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Marc Almond: « The Velvet Trail »

C’est le songwriter et producteur Chris Braide (Lanal del Rey, David Guetta, Beyoncé eou Brtiney Spears) qui a sollicité l’ancien chanteur de Soft Cell pour qu’il réalise « the ultimate Marc Almond album ». Tout le monde a une opinion sur ce dernier et chacun sait que, pour lui, chaque album représente une création finale. Il a toujours été aux limites de ses émotions, parfois même au-delà ; entre ce mélodrame et cette subversion si propres aux personnages romantiques.

The Velvet Trail n’est pas éloigné de cette problématique : des instances où est abordée une sexualité transgressive d’une part (« Bad To Me ») et tout ce qui a trait au mélodrame sera présenté en trois « actes » chacun annoncé par un court passage instrumental. Pour amalgamer les deux on trouvera un écho de cette période où décadence et mal-être cohabitaient avec un provocant « Life in My Own Way » et son atmosphère cabaret des années 30. « Minotaur » sera un « torch song » mélodramatique revisitant le mythe déjà exploré par Jean Cocteau dans ses dessins de la même manière qu’il s’était approprié le Querelle de Jean Genet.

Mais ce disque est également où Almond canalise sa sensibilité commerciale sans, toutefois, compromettre sa vision du monde assez unique. The Velvet Trail sera donc également un album pop avec des gros chorus et des mélodies immédiates. Cela donne des moments où sa voix se fait chaude et accueillante comme sur « The Pain Of Never » et où il sonne même comme si la joie s’était emparée de lui dans ce duo anthémqiue avec Beth Ditto de Gossip, « When the Comet Comes ». et on trouvera même une synth-pop enlevée façon Phil Spector sur « Demon Lover ».

Bref, comme à l’habitude, Almond se montre vulnérable et excessif mais l’honnêteté qui le caractérise n’a que faire de tous ses avatars ; de la provocation naît une fois de plus la sincérité et par conséquent la fascination.

***1/2

20 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Laura Welsh: « Soft Control »

Avec l’utilisation de sa composition « Undiscovered » dans la bande son de 50 Nuances de Gris on aurait pus s’attendre à ce que Welsh évoque ce que c’est que d’appartenir à quelque chose de contrôlé, de ferme et de discipliné. Ce « debut album » est pourtant un ensemble assez subtil, mûr et pétri de délicatesse. Nous sommes dans un territoire familier, celui de la soul-pop mais les talents vocaux de Welsh, la maîtrise dramatique de sa narration musicale et la qualité de ses textes fait de Soft Control un opus bien au-dessus d’une telle catégorie.

Le titre du disque semble indiquer en partie, une manière d’envisager les relations mais cela indique également l’habileté de la chanteuse à mettre en forme ses phrases musicales ce qui s’avère être sans aucun doute le trait essentiel de l’album. Sur la chanson titre qui est également la première plage, sa voix se craquèle, geint et frissonne avant de détonner dans un registre si puissant qu’il pourrait se répercuter dans tous les recoins d’une salle de concert en une évocation de ce que peut être la douleur d’une relation qui se meurt.

C’est un choix courageux d’en faire la chanson titre car elle nécessite qu’on soit particulièrement attentif au texte pour saisir un message qui pourrait être perdu tant la vois de Welsh est véloce. On trouvera les mêmes effets vocaux sur « Breathe Me In » où elle apporte une dramaturgie électrifiante alors que, à l’autre versant, la confession electro-pop d’un « Still Life » couturé de désir et « Hollow Drum » véhiculeront un climat de deuil à la rythmique hypnotisante.

On trouve également des titres plus appuyés ; « Break The Fall » affiche un chorus explosif pour une ballade dont on peut déplorer qu’il occulte les facettes plus nuancées que la chanteuse a à nous offrir et on pourra, en revanche, apprécier la participation de John Legend qui apparaît comme invité sur « Hardest Part ». Sa voix tremblante s’harmonise à celle, plus ondoyante, de Welsh.

D’une façon générale Soft Control, sans bouleverser le genre, aura eu le mérite d’établir des fondations solides ; c’est un disque chic et plein de soul, il ne lui manque plus qu’un peu plus de tranchant.

***1/2

20 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Errors: « Lease of Life »

Le nouveau Errors est apparu en 2012 quand le combo de Glasgow passa de cinq membres à trois. L’évolution se marqua dès cette date avec des disques plus electro et club et la sortie de Lease of Life qui voit le groupe, signé dès le début sur le label de Mogwai Rock Action, continue de se baser sur cette esthétique de plus en plus assurée ne serait-ce que parce qu’elle ne craint pas de se référencer au passé pour aller vers de nouvelles directions.

L’« opener », « Colossal Estates », se montre ainsi plein de résolution avec un rythme apathique qui va se transformer en marche stridente couturée de vocaux féminins hachés. Les trois musiciens se sont entourés de Cecilia Stamp et ‘Beck Olivia (Magic Eye) pour assurer les voix et leurs contributions rehaussent le climat de l’album. On pourra noter les effets à la Stereolab sur la symphonie electro « Dull Care » ou sur un mastoc « Putman Caraibe » irrésistible dans son emploi de synthés datés 80’s qui valide la décision d’amener ces nouvelles voix pour adoucir le moule aiguisé de la techno.

Dès le chanson titre, ce deuxième morceau vous aura séduit avec ses beats fureteurs et en boucle rappelant Underwold en mode moins macho grâce en particulier à l’intervention d’un chant masculin en falsetto. « Slow Rotor » véhiculera, lui, un climat « ambient » tout comme un « Early Niights » sur un mode plus narcotique

Sur « Genuflection » on trouvera des bribes de « chill-out  acid house » et « Through the Knowledge of Those Who Observe Us » nous présentera une addition de toutes les facettes de l’electronica allant de Kfaftwerk et Trangerine Dream à la Techno de Detroit. Le fait que le morceau soit accompagné d’un choeur de 20 personnes transcende ce que l’on rencontre d’habitude sur le « dance floor » et s’avère un signe de la faculté qu’a Errors à nous faire écouter une musique connotée avec l’esprit ouvert. S’il est une seule chose que Lease of Life, c’est cet effort de notre part nous permettant de saisir ce qui, sous des rythme cinétiques, est l’émanation de coeurs foncièrement humains.

***1/2

20 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Courtney Barnett: « Sometimes I Sit And Think and Sometimes I Just Sit « 

Courtney Barnett est une chanteuse basée à Melbourne dont la musique présente une façade dure et désabusée qui la tient éloignée du « mainstream » et son étiquette de vocaliste au répertoire routinier et souriant.

Sometimes I Sit And Think and Sometimes I Just Sit est son premier album et il met en évidence les talents éclectiques de la compositrice. Depuis plusieurs mois elle est son, groupe sont constamment en tournées (Australie, Europe, USA) ce qui peut expliquer les textes de « An Illustration of Loneliness (Sleepless in NY) » ou de cette autre narration qui semble se lire comme un roman, « Elveator Operator ». C’est un titre qui traite de la façon dont nos cerveaux fonctionnent, différemment mais avec des similtudes, une réflexion accentuée par une guitare à la fois « clean » et en surmultipliée donnant élan aux contradictions de la composition.

« Pdestrian At Best » a été choisi comme « single », le son de guitare grungy n’y est pas de ces plus original mais le morceau est rattrapé par un phrasé vocal à la Dylan propre à bous faire oublier le côté répétitif du morceau. « Pedestrian » en Anglais signifie « prosaïque », cet intitulé n’a peut-être pas été mal choisi.

La diction de Barnett est assez fluide mais sèche et sarcastique , ses textes sont le reflet des contradictions et de la confusion dans lesquelles elle se débat ce qui s’harmonise assez bien aux tonalités de sa voix ; on pourra leur reconnaître cette honnêteté née de le la perturbation ce qui, quelque part, ajoute véracité à ses chansons.

Musicalement on aura droit à des ferments de blues sur un « Small Ppppies » pastoral, à des bouffées d’optimisme sur un « Depreston » enlevé ou à un effet Southern country rock désertique avec la slide guitar de « Dead Fox ». Barnett s’y montre consciente de notre environnement tout comme de la condition humaine qui s’efforce à l’inverse de façonner la nature pour purger un monde qu’elle a fabriqué.

Sometimes I Sit And Think and Sometimes I Just Sit est le « debut album » par excellence. Il est à la fois éthéré et intense ; il nous propose ainsi un visite agréablement interprétée des contradictions de nos âmes. On pourra les retenir ou alors se laisser entraîner par les nuances de sa musique.

***

20 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Laura Marling: « Short Movies »

On peut difficilement croire que Laura Marling n’a que 25 ans et ceci pour plusiers raisons. Short Movie est en effet son cinquième album, sa façon de chanter a acquis maturité et assurance depuis ses débuts à 16 ans mais elle a surtout réussi à faire en sorte que ses enregistrements et sa persona évoluent au travers de ces nombreuses manifestations. Si Marling a été précoce, elle a constamment raffiné son art et redécouverts de nouvelles manière de se mettre à nu et de montrer les dents.

En 2013, le résultat en a été Once I Was An Eagle, un « breakup album » ambitieux de 63 minutes à la beauté elliptique et aux arrangement acoustiques complexes qui n’empêchait pas au disque de véhiculer une atmosphère aussi lourde que celles de groupes jouant 20 fois plus fort.

C’était une oeuvre difficile à égaler, que ce soit par sa qualité et son envergure (elle a d’ailleurs supprimé de nombreuses suites) et la chanteuse a finalement opté pour le choix d’une direction aux antipodes de Once I Was An Eagle. Short Movie secoue l’engourdissement de ses arrangements acoustiques par un influx de sons électriques ce qui, ce faisant, lui donne un arsenal plus vaste pour mettre en scène son registre fait de menace, de colère rentrée et de ruminations.

Tout au long de ces treize compositions, Marling se confronte à l’agression mais elle le fait de manière modérée même quand ses phrases sont acérées et trempées dans du poison. Il ne faut pas pour autant négliger l’intensité qu’elle met dans ses titres comme sur un « Strange » unplugged et dans lequel elle présente les deux points de vue et les myriades d’émotions nées d’une relation adultère avec ironie, fierté indignée, un soupçon d’empathie et, au bout du compte, un coeur labouré par la douleur.

D’une façon générale, Marling donne à ses morceaux plus d’espace et un relâchement qui ne devient pas pour autant du laisser-faire. La londonienne s’est récemment installée à Los Angeles après une période de huit ans particulièrement erratique aussi Short Movie est le résultat de sa première installation fixe depuis son adolescence. Si elle a ralenti son existence, elle n’en a pas pour autant perdu son goût de l’exploration artistique. Short Movie est la preuve que sa musique ne se repose jamais.

***1/2

20 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire