The Monochrome Set: « Spaces Everywhere »

The Monochrome Set sont de retour depuis environ quatre ans après une silence qui a duré près d’une décennie et les voilà fin prête pour nous faire écouter leur dernier opus, Spaces Eveywhere. Pour rappel, The Monochrome Set étaient un combo new wave qui se satisfaisait de faire partie de l’underground et nous proposaient une musique relativement joyeuse mais dont les thèmes récurrents étaient obscurs et souvent sinistres. Ils étaient plus un secret bien gardé qu’un groupe culte, cela ne les a pas empêchés pourtant de nous offrir plus de onze albums dont les remarquables Strange Boutique, Love Zombies et Eligible Bachelors.

Ce nouvel opus montre qu’ils nont pas véritablement changé, pourquoi le devraient-ils d’ailleurs ? On retrouve cette même démarche art-pop qui les fait se référer à Kafka et Edgar Poe, cette quintessence britannique faite d’humour subtil un peu comme le jeu de guitare clean et légèrement teinté de psychedelia de Lester Square et la charmante excentricité du phrasé vocal précieux d’un Bid savoureux croisement avec le romantisme de Dirk Bogarde.

Bid a écrit la plupart des morceaux et ceux-ci ajoutent une instrumentation nouvelle : banjo, orgue Hammond, flutes, backing vocals féminins apportant une densité qui accompagne des textes souvent énigmatiques mais jamais ennuyeux (« Fantasy Creatures ») .

Les chansons sont trompeusement simples comme un « Iceman » qui ouvre l’album sur un riff joyeux et des guitares qui semblent venues des Byrds et un rythme séduisant qui évoque The Smiths chose assez ironique car Morrissey et Marr ont toujours cité The Monochrome Set comme leur influence principale. « The Z-Train » sera un titre du plus beau noir tout comme « In A Little Village «  qui pourrait être une chanson de Brel, « Rain Check » un bel exercice de cabaret pop et « Oh You’re Such A Star » un triomphal moment de indie-glam.

On notera enfin la façon dont Bid a amélioré sa voix au point de la faire passer d’un registre « crooner » façon Anthony Newley à un falsetto à la Morrissey pour souligner que, maintenant que la mode est à ce qui peut être ténébreux, The Monochrome Set était bien en avance sur son temps et que Spaces Eveywhere montre qu’il reste intemporel.

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