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JEFF the Brotherhood: « Wasted on the Dream »

Le côté relativement carriériste des frères Orrall a toujours été paradoxal si on considère une esthétique plutôt axée sur la bricole. Il n’est donc pas surprenant que le duo ait été laissé tombe rpar son label, Warner, mais la raison pour laquelle celui-ci les avait signés sans exercer aucun contrôle sur leur musique restera une énigme.

Le duo n’a jamais eu de mal à pondre des accroches attrayantes comme s’il en pleuvait même quand leur son était à son plus flou mais, sur Wasted on the Dream, tout semble avoir pris une autre dimension en particulier leur rock « stoner » qui déchire comme jamais ou leurs jams pop telle « Coat Check Girl » qui mériterait de devenir un hit si il passait à la radio.

On trouve également des invités bigarrés (Ian Anderson pour un solo de flute, Alicia Bognanno de Bully, des membres de Diarrhea Pit ou Bethany Cosentino qui émule à la fois Lady Gaga et Tony Bennet sur « In My Dreams »).

Ces interventions apportent un dérivatif bienvenu à la formule guitare batterie et on trouvera même un saxophone pour enrayer ce type d’attaque.

JEFF the Brotherhood ont, il y a longtemps, construit leur propre petite niche et Wasted on the Dream n’aura aucune raison de vous faire changer d’avis que vous les appréciez ou non. Ils ont toujours été incroyablement aptes à dénicher de nouveaux riffs ; en revanche, sur cet album ils parviennent à s’extraire de la recette lent/rapide pour adopter une attitude médiane plus laidback.

Sachant que cet opus sera le dernier avec les moyens d’une « major » on pourra considérer qu’ils en ont fait bon usage ; demeurera l’appréciation qu’ils sont trop proprets et fuzzy pour passer pour des freaks et, au contraire, que certaines tentatives plus sombres les empêcheront de générer de véritables hymnes pour véhiculer une certaine convivialité.

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28 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Vetiver: « Complete Strangers »

On peut comprendre que Andy Cabic (le leader de Vetiver) compose également des musiques de films tant celle-cie est mélodieuse, texturée et rassurante au point d’accompagner aisément une ambiance en toile de fond.

On a tendance, en général, à ignorer ce type de musique mais, quand on écoute Cabic, se produit un phénomène intéressant et souvent gratifiant dans lequel on peut s’absorber sans arrière pensées.

Complete Strangers est le 6° album du combo et c’est, en l’occurrence, un véritable cas d’espèce. Il est plus émollient que son prédécesseur, The Errant Charm en 2011, et on retrouve à nouveau ici l’artiste travaillant avec Thom Monahan qui a oeuvré sur tous les disques de Vetiver. Le résultat est partiellement « ambient » comme surgi d’une brume (le groupe est de Sans Franciso et l’opus a été imaginé par Cabic alors qu’il marchait le long des rues de la ville) mais aussi en partie funky sur un mode « lounge » quelque peu rétro.

Le titre d’ouverture, « Stranger Still », débute lentement puis se fond en un crescendo luxuriant qui rappellera Talking Heads de par ses percussions et ses claviers étayés de cuivres qui vous rassasient avant de se désintégrer. Le morceau dure sept minutes et on ne les voit pas passer tout comme la guitare acoustique et les textures organiques qui s’imposent pour nous amener à l’introspectif « From Now On » le font en toute souplesse et fluidité.

Tout n’est pas pour autant constitué de vibrations positives. « Confiding » projette une ombre dance inquiétante et «  Backwards Slowly » est replet d’harmonies tordues.

Complete Strangers va ainsi multiplier les directions ; de la jangle pop sur « Loose Ends », du calypso avec « Time Flies » et la guitare de Devendra Banhart et une ballade imbibée de reverb projetant son humeur paresseuse et lasse dans « Edgar ».

Ainsi balisé est le terrain émotionnel sur lequel le disque se situe : il est bien épineux sous des dehors apaisants, tumultueux malgré son climat tranquille ; c’est un album qui s’écoutera plusieurs fois et révèlera à chaque fois de nouvelles subtilités, un opus indie folk qui sait s’adapter à la modernité.

