Rapid Talk: Interview de Purity Ring.

Bien des choses ont changé dans le monde de Purity Ring, comme le précise Megan James, « avec ce nouvel album, c’était comme si nous créions un nouveau groupe. » Il s’est en effet passé trois ans depuis leur premier disque, Shrines, et le duo d’Edmonton (James et Corin Roddick) nous y avait faite entrevoir leur univers, un paradis balayé par le vents comprenant des mélodies magiques et vives une production sinueuse que certains nommaient le son du futur. Pourtant, après ces quelques moments, le duo décida de quitter cette approche, ranger ses synthés et de retourner dans leurs cosmos canadien.

Sur Another Eternity, ils sont de retour pour une nouvelle odyssée galactique avec ce même charisme, celui qui privilégie une pensée allant toujours de l’avant. James semble, à cet égard, une personne un peu « space » : « Je crois que nous écrivons assez lentement mais pourquoi pas ? », ses yeux s’éclairent, « C’est comme si on se disait attaquins et voyons ce qui se produit ! »

Ça n’est qu’après que les deux artistes se soient rencontrés à Edmonton, soient sortis diplômés du lycée et qu’ils aient chacun déménagé à deux points opposés du pays qu’ils commencèrent à penser à Purity Ring. Conséquemment, leur premier opus fut essentiellement construit à partir d’échanges d’e-mails : « Shrines, ça a été les deux d’entre nous travaillant chacun de leurs côtés puis catapultant nos trucs les uns contre les autres. »

Another Eternity a vu les conditions changer. Après un break de 18 mois où ils n’ont rien écrit, les duo commença à expérimenter face à face, Roddick prenant l’avion pour Edmonton. « Cela n’a pas fonctionné toute de suite, précise James, il nous a fallu pas al de temps pour apprendre à collaborer ensemble. Je suppose que c’est ce produit quand vous formez un groupe mais c’était vraiment du « songwriting » par opposition à superposer une plage vocale sur un « beat » choisi au hasard. L’idée était de donner à chaque élément d’une composition assez d’espace pour qu’il puisse être mis en valeur, c’était le gros challenge. »

Ce travail en commun a apporté une nouvelle intimité évidente tout au long de Another Eternity. On y découvres des passages « fun » et même frivoles, une liberté qui n’était pas nécessairement apparente sur Shrines. Cela donne plus d’impétuosité à l’album, James se montre plus festive avec une voix plus assurée et des textes plus personnels qu’avant : « Cet album est semblable au précédent, une phase de ma vie résumée sur un disque. Les textes viennent du même endroit mais nous avons beaucoup changé. Nous étions vraiment jeunes à l’époque de Shrines, ça ne veut pas dire que nous sommes âgés aujourd’hui mais il y a beaucoup de choses qui se passent en vous tout au long de vos 20 ans. C’était également notre première tentative à gérer la production. Le premier « single » a été la première composition sur laquelle nous avons véritablement travaillé. Sur le premier album, nous apprenions ; ici nous avons eu assez de temps pour être avoir confiance en nous, produire. On sentait que c’était quelque chose qu’on pouvait faire et je crois que cela a beaucoup affecté notre son. »

Celui-ci n’avait pas réellement besoin de changer car pour beaucoup il représentait quelque chose qui profilait la direction que la musique allait prendre. Comment se sentir alors quand on est soumis à une attente de cette nature ? « On essaie juste de trouver d’autre moyens d’utiliser tous ces éléments. Notre but n’a pas changé ; faire de la pop-music futuriste penché et pensé vers l’avant. Shrines l’était en 2012, aujourd’hui notre objectif n’a pas varié. »

Ce futurisme se traduit également dans leurs visuels, enfantins et fantastiques et des motifs approximatifs conçus par James : « un groupe c’est comme une marque, confirme-t-elle, c’est ainsi que les gens écoutent la musique aujourd’hui, comme un flux. Vous ne sortez plus un disque de sa pochette, regardez les images puis le mettez sur la platine. Vous le regardez en même temps. Björk a même fait une application pur ça, Biophilia. Elle est toujours en avance. C’est ce qui est formidable chez elle mais les gens ne sont jamais prêts pour pouvoir la suivre. »

On n’est pas surpris que James soit fan de cette dernière si on considère les similarités dans leurs musiques. James évoque ouvertement l’importance d’avoir des figures féminines fortes et se considère comme une féministe : « Je le suis à 100 %, il fait que je le sois sinon je perdrais une grande partie de moi-même, soupire-t-elle délicatement, l’environnement dans lequel on vit aujourd’hui n’incline pas à la sensibilité mais je continue à croire que ça peut évoluer. » Est-ce qu’elle veut servir d’inspiration à d’autres alors ? « Ça n’est pas mon intention au départ. Mais je ne peux pas croire que, quand j’écris quelque chose de très intime et que je ressens profondément, cela ne suscitera pas un écho. En revanche, je ne pense pas que ma musique soit destinée aux femmes, n’importe qui doit pouvoir s’y identifier. »

Comment s’annocent alors les prochains mois ? « Il faut qu’on continue à écrire, insiste-t-elle, il ne fait pas faire comme après Shrines où on n’a rien composé pendant un an. C’est le seul moyen de garder cette confiance que seul le processus d’écriture nous apporte. »

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