Myrrors: « Arena Nera »

Ce nouvel album des Myrrors continue dans la même veine que leurs précédentes productions : une psychedelia aride qui semblait interprétée sous un soleil brûlant et qui apportait quelque chose de nouveau au genre.

Arena Nera débute ainsi, des drones et des psalmodies étouffées qui, sur près de 11 minutes, vont du haut au bas de l’échelle des tons. Les guitares en carillons résonnent et fournissent cette ouverture atmosphérique qui va jalonner l’intégralité de l’album.

«  Juanito Laguna Duerma Con Los Grillos » va être ainsi exécuté ; ligne de basse très simple, vocaux doux et contemplatifs qui vont s’imbriquer avec fluidité dans un instrumental, « Dome House Music », qui sonne comme si toute la panoplie possible des instruments avait été utilisée : saxo, clarinette fournissent une cacophonie étrange et joyeuse qui aurait pu s’avérer à contre emploi s’i elle n’avait pas été soigneusement amalgamée aux autres sons pour en faire un ensemble étale.

« The Forward Path » est une épopée de 20 minutes débutant sur des drones avant que des vocaux presque muets et épars n’entrent en jeu. La première partie est d’essence prog-rock avec un son dans lequel les cymbales résonnent clairement tout comme les guitares en écho et l’atmosphère est visiblement destinée à développer une tension. Quand le morceau retombe sur un simple drone interviennent alors une flute et une basse et un tempo qui va peu à peu s’accélérer et laisser place à des vocaux indéchiffrables, un sax et du feedback. Le dénouement ne sera pas tempétueux comme on aurait pu s’y attendre mais se fait brusques comme si le groupe avait choisi de nous laisser sur notre faim.

C’est une marque d’intelligence que de voir des musiciens capables de ne pas entrer dans les clichés et de ne pas tout donner comme on l’aurait souhaité. Au contraire, Myrrors réussissent à nous faire saliver et nous amener à réécouter leur disque.

Arena Nera est un album fantastique qui ajoute à l’aridité originale cette sensation de voir les aigles voler au-dessus de la Sierra Nevada ; telle la nature de l’atmosphère ainsi évoquée céleste et d’un élévation qui ne s’éloigne jamais de ses racines organiques et psycéhdéliques.

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