***1/2

28 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Idlewild

C’est une chose assez fréquente que de voir un groupe atteindre un succès massif puis, peu à peu, s’évanouir et perdre de sa notoriété. Idlewild sont dans ce cas, des punks écossais qui avaient le mérite d’être cultivés et articulés et qui se sont perdus une fois entrés dans la scène « stadium rock ». Ils auraient bien sûr pu prendre la direction facile, celle qu’ils nomment à juste titre « la façon Coldplay d’avoir du succès » mais, puisque ce sont des personnes qui ont décidé de faire des déclarations courageuses, ça aura été sous leur propre étendard. Cette entêtement les a sans doute sauvés même si il leur a fallu des années pour retrouver cette inspiration qui les animait initialement, à leur propre échelle, petite mais humaine.

Après un hiatus de cinq ans qui a vu les compositeurs de Idlewild Roddy Woomble et Rod Jones s’affairer à d’autres projets, les voilà de retour avec un Everything Ever Written qui englobe assez bien ce qu’a été l’ensemble de leur œuvre. In ne s’agit pas ici de maturation mais d’un portrait honnête de ce à quoi ils ont toujours aspiré soniquement. Écrit sur l’Île de Mull, il a été travaillé sans contraintes ni pressions des labels, il documente cette expérience et l’enrichit par une série de photos publiées sur diverses plateformes de médias sociaux.

Rod Jones évoque ici l’impact qu’a pu avoir pour eux la nostalgie et le processus de revitalisation qu’il a entraîné chez eux.

À quel moment le groupe s’est-il aperçu qu’il était temps de retravailler sur ce nouvel album ?Et pour vous quelle importance a le nom de Idlewild en comparaison avec vos autres projets ?

Roddy et moi sommes restés en contact toutes ces années ; on écoutait ce que l’autre faisait et, voilà deux ans, on était tous les deux libres et au même endroit. Il nous a semblé naturel d’écrire ensemble bien qu’il n’y avait aucun plan pour une reformation. On a analysé ce qui se passait et on est parvenus à coucher très vite des idées sur papier. Cela ressemblait à du Idlewild aussi on a recontacté Colin Newton et notre dynamique allait très bien. Ensuite Luci Rossi aux claviers et Andrew Mitchell à la basse ont été incorporés et ils ont donné aux compositions vie et force qui nous ont offerts des possibilités qui semblaient infinies.

Le nom de Idlewild était très connoté évidemment et ,ces derniers temps ,il était devenu quelque peu restrictif. Les choses étaient un peu laborieuses et éventées mais avec cette opportunité de faire une musique nouvelle et l’enthousiasme et l’encouragement que nous avons reçus tout nous a semblé frais et excitant à nouveau.

En raison de ce hiatus, comment avez-vous pu retracer votre histoire pour retrouver le goût des choses ?

Il n’y a eu ni méthode, ni formule et je crois que ça a été important quant au résultat. On a mis de côté tout ce qui appartenait au passé et on s’est attablé devant une page vierge et une nouvelle ouverture d’esprit. Cela nous a permis de faire un disque plus naturel et on a retrouvé cette dynamique particulière entre moi, Roddy et Colin En ce sens, c’est un album de Idlewild.

Votre son est toujours plus ou moins le même, pourtant vous le trouvez plus mature ; comment avez-vous abordé ceci par rapport à ce qui l’a forgé dès vos débuts ?

C’est tout simplement le fait d’être plus en confiance et confortables avec nous-mêmes. Cela vient avec l’âge et l’expérience et aussi le temps passé en dehors du groupe. Cela nous a rendus moins concernés par la nostalgie. Nous n’ avons pas éprouvé ce besoin de redécouvrir notre passé mais plutôt l’envie d’aller de l’avant.

Vous avez toujours eu cette faculté d’embrasser aussi bien vos côtés rugueux que vous penchants folk plus récents. Est-ce que ça a représenté un défi de parvenir à les amalgamer ici de manière étale et fluide ?

