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The Monochrome Set: « Spaces Everywhere »

The Monochrome Set sont de retour depuis environ quatre ans après une silence qui a duré près d’une décennie et les voilà fin prête pour nous faire écouter leur dernier opus, Spaces Eveywhere. Pour rappel, The Monochrome Set étaient un combo new wave qui se satisfaisait de faire partie de l’underground et nous proposaient une musique relativement joyeuse mais dont les thèmes récurrents étaient obscurs et souvent sinistres. Ils étaient plus un secret bien gardé qu’un groupe culte, cela ne les a pas empêchés pourtant de nous offrir plus de onze albums dont les remarquables Strange Boutique, Love Zombies et Eligible Bachelors.

Ce nouvel opus montre qu’ils nont pas véritablement changé, pourquoi le devraient-ils d’ailleurs ? On retrouve cette même démarche art-pop qui les fait se référer à Kafka et Edgar Poe, cette quintessence britannique faite d’humour subtil un peu comme le jeu de guitare clean et légèrement teinté de psychedelia de Lester Square et la charmante excentricité du phrasé vocal précieux d’un Bid savoureux croisement avec le romantisme de Dirk Bogarde.

Bid a écrit la plupart des morceaux et ceux-ci ajoutent une instrumentation nouvelle : banjo, orgue Hammond, flutes, backing vocals féminins apportant une densité qui accompagne des textes souvent énigmatiques mais jamais ennuyeux (« Fantasy Creatures ») .

Les chansons sont trompeusement simples comme un « Iceman » qui ouvre l’album sur un riff joyeux et des guitares qui semblent venues des Byrds et un rythme séduisant qui évoque The Smiths chose assez ironique car Morrissey et Marr ont toujours cité The Monochrome Set comme leur influence principale. « The Z-Train » sera un titre du plus beau noir tout comme « In A Little Village «  qui pourrait être une chanson de Brel, « Rain Check » un bel exercice de cabaret pop et « Oh You’re Such A Star » un triomphal moment de indie-glam.

On notera enfin la façon dont Bid a amélioré sa voix au point de la faire passer d’un registre « crooner » façon Anthony Newley à un falsetto à la Morrissey pour souligner que, maintenant que la mode est à ce qui peut être ténébreux, The Monochrome Set était bien en avance sur son temps et que Spaces Eveywhere montre qu’il reste intemporel.

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22 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

James Bay: « Chaos and Calm »

Le chanteur compositeur britannique James Bay a trouvé une formule qui a séduit les votants des Grammy Awards, un public et des chroniqueurs d’un certain âge et lui a valu une nomination auxdits Grammy (le Brits Crtic’s Choice Award, un titre précédemment reçu Adele et Sam Smith). C’est un artiste jeune qui interprète et, ce faisant célèbre, une musique de générations précédentes à la sienne.

Ce jeune homme de 24 ans affiche un look de rocker des années 70 (cheveux longs, large chapeau, manches de cehemise relevées) et c’est également le registre musical qu’il affectionne sur Chaos and the Calm son « debut album ».

L’influence de Bruce Springsteen est évidente sur ses compositions acoustiques, là où sa voix râpeuse est à son meilleur ; il se fraie un chemin assuiré sur « Craving » par exemple, ajoute une légère touche de James Blunt à un titre comme « Incomplete » et Fleetwood Mac période Rumours ne sera pas non plus en reste avec le charmant « I You Ever Wait to Be in Love ».

Quand sa voix atteint les registres les plus élevés, elle rappellera celle de John Waite de The Babys et sa fameuse interprétation de « Mlissing You » ; c’est peut-être l’ambitieux de l’émuler qui a présidé à « Collide » très connoté en termes d’époque avec ses accords blues à l’orgue et son énergie post-punk, tout comme, sur un autre mode, sur la ballade dépouillée à la guitare « Let It Go ».

C’est quand il combine ces deux univers qu’il est à son meilleur ; « Scars » sera par exemple déchirant par sa façon d’appliquer son phrasé hurlé à un « rocker » que n’aurait pas rejeté Springsteen ou « Get Out While You Can » qui sonne comme une rencontre entre le Boss et Waite auquel aurait été ajoutée une pincée de Coldplay.

Le « single », «  Hold Back the River », sera emblématique de cette formule cheminant entre baladin et rocker et créera une tension intéressante même si elle sonnera familière. C’est d’ailleurs cette caractéristique que l’on notera tout au long de Chaos and Calm qui représentera les réserves qu’on peut émettre vis-a-vis d’un album , certes compétent, mais dont on a peine à voir comment il se distinguera dans un marché déjà passablement encombré.

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22 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire