Rapid Talk: Interview de Clarence Clarity

Malgré son nom de scène, ce n’est un secret pour personne de savoir que Clarence Clarity est un personnage énigmatique.La sortie de son premier album No Now le confirme mais elle lui a donné l’occasion de nous inviter à jeter un petit coup d’oeil dans ce qui constitue son univers, et quel meilleur moyen pour cela que d’entamer une série de concerts.

L’artiste sait soigner ses entrées, pour lui « la meilleure occasion de se révéler c’est la scène, procédé adéquat pour s’exposer » et il va expliquer pourquoi le moment est enfin venu : « Quand j’ai débuté, je voulais n’être jugé que sur mes mérites musicaux. J’ai donc construit ce monde autour de Clariry et de travailler autour de tout ce qu’était son histoire. » Il s’interrompt puis reprend en parlant de lui et de son double : « C’est un processus permanent, pas pour me déguiser ni pour me livrer à la provocation ou décrypter un code pour le plaisir de le faire. J’ai juste l’espoir que me livrer au public lui permettra de mettre les pièces du puzzle dans le bon ordre », déclare-t-il, « il se peut que cela mette un point final à la définition que je peux faire de mon univers. Je ne sais pas comment les choses vont se dérouler en concert ; ce sera très direct et sans doute bordélique quand il sera nécessaire que ça le soit mais je m’accouplerai définitivement au chaos ainsi créé. »

Il y a tout un cimetière de choses que j’ai faites dans le passé et qu’il peut être intéressant de déterrer », admet-il, «  cela ne veut pas dire que j’encourage à le faire mais cela fait partie des raisons pour lesquelles je fais cette tournée. Il y a des gens qui me font confiance et j’ai bon espoir qu’ils ne se trompent pas. Cela me démange réellement de jouer, je me suis vraiment pris la tête à faire cet album et il sera plus complet quand il résonnera ailleurs que dans mon esprit et ma chambre. Si on s’attend à entendre ce que j’ai enregistré, on aura tort », il explique avoir constitué un véritable groupe avec des amis et vouloir « quelques uns de ces éléments qui ne sont pas si apparents dans le disque. »

En matière de performance publique il n’en est pas pour autant à son coup d’essai : J’ai déjà fait des trucs avec des ordis portables et des contrôleurs midi mais ça n’est pas ce qui me parle aujourd’hui. J’ai besoin d’avoir un petit gang autour de moi. On a répété pas mal de chansons et, musicalement, on est parfaitement au point mais il y a des choses qui ne peuvent pas durer éternellement et qui ont besoin d’être confirmées en « live ». »

De son album No Now, Clarity explique qu’il « voulait que ce soit une déclaration d’intention la plus intrépide qui soit. Ce sont 20 Plages qui constituent autant d’assauts à nos sens et qui proviennent des coins les plus sombres de mon esprit. Je crois que le format de l’album est assez bizarre et c’est pour cela que j’ai pris cette liberté de composer autant de morceaux qui sont comme une exploration mentale. Si rien ne se passe après, au moins j’aurai eu le mérite d’écrire quelque chose qui restera définitif pour moi au moment où il a été fait. »

Le reste demeure ouvert aux interprétations, que ce soit son titre assez équivoque et cette « inaptitude à capter le présent qui permet toute latitude. C’est un processus libératoire que de juxtaposer éléments après éléments même si vous savez que vous n’arriverez jamais au bout des choses. Le « maintenant » (« now »)» n’existe pas et c’est une émancipation que de le savoir et de travailler en en tenant compte. »

Plus tangiblement la genèse du disque s’est faite à partir d’enregistrements pris sur le vif : « j’ai écouté des choses vaudous ; sans aller très loin ni vouloir me montrer trop spécifique j’ai tâté des éléments de world music, de faire sonner les guitares comme des chutes d’eau, d’évoquer les films de David Lynch et des couleurs « ambient » allant du bleu translucide à l’or. No Now est la transcription musicale de ce que j’avais dans la tête. N’est-ce pas la raison pour laquelle les gens font de la musique d’ailleurs ? Ils s’expriment de cette manière car ils ne savent pas le faire autrement. Je suis parfaitement conscient que je suis une personne maladroite et asociale. Je raconte donc mes histoires, il s’interrompt, rit et poursuit, peut-être suis-je dans un état encore plus confus que quand j’ai commencé. Plus vous apprenez, moins vous en savez alors quand je parle de réincarnation ou des cycles du feu et de la glace je suppose que No Now se veut une représentation de cet infini. »

Quid, néanmoins, du futur et du présent immédiat : « Je pense que je n’ai pas tout livré, ne serait-ce que parce que je m ‘entoure de certaines mesures de précaution. Il est déjà difficile pour un être normal de conserver sa vie priver alors il est normal que je m’entoure de mystère, non ? » Il précise : « Quelque part on se vend et l’idée de la renommée est une chose qui me terrifie. Ce n’est pas un facteur motivant pour moi. » Et par rapport au « hype » il est encore plus clair : « C’est quelque chose qui ne me concerne absolument pas ! Je fais juste au mieux de ce que je peux. J’espère, ensuite, me diriger vers des choses où je travaillerai en collaboration avec d’autres car ma manière d’écrire est trop insulaire encore. Pour l’instant je me prépare à la scène, c’est excitant et effrayant à la fois. Je ne joue pas parce ça se fait mais parce qu’il m’incombe de le faire, intérieurement. J’ai attendu le bon moment tout comme le processus d’enregistrement de No Now s’est présenté, voire imposé, à moi… »

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