On n’a pas fonctionné avec cette préoccupation en tête. Ce qui s’est passé est un brassage naturel de nos personnalités qui était déjà un fil conducteur dans nos précédents albums. Nos intérêts musicaux sont toujours les mêmes mais, aujourd’hui, nous avons élargi nos influences ainsi que nos collaborateurs. Et puis l’expérience de la vie intervient, n’est-ce-pas ? Je crois qu’aujourd’hui ce que nous faisons est plus riche et profond sans que nous ayons eu d’idées préconçues.

Idlewild n’a jamais eu honte d’écrire des ballades très tendres. Ici, « Every Little Means Trust » et même un morceau phare de Everything Ever Written. Qu’est-ce qui vous attire encore aujourd’hui dans ce type de composition « radio friendly » d’autant que vous n’avez pas la pression d’obtenir un « hit » ? C’est comme si vous étiez heureux du contenu de l’album sans vous souciez de la façon dont il sera reçu.

Exact mais c’est une chose à laquelle nous ne pensons pas vraiment. On a écrit ce morceau très tôt, il était très fort mélodiquement et on savait qu’il figurerait sur le disque. C’est vrai qu’il a une côté fait pour la radio. Mais ça n’était pas notre intention initiale. Il y a toujours eu ce type d’élément dans notre musique et nous ne nous en défendons pas ni ne le revendiquons. Le groupe a juste des goûts assez variés.

Ce qui est frappant est que de nombreux groupes écossais contemporains essaient d’émuler vos textes toujours très littéraires. Maintenant que vous êtes une source d’influence, on peut se demander quelles étaient les vôtres à vos débuts. Et comment ressentez-vous le fait que votre passé se traduisent chez des artistes d’aujourd’hui ?

Roddy serait plus à-même de répondre à cela mais il est certain que nous avons toujours voulu combiner textes intelligents et musique mélodieuse. Des gens comme Dyaln The Smiths, REM ou Neil Young, pour n’en citer que quelques uns, nous ont beaucoup influencés. On sait très bien qu’on a rien inventé mais savoir que d’autres groupes se réfèrent à nous désormais et gratifiant et très flatteur.

Vous avez sorti Post Electric Blues en 2009 en auto-production quelques mois avant sa date officielle par le biais de votre site web. C’était assez novateur à l’époque et c’est devenu une nouvelle approche marketing désormais. Qu’en avez-vous tiré et qu’en pensez-vous par rapport à ce qui se passe de nos jours ?

À l’époque l’idée était d’être plus en contact avec nos fans et de les intégrer plus à notre univers. Pour moi c’est une façon de les rendre plus attentifs à votre musique et à considérer le fait que ce sont des albums et non pas une série de « singles ». Il est certain que c’est devenu un processus essentiel pour vendre des disques désormais et ça ne me gène pas. Après tout, il s’agit de redonner le contrôle aux musiciens et leur fournir une plateforme pour se faire connaître. Ceci dit, on a eu besoin du soutien d’une « major » pour arriver là où nous étions ; il est juste dommage que trop de groupes n’aient pas bénéficié de la même attention à l’époque. Cette fois-ci, nous avions déjà réalisé le disque et décidé que les fans pouvaient le commander directement en avance. C’est un bon moyen, plus organique, de les impliquer.

Si on prend en compte la vie relativement calme que vous avez menée avant la composition de ce nouvel album, quelles sont vos attentes quand vous ferez des concerts et à quoi espérez-vous aboutir une fois ce cycle terminé ?

Je ne dirais pas que nos vies ont été si calmes que cela. Roddy et moi avons beaucoup travaillé et tourné durant ce long intervalle. J’ai également produit d’autres musiciens mais je pense que ce sera un choc pour moi de rentrer à nouveau dans ce système et devant une audience. Honnêtement je n’ai aucune idée de à quoi je m’attends en termes de sensations, hormis que ce sera excitant. Quant à mes espoirs ; faire de bons concerts et voir ce qui nous guette au tournant.

28 mars 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire