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Jam City: « Dream A Garden »

Sur le premier album de Jam City, Classical Curves, les rythmes de Jack Latham étaient plutôt discordants .Ils existaient dans un univers techno-housse futuriste mais son « follow up » est beaucoup plus faciles à appréhender même si certains beats encore abrasifs viennent percuter les riffs adoucis de ses synthés.

Après s’être attaqué à une idéalisation lustrée du capitalisme, il nous propose ici quelque chose où perce la dépression, celle d’une voix plaintive émanant d’un romantique dont les rêves ont été ruinés par la consommation et le porno.

L’approche se fait par des mélodies qui se veulent plus accessibles et universelles et sonnent comme couvertes de poussières, celle qui a recouvert un premier opus couvert de chromes. Alors que celui-ci avait été construit à partir d’une perspective architecturale de formes synthétiques désincarnées isolées, Dream A Garden exprime les préoccupations de Latham contemplatives de Latham pour l’humanité et la conscience qu’il a que les dance-flors ne sont qu’une échappatoire et un vecteur d’aliénation.

La machinerie mise en place sonne alors creuse et superficielle mais elle est signe de quelque chose qui se situe au-delà de la « house ». Nous avons ici affaire à un disque qui parle de l’amour et de la résistance. Alors que Classical Curves égratignait les sens, celui-ci s’efforce d’atteindre l’âme et nous y présente un tableau du monde où out n’est que désespoir y compris sous les épisodiques passages d’« ambient bliss » ; de ce point de vue, et sans en épouser la formule, Dream A Garden est un album de post-disco comme on dirait post-punk, il est suffisamment rare de pouvoir en rencontrer pour pouvoir s’en réjouir.

***1/2

 

31 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Seasick Steve: « Sonic Soul Boogie »

Pourquoi se pencher sur le cas d’une musicien (Seasick Steve en l’occurrence) qui, à l’âge d’environ 70 ans, continue sur son sixième album à nous balancer une musique qui ne révèle son immédiateté qu’au travers de live shows et dont le jeu de guitare (parfois à une corde, parfois à deux, parfois à trois) est propre à nous apporter un frisson que les disques n’ont jamais égalé ?

Peut-être parce que l’important est de témoigner de sa constance, peut-être aussi parce que, même si il n’est ni une légende ni une icône de la chose « blues rock », celui qui se définit lui-même comme un musicien de rue et un sorcier, est une figure archétypale de la musique américaine qui plonge dans ses racines.

De son vrai nom Steve Wold, cette acharnement mérite d’être salué mais on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment qui va vous tarauder ; celui que, jusqu’à présent, il n’a rien accompli qui soit véritablement un opus définitif. Son œuvre est satisfaisante mais elle n’est pas excitante.

Sur Sonic Soul Surfer, il prend les rênes de la production pour arranger ses compositions à sa manière tout en jouant avec son partenaire habituel, le batteur Dan Magnusson.

Le résultat donne un ensemble un peu plus clair. Les fans n’auront pas à se soucier de la présence ou non de plages boogie (« Sonic Soul Boogie » ou « Dog Gonna Play ») portent l’empreinte inimitable du bonhomme mais, ici, le guitariste adepte du capodastre se montre beaucoup plus à l’aise dans un registre lent pour lequel il n’était jusqu’à présent pas très connu. « We’ve Beeb Moving » et « Heart Full Of Scars » font une apparition tardive et ajoute une variété inattendue à ses riffs de blues scarifiés et ses mélodies.La meilleure en sera « Barracuda ’68 », un éloge reprenant le culte que vous Wold aux vieilles voitures ; pour le reste ce sera le même répertoire dans la tirelire.

***

31 mars 2015 Posted by | Quickies | | Un commentaire