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Mark Knopfler: Tracker »

Tracker est le huitième album solo de Mark Knopfler (si on exclut ses bandes-sons) en l’espace de 13 ans. À chacun de ceux-ci, l’image de Dire Straits diminue et il reste ici peu de traces de ces moments. Knopfler semble d’ailleurs heureux d’aller à son propre rythme et de nous offrir des textures soniques de plus en plus variées.

Ici on va déceler des touches de jazz, de folk, de country ou de musique celte mais très eu de rock et le disque va adopter l’allure de ces promenades de loisir allant à leur cadence qui cultive la notion le temps qui passe comme il se doit de l »être. Les onze plages ont toutes cette « vibe » faite de langueur que le ton conversationnel de la voix de Knopfler rend encore plus prégnant. Les histoires sont colorées mais il ne semble éprouver aucune hâte à nous les délivrer et on retrouve ici un peu de ce phrasé paresseux à la Van Morrison qui fait de l’album un tout cohérent en matière de cadence et non seulement une agrégation de compositions.

Il n’est pas anodin que Knopfler ait collaboré au nouveau disque de duos de ce dernier ni qu’il a contribué à deux titres sur le disques de Clapton l’année dernière et dirigé l’hommage à JJ Cale. Beaucoup des titres sereont d’ailleurs inspirés par ce dernier ; le très beau et doux shuffle « The Light of Taomina »et le jazzy et souple « River Towns ». Les deux sont révélateurs de l’approche minimaliste de Cale et il n’y a que sur « Beryl » qu’un semblent d’énergie se fait jour mais sur un tempo qui sera celui de « Sultans of Swing » ce qui indique le registre dans lequel Knopfler œuvre désormais.

Le duo avec Ruth Moody clôturant l’album rappellera, lui, son association avec Emmylou Harris et on se plaira à y apprécier les éclats de saxo qui feront de ce titre un de ses plus belles ballades. Ce « Wherever I Go » mettra donc un point d’orgue à un disque posé et emprunt de cette dignité tranquille propre à ceux qui n’ont plus rien à prouver si ce n’est que ses compositions organiques conversent toujours leur côté indémodable.

***1/2

25 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Vessels: « Dilate »

Arrive un moment où chaque groupe de post-rock se trouve confronté à un choix concernant sa carrière ; soit continuer sur le registre de guitare et refrains anthémiques (Godspeed! You Black Emperor et Mogwai) ou rejoindre celui de l’electronica pulsée de 65daysofstatic ou Errors

Si on opte pour la dernière solution, la tentation sera de modifier la dynamique « loud ad quiet » et lui faire atteindre une dimension sonique plus élevée avec des 6 cordes établissant un véritable mur de son. Heureusement, la réalité est plus nuancée comme en témoigne la patience de 65do qui parviennent à établir un équilibre cinématique sur fond dune musique electro aux rythmes pourtant accentués. C’est sur cette tangente que s’inscrit Vessels.

Ils se sont éloignés des fondations post-rock de leur deuxième album Helioscope et la dynamique dansante de Dilate résonne avec une puissance et une intention habile et habilement mise en place. Il s’agit toujours d’un disque capable de hausser le volume mais les assauts punchy et bruts on cédé la place à une intensité moins spasmodique.

Le titre d’ouverture « Vertical » en est la parfaite introduction. C’est un morceau insistant se construisant avec pour but de vous faire entrer dans un état de transe. Les fréquences sont basses et semblables à des grognements comme si nous pénétrions dans un monastère où a scansion des moines se voulait mystérieuse et sombre. C’est un morceau saisissant et sauvage qui ne ressemble à nulle autre chanson d’ouverture.

Ailleurs, en effet, tout est fait pour que cett edissipation initiale soit contrebalancée. La colère dissonante de « Attica » est statique, « On Monos » fait montre d’un hymne en « sustain » et « Echo In » est un retour à une mélodie flottante soul et harmonieuse. Le downtempo sera même atteint avec un « As You Are » au climat presque brûlant et lascif.

« On Your Own Toes » apportera à Dilate un climax prometteur fait d’arrangements adroits et d’une sensibilité conduite par une rythmique étonnante et poignante avec piano frappé qui opèrera un fade out et une electronica qui tiendra le rôle de point d’orgue. Un album calme et élégant.

***1/2

25 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire