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The Staves: « If I Was »

If I Was est le second effort de The Staves après un Dead & Born & Grown dans lequel les trois sœurs Emily, Camilla et Jessica Steveley-Taylor produisaient un opus dans lequel leur utilisation des cordes se mariait avec harmonie avec un registre folk-rock.

Ici encore, on ne peut échapper aux influences que Justin Vernon a pu avoir que ce soit sur leur « debut album » ou sur celui-ci. L’isolation coutumière du bonhomme se retrouve sur le titre d’ouverture, « Blood I Bleed », qui résonne curieusement comme une chute d’éléments neigeux dont la prégnance est renforcée par des accroches de guitare et des vocaux en crescendo qui ne pourront qu’évoquer des bouffées de vent glacial.

If I Was se voudra un disque où réflexion et introspection auront la part belle avec des compositions comme « No Me, No You, No More », « Let Me Down » ou « Damn it All » capturant toutes ces sentiments qui nous habitent quand nous sentons qu’une relation se détériore, chose peut-être autobiographique dans la mesure où les trois sœurs ont beaucoup tourné.

Le son a été boosté par l’utilisation de synthés délicats et de guitares électrifiées mais le trio conserve de fortes connexions avec la musique folk comme, par exemple, sur « Don’t You Call Me No More » ou « Facing West ».

Fédérant le tout, on retiendra « Teeth White » une chanson rafraichissante au milieu de plages plutôt mélancoliques grâce à sa guitare électrique et à son attitude insouciante ou son pendant contraire, « Make it Holy » avec son climat presque funéraire scandé par un rythme de batterie militaire.

Au total, If I Was est un disque qui bénéficie d’une production toujours claire mais qui s’avère sans surprise. Tout au plus pourra-t-on noter une légère volonté de s’échapper d’un registre folk stritcto sensu auquel il serait temps d’ajouter une armature plus charnue voire masculine.

**1/2

21 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Simon Joyner: « Grass, Branch & Bone »

Simon Joyner fait partie du cercle réduit des songwriters de génie et de celui, plus désolantt, des génies méconnus. Il sort des disques depuis 1992 et tous se sont montrés ingénieux et profonds en diable. Son précédent, Ghosts, présentait des personnages parcourant des paysages ramassés et vivant dans des recoins sombres ; Grass, Branch & Bone va voir Joyner baignant sous une lumière, parfois faible mais, à d’autres moments, brillante.

«  Train to Crazy Horse » suit un « Sonny » qui ouvre le disque et c’est une de ses plus belles compositions. C’est un rappel qui devrait être salutaire de plusieurs de ses classiques (Lost with the Lights On, The Lousy Dance). Les arrangements sont élégants et les textes, bien que chargés, peuvent être digérés sans qu’il soit besoin de les disséquer. « Jefferson Reed » est un autre morceau phare ; une sorte d’ode aux « road songs » pas nécessairement par son thème mais en raison de l’esprit et du chorus qui semblent l’habiter.

« Some Fathers » va sortir l’album de son mode singer-songwriter habituel en permettant à Joyner de s’approprier à sa façon, à savoir sans compromis, le registre Americana. Seuls des choix de production clés sont utilisés pour ne pas interférer avec ses vocaux alors que « In My Drinking Dream » et « Nostalgia Blues » joueront avec les lumières, le premier en les tamisant sur fond d’accords mineurs véhiculant lamentation, le dernier en éclaircissant le paysage de manière apaisante et à claire vue.

Ce qui est intéressant chez Joyner est le fait qu’il n’est pas facile de le ranger dans une catégorie. On ne peut non plus le comparer à tel ou tel grand artiste, juste constater que son œuvre court en parallèle avec certains d’entre eux. Grass, Branch & Bone est un album qui possède suffisamment d’obscurité et de lumière pour rester en nous ; peut-on en dire de même pour certains disques réputés « classiques » ?

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21 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Myrrors: « Arena Nera »

Ce nouvel album des Myrrors continue dans la même veine que leurs précédentes productions : une psychedelia aride qui semblait interprétée sous un soleil brûlant et qui apportait quelque chose de nouveau au genre.

Arena Nera débute ainsi, des drones et des psalmodies étouffées qui, sur près de 11 minutes, vont du haut au bas de l’échelle des tons. Les guitares en carillons résonnent et fournissent cette ouverture atmosphérique qui va jalonner l’intégralité de l’album.

«  Juanito Laguna Duerma Con Los Grillos » va être ainsi exécuté ; ligne de basse très simple, vocaux doux et contemplatifs qui vont s’imbriquer avec fluidité dans un instrumental, « Dome House Music », qui sonne comme si toute la panoplie possible des instruments avait été utilisée : saxo, clarinette fournissent une cacophonie étrange et joyeuse qui aurait pu s’avérer à contre emploi s’i elle n’avait pas été soigneusement amalgamée aux autres sons pour en faire un ensemble étale.

« The Forward Path » est une épopée de 20 minutes débutant sur des drones avant que des vocaux presque muets et épars n’entrent en jeu. La première partie est d’essence prog-rock avec un son dans lequel les cymbales résonnent clairement tout comme les guitares en écho et l’atmosphère est visiblement destinée à développer une tension. Quand le morceau retombe sur un simple drone interviennent alors une flute et une basse et un tempo qui va peu à peu s’accélérer et laisser place à des vocaux indéchiffrables, un sax et du feedback. Le dénouement ne sera pas tempétueux comme on aurait pu s’y attendre mais se fait brusques comme si le groupe avait choisi de nous laisser sur notre faim.

C’est une marque d’intelligence que de voir des musiciens capables de ne pas entrer dans les clichés et de ne pas tout donner comme on l’aurait souhaité. Au contraire, Myrrors réussissent à nous faire saliver et nous amener à réécouter leur disque.

Arena Nera est un album fantastique qui ajoute à l’aridité originale cette sensation de voir les aigles voler au-dessus de la Sierra Nevada ; telle la nature de l’atmosphère ainsi évoquée céleste et d’un élévation qui ne s’éloigne jamais de ses racines organiques et psycéhdéliques.

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21 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Fractal Mirror: « Gardens of Ghosts »

Fractal Mirror est un groupe à la fois art rock et dream prog d’Amsterdam. Garden of Ghosts est leur deuxième opus après un Strange Attractions sorti en 2013. Le rock progressif semble sortir d’un assez long exil, du moins en termes de visibilité, et notre combo batave donne l’impression de l’utiliser à bon escient en cultivant une poésie élégante à la Psychedelic Furs et des structures complexes étayées par une interprétation sans failles. Le batteur Frank Urbaniak rappellera Neil Pert de Rush, les vocaux soyeux de Leo Koperraat mêleront Richard Butler et Greg Lake et son jeu de clavier partagera le même culte de l’emphase que Keith Emerson.

Garden of Ghosts est un album fait par des gens qui adorent composer et jouer pour l’amour et l’excitation que faire de la musique procure. Ce disque n’est pas pour autant un LP strictement progressive rock ; on y trouve une pop artistiquement construite souvent mélancolique mais toujours mélodique et parfaitement exécutée.

 

« House of Wishes » débute d’ailleurs le disque sous des tonalités harmonieuses avec un entrelacs de guitare et de claviers qui prennent soin de ne pas se lancer dans des solos ultra rapides. Garden of Ghosts est un disque basé sur la notion de chansons même si ce qu’on entend est d’une technicité extrême, avec des vocaux de tout premier plan et ces atmosphères mi-épiques propres au prog rock. Ce qui surnage c’est la constance des mélodies et un talent à en composer qui les rend immédiates et addictives (« The Phoenix »).

Ceux qui attendent des solos interminables et à vous couper le souffle devront se contenter de climats sombres et concis tels que Bowie savait si bien les cultiver à la fin des 90’s, de mélodies flottantes aux claviers, synthés, slide et mellotron délivrant un son luxuriant comme sur « Lost in Clouds » ou du joyau harmonique qu’est « The Hive ».

Il faudra, en conséquence, souligner cet album qui semble inépuisable en termes de pépites (« Orbital View », « Event Horizon ») et se satisfaire de constater que jamais le prog rock n’a été si proche de se fondre à la new wave arty.

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21 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire