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Liturgy: « The Ark Work »

The Ark Work est un disque de, accrochez-vous bien, black metal transcendental. Le duo se nomme Liturgy et son album précédent se nommait déjà Aesthetica. On devine la mouvance et l’approche, une vision des choses post-moderne dans laquelle l’instrumentation se fera, non seulement à coups de beats incandescents et frénétiques mais aussi de glosckenspiel pour peaufiner leur manifeste.

Plutôt que de développer ce qui serait une parodie extrémiste du genre, Liturgy s’emploie à y apporter une approche célébratoire, propre plutôt que tordue, riches plutôt qu’affamée. Il suffit de prendre un morceau comme « Fanfare » qui fait précise allusion à cette atmopshère ; il est question de vents et de vagues mais ceux-ci sont contenus tant les samples et les cuivres sont déployés sans aucune agressivité ou alors une agressivité positive.

Le résultat n’en est pas pour autant source de délice et ne verse pas dans l’euphorie. IL est, au contraire, vecteur d’une certaine stérilité puisque arcbouté sur deux versants. « Follow » tentera d’avoir un discours plus articulé en noyant l’ensemble sous de la reverb comme s’il s’agissait de saturer et de salir ce qui aurait opus être une tonaité de guitare mais cette surabondance ajoute une autre couche d’indécision qui l’éloigne encore plus du black metal traditionnel.

Conventionnel Liturgy ne l’est certes pas, en effet et The Ark Work est un album madré mais froid, méchant et dépourvu d’empathie. « Kel Valhaal » résonne de façon cruelle avec ses riffs en cacades qui nous laissent vidés de tout. « Vitriol » et « Quetzalcoat » fonctionnent de manière si adroitement qu’on se demande alors où se situer par rapport à cet univers, ou plutôt même où se situent les deux musiciens.

Liturgy exécute sa musique prodigieusement bien (des signatures en 7/8 par exemple) mais il ne nous permet de garder qu’un déficit d’âme ce qui, au fond, le contraire de ce à quoi tout auditeur aspire. De cette banqueroute nous sortons avec une fascination équivoque,comme celle qui nous fait dire que The Ark Work est un album mauvais mais qu’il l’est de façon intéressante.

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26 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Lonelady: « Hinterland »

« Hinterland est un mot allemand qui signifie une connaissance des lieux qui va au-delà de l’expérience géographique qu’on peut en avoir. C’est aussi le nom de l’album de Lonelady (à savoir Julie Cambell), une artiste de Manchester qui, par miracle, ne se réfère pas à la scène mancunienne et qui sur ce disque s’inscrit dans une démarche inspirée de Prince et Parliament après que son précédent opus, Nerve Up, avait précisément aiguisé nos nerfs par son approche post-punk.

Ici, nous avons droit à quelque chose de plus funky, bien sûr, mais aussi à cette collision sonique qui parfois peut nous écorcher (« Silvering ») ou à d’autres moments nous offrir une ouverture vers de nouvelles et joyeuses possibilités (« Bunkerpop »).

L’impact est là mais il souffre d’être un peu trop systématique et répétitif d’autant que les compositions semblent constsuites sur une durée de 5 ou 6 minutes. Se détacheront pourtant quelques compositions remarquables ; un « Groove It Out » centrée sur une ligne basse itérative toute simple mais excitante et l’excellence vocale pleine de soul que constitue « (I Can’t See) Landscapes », une évocation de paysages désolés qui rappellera le Cure des débuts.

Hinterland se veut doté d’une vision mais celle-ci ne semble pas encore vouloir aller suffisamment loin.

À trop vouloir ne pas faire allégeance à Manchester, sensation nous est donnée que nous restons dans l’abstraction et à la surface des choses. Même au bout de plusieurs écoutes, l’atmosphère post-industrielle que Campbell s’emploie à véhiculer se heurte à ce tâtonnement entre climat glacé et les beats sensuels auxquels elle se raccroche. Hinterland dévoile de beaux aperçus, dommage que ceux-ci ne dépassent pas le statut de l’ébauche.

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26 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Cribs: « For All My Sisters »

Selon The Cribs le punk et le indue rock sont morts. Ainsi introduisent-ils leur sixième album, For All My Sisters, déclaration qui ne manque pas de sel si on considère leurs quelques 15 and de carrière et le fait qu’ils ont su s’entourer de producteurs comme Steve Albini, Jonny Marr ou Lee Ranaldo.

Ici c’est k’ex-Cars Rick Ocasek, connu également pour son travail avec Weezer, qui est aux manettes er le bonhomme sert d’excellent point de référence pour les douze morceaux qui nous sont ci proposés.

Comme prévu, For All My Sisters est pétri de gros riffs, de mélodies qui vous infectent les oreilles et de cette subtile euphorie qui vous gagnait en écoutant les disques de Rivers Cuomo. Le tout ets délivré avec assurance mais sans aucun prétention et le pari de toujours sonner comme The Cribs et incontestablement réussi. On retrouve cette même morgue insouciante mais celle-ci sera tempérée par, on vous le donne en mille, un zeste de maturité (il est en effet difficile de passer encore pour un réprouvé quand on a dépassé la trentaine).

« Simple Story » par exemple fait montre d’angoisse émotionnelle et d’une qualité presque folk par la façon dont elle véhicule cette idée que vous ne pouvez être désinvolte toute votre vie et « Pink Snow » insistera sur l’idée que l’existence doit être faite d’engagements et, par conséquent, de regrets.

Les histrions sont devenus sages et justifient, quelque part, leur profession de foi quant à ce nouvel album. Et les morceaux les plus enlevés auxquels nous sommes habitués (« Pacific Time » ou « Mr. Wrong’ ») cèdent gracieusement la place à des compositions plus nuancées mais tout aussi accrocheuses voire anthémiques que « City Storms », « ‘Summer Of Chances » ou « Different Angles ».

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26 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire