Seth Avett & Jessica Lea Mayfield:  » Seth Avett & Jessica Lea Mayfield Sing Elliott Smith »

Un nouvel album de reprises de Ellioth Smith pourrait-on dire. On pourrait également se demander à qui il conviendrait d’explorer un catalogue dont toute le matériel est disponible en version originale. À l’inverse de Jeff Buckley, un autre de ces artistes qui est devenu un artiste culte après sa mort, la caractéristique de Smith était de pouvoir véhiculer des vérités universelles sur la solitude, les tourments amoureux ou la beauté en l’espace de quelques lignes. Ce que Buckley réalisait avec sa voix, Smith le faisait avec des mots et c’est sans doute pour cela qu’il est un excellent candidat pour que d’autres artistes le reprennent.

Seth Avett (the Avett Brothers) et Jessica Lea Mayfield sont amis, et il leur a fallu trois ans pour enregistrer ce disque. Cela s’est fait chacun chez soi, dans des chambres d’hôtels, lors de tournées, à chaque moment libre et cela explique que le mot clef ici est le terme « passion ».Ils ont donc réuni 12 compositions de Smith avec une ferveur folk semblable à celle qui a permis de créer le monstre de Frankenstein.

« Angel in the Sow » de l’album posthume de Smith installe un rythme confortable avec la voix de Avett s’essayant à épouser celle, traînante et comme imprégnée de whisky, de Mayfield. Le tempo y est parfait tout comme avec les textes brutaux qui encadrent « Fond Farewell » et qui en font un très beau panégyrique sentimental.

« Between the Bars » nous rappellera le film Will Hunting que Smith a illustré mais le poids de la dépression de Smith s’y trouve ici levé. La touche apportée par Avett et Mayfield est douce et l’élégance de la composition parvient à contourner la drogue, le mal-être et ces récits horribles comme des rapport d’autopsie qui ont la part belle dans le catalogue de Smith.

Ce disque transfigure l’univers du compositeur et s’écoute presque comme une berceuse ; minimaliste aussi bien au niveau de l’instrumentation que des harmonies fragiles des deux chanteurs, il permet de rendre hommage à un artiste trop tôt disparu sans grandiloquence et avec une économie de mayens qui lui fait honneur.

***1/2

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