Dick Diver: « Melbourne Florida »

On pourrait se tromper sur le sens à donner à Melbourne Forida si on n’avait pas cosncience que Dick Diver, le groupe, était aussi le nom d’un des personnages principaux de Tendre Est la Nuit, le roman de Francis Scott Fitzgerald.

Si on examine la pochette en noir et blanc et qu’on voit les membres du combo regarder devant eux avec une pause détachée un peu intello qui dément le contenu musical de l’album, on comprendra que , plutôt que de se monter, ouvertement littéraires ou volontairement ésotérique, ils ont choisi d’articuler leur message sur les tonalités d’une indie-pop inspirée des Go-Betweens ou Yo La Tengo.

On a droit donc à une jeu entre accessibilité et distance accentué par le fait que leur opus précédent, Calendar Days, a été nominé par le public qui votait aux Music Victoria Awards d’Australie. Mais il n’y a pas que cette proximité qui qui rend Dick Diver attractif ; ils sont capables de façonner des ravissantes ballades pop (« Blue Tim ») tout autant qu’une musique plus enlevée aux guitares tintantes comme sur « Waste the Alphabet ».

Ils sont également capables d’aller au-delà du ghetto pop et d’affronter des territoires plus nuancés au moyen d’arrangements de cuivres, de synthés ou de steel guitar. Le résultat est une palette plus large et un son indie-pop plus mâture. Ils parviennent également à ne pas sombrer dans la mièvrerie par la façon qu’ils ont de distiller sophistication et complexité pour éviter de verser dans la simplicité et la saccharine.

Étant donné leur lieu d’origine on pourrait les comparer aussi à The Clean , The Bats et The Twerps mais ils s’emploient à transcender ces apparentements et variant les stylisations de leurs compositions comme sur «  Beat Me Up (Talk to a Counselor) » et « Private Number » qui évoqueront The Kinks ou Squeeze.

On aura droit finalement à un album soigné et jamais gratuit où, par exemple, les cuivres sont utilisés pour servir et épouser les morceaux un peu comme dans la musique soul, bref au disque d’un groupe arrivant enfin à s’approprier une identité originale, celle de la pop d’avant-garde.

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3 réflexions sur “Dick Diver: « Melbourne Florida »

  1. Vous avez une belle page, et une excellente critique sur ce groupe australien dont les deux premiers albums tournent toujours chez moi.
    Je pense que c’est la typo utilisée qui rend votre page encore plus belle.
    Je vous le jure, je reviendrai chez vous (là j’ai pas le temps).
    Biz
    frank
    PS : ce qui tourne aussi chez moi c’est le EarthEE des deux filles de THEESatisfaction. Vous en avez causé ??? Ca n’a rien à voir, mais c’est quand même pas mal !!!

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