Tobias Jesso Jr: « Goon »

Tout le monde, ou presque, aime les chansons tristes car elles en disent beaucoup sur la condition humaine. Les peines d’amour, la mélancolie, le manque, le désir qu’on ne maîtrise pas, la déception, la frustration : qui n’a jamais éprouvé ces émotions et qui n’a jamais souhaité écouter celles des autres juste pur voir à quel point elles se rapprochent des nôtres ?

Ce sont ces moments où la vie est à son plus brut que certains titres sont révélateurs et, sur son « debut album », Tobias Jesso Jr semble déjà les avoir éprouvées tant le gène de la tristesse y est incrusté. Originaire de Vancouver, Jesso a passé de nombreuses années à essayer de percer dans la scène musicale locale. Il a joué dans des groupes rock, composés des morceaux pop pour des apprenties stars qui ne le devinrent jamais et, après une rupture douloureuse, un accident de moto et l’annonce que sa mère avait un cancer, il décidé qu’il était temps pour lui d’évoluer vers autre chose.

Pour lui, cela signifiait dresser un tableau de lui-même et de mettre son coeur et son âme dans ses compositions, les interpréter de manière passionnée dans l’espoir d’être entendu. Goon en est le résultat et, à l’écoute, on peut se demander pourquoi il lui a fallu tant de temps pour y parvenir.

La production y est attentive, on pourrait presque dire « amoureuse » et, excusez du peu,assurée par Chet “JR” White (Girls), Patrick Carney (Black Keys), John Collins (New Pornographers) et Ariel Rechtshaid (Vampire Weekend et Madonna).

Jesso ne croule jamais en-dessous de ce « line-up » et c’est lui qui se charge du grros du travail. Le style est très simple, avec un jeu de piano et une voix volontairement en sourdine et des textes pourvoyant à l’essentiel, que ce soit les embellissements ou les rares feux d’artifice.

On notera, à cet égard, un « Hollywood » flamboyant et torride, racontant l’histoire d’un rêveur ébloui par les lumières de la ville mais aussi un « HowCan You Babe » qui incite aux câlins, le languissant « Just A Dream » ou l’émouvant « Can’t Stop Thinking About You ».

Goon réponde de manière éclatante et triomphale à cette question qui nous agite et qui prouve en quoi la romance peut se révéler puissante et fédératrice.

***1/2

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