner. Lewis, l’artiste qu’il est, va être, en conséquence, une personne endossant un habit de popstar et existant dans le monde de la musique « indie » aux antipodes du « star system ». La surprise sera alors que Lewis décide de signer pour une « major » pour réaliser ses ambitions musicales.

Eclipse, son premier nouveau partenariat, va totalement détraquer cet édifice précautionneusement mis en place. D’un côté, on a des compositions comme « To The Top » ou « Old Love/New Love » où l’on trouve le musicien au sommet de ses capacités tant ces morceaux lui permettent d’exercer une catharsis magnifique mais beaucoup d’autres sont dépourvus des subtilités musicales qui rendaient la visite de son univers si agréable. La production sur Eclipse est la première qui sonne de manière si résolument contemporaine et, si elle suscite notre attention dès la première écoute, elle manque de ces idiosyncrasies qui donnaient à ses travaux d’avant un charme sous lequel il était aisé de tomber.

Le plus surprenant sera également la façon dont Lewis semble disparaître en arrière plan. Plutôt que de construite l’album autour de sa propre persona, il semble vouloir s’en éclipser et se satisfaire d’un rôle situé au milieu ces groupes pop-rock sans visages de type One Republic ou Maroon 5.

Eclipse accueille donc ses meilleurs et ses pires moments. Le disque semble suggérer que Lewis se trouve à un croisement entre ses ambitions à être une popstar et son désir de pavé son propre chemin sonique. Il est quelques instances où il parvient à amalgamer les deux mais, sur ce troisième opus, il ne parvient pas à maintenir cet élan tout au long.

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18 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Marina and the Diamonds: « Froot »

Ouvrir un album sur une composition telle que « Happy » en dit long sur l’état d’esprit de Marina and the Diamonds. C’est un morceau dépouillé, accompagné d’un seul piano et des vocaux, qui semble vouloir à laisser se déverser les courants qui agitent l’âme de la chanteuse. En même temps, cest un titre que sa simplicité rend d’autant plus efficace tant un chorus comme « Finally ? I have found a way to be hay » sonne véridique et honnête. C’est une manière parfaite d’introduire Froot.

Si on regarde trois ans en arrière, Marina Diamandis était dans une toute autre situation ; son second disque, Electra Heart, était bichonné comme ça n’était pas permis et ressemblait avant tout à un pastiche d’émotions : le coeur brisé ou la prima donna, et elle semblait fin prête pour adopter la pause de la pop star dans toute sa splendeur et les défauts qui vont avec. Ce nouvel effort la voit, et c’est tant mieux, changer considérablement de braquet.

Les co-compositeurs ont disparu et, à leur place, elle a construit une structure de groupe plus conventionnelle mais dont l’effet est étonnant. Une guitare aux riffs funk donne vie à « Foot » et « Forget » nous offre une dynamique dans la dramatisation pleine de corps. Elle reste bien sur la figure prédominante du spectacle qu’est l’opus mais celui-ci est imprégné d’un feeling organique et d’un accompagnement musical qui lui conviennent beaucoup plus.

Ça n’est pas pour autant qu’elle se soit débarrassé de cette pop ludique et pleine d’accroches antérieure. Mais celle-ci est plus accomplie et, de ce fait, plus intrigante : « I’m A Ruin » est un titre plein d’élévation et d’emphase et « Can’t Pin Me Down » en est un autre exemple, rempli qu’il est de groove. Simplement, toutes ces références sont faites avec le clin d’oeil qui en dit long sur son interprète : c’est une artiste qui se veut non domestiquée, indifférente à l’attitude cool qui était la loi du genre et la nécessité de plaire à la foule. Marina and the Diamonds est passée du statut de pétasse bubblegum à celui de reine pop ; ce disque couronne cette ascension.

***1/2

 

18 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Black Yaya: « Black Yaya »

Plus connu comme étant la seconde composante du groupe indie Herman Dune, le Français David Ivar sort ici un album solo on ne peut plus étrange sous le pseudonyme de Black Yaya. Étrange et fun doit-on préciser tant il est en partie confession intime, psycho-pop ancrée courant de conscience et autres inspirations qui vont de Stanley Kubrick à Edgar Poe, le tout distillé avec une tonalité jubilatoire qu’on ne peut que partager.

Black Yaya est totalement enregistré par son auteur et son humeur va aller de l’eclectro-pop en mode sexy telle que notre pays sait si bien la confectionner (« Glad Tidings ») au doo-wop imbibé de climats western comme sur « Vigilante ». L’humeur est conviviale au point qu’on peut aisément visualiser Ivar en train de travailler, lire des livres pour y trouver idées ou regarder films et photos. C’est un peu comme si on se baladait dans sa pièce, on ramassait une chose puis on la laissait pour passer à une autre et que, après son passage, on se trouvait en face du joyeux et éclectique désordre d’une chambre non rangée.

L’interprétation est légère, désinvolte à l’image du « single » « Flying A Rocket » avec son rythme enjoué et ses synthés percutants. Voilà un titre printanier tout comme un « Under Your Skin » qui atteint une telle perfection infectieuse en matière de pop qu’on en reste pantois et charmé. Ivar s’essayera à une musique anthémique, « Through The Deep Night », qui, bien que cultivant volontairement le contre emploi, semble se prendre trop au sérieux pour qu’on y adhère.

Black Ya Ya se veut un disque enlevé et sans prétention ; hormis cette dernière légère faute de goût il est parfaitement en phase avec son objectif, si on ajoute qu’il est exécuté comme il se doit de l’être on ne pourra qu’adhérer au module ludique dans lequel il veut nous faire entrer.

***1/2

17 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire