Rapid Talk: Interview de Tigercats.

Tigercats se sont fait connaître sur la scène indie-pop londonienne il y a environ quatre ans. Les compositions étaient accrocheuses et le groupe faisait preuve d’un enthousiasme qui déteignait sur leur public partout où ils passaient. Il faudra néanmoins attendre trois ans après leur « debut album » Isle of Dogs en 2012 pour que paraisse le « follow up », Mysteries. Celui-ci marque une évolution vers un son plus sophistiqué témoin d’une confiance acquise au fils des ans. Le climat y est intense et sombre ; leur leader Duncan Barrett nous en dit plus sur cette évolution.

Comment se sent-on à la sortie d’un deuxième album ?

Ça a été un disque très difficile à réaliser et je croois que nous avons tous eu une relation difficile avec lui. Maintenant, j’oscille entre fierté et incapacité de l’écouter ; c’est assez bizarre.

Mysteries sonne très différent de l’album précédent ; était-ce une décision consciente ?

Je crois que oui. Quand j’écris, je ne suis pas capable de faire des choix délibérés sur la manière dont je souhaite qu’un morceau doit sonner. Je me laisse entraîner là où il m’emmène et ensuite me fait une opinion sur le fait qu’il sera durable ou pas. Mais une fois le morceau terminé et l’enregistrement commencé, le moment est alors venu de faire ses choix et de les assumer.

Ici la tonalité est moins enjouée que sur Isle of Dogs ; avez-vous des réactions différentes face à ce nouveau matériel ? Et comment avez-vous pu les gérer ?

C’est difficile à juger vu de l’intérieur mais je suppose que c’est exact. Les réactions sont plutôt bonnes jusqu’à présent, en particulier en concert. Je crois que les gens font plus attention à nous mais c’est peut-être mon imagination qui me dicte cela. Je pense que le fait que nous ayons un un hiatus aussi long joue un rôle et que certaines personnes découvrent notre musique avec Mysteries.

Le rôle de Laura Kovic aux vocaux est beaucoup plus important ; était-ce un changement naturel ou avez-vous trouvé que son timbre de voix s’harmonisait plus à un son plus laidback ?

Laura nous a rejoints alors que nous terminions le premier album ; il était donc naturel qu’elle soit plus en avant ici. Ai-je écrit mes compositions pour qu’elle les chante ouavons-nous décidé qu’elle les interpréterait sur le tard ? J’ai du mal à m’en souvenir. Tout ce que je sais est que ces textes prennent un autre sens quand ils sont véhiculés par une voix aussi belle que la sienne. Tout ce que j’ai en mémoire est la réalisation que « Sleeping in the Back Seat » méritait d’être chanté par une voix meilleure que la mienne.

Londres tient une grande place dans vos textes ; cette ville influence-t-elle réellement votre travail ?

Je ne remarque les références que quand elles sont déjà posées dans une composition et, à ce moment-là, je ne vais pas faire machine arrière. Vous savez, prendre toujours les mêmes routes et pouvoir en faire une chanson représente, pour moi, ce qui rend la vie supportable. J’écris la plupart du temps sur Stepney et Limehouse ; ce ne sont pas des endroits « glamour ». our y trouver de la magie, il faut vraiment travailler dur en tant que compositeur.

Vous avez opté pour le fait de jouer d’abord vos nouveaux titres dans des petits clubs…

Oui, c’est là que les gens applaudissent le plus fort. D’où ma préférence. (Rires)

Vous exemplifiez l’indie-pop quelque part ; avez-vous grandi en en écoutant ?

Oui mais pas exclusivement. Je me souviens avoir découvert Belle & Sebastian, The Smiths, Hefner, Tindersticks, The Wedding Present ainsi que plein d’autre groupes. Tous avaient un horizon différent et c’est ce qui m’a permis d’étendre le mien. En outre, chaque découverts apportait uen nouvelle saveur à mon existence, toujours plus vaste que je n’en avais conscience. Quand on a démarré Tigercats, j’en avais vraiment marre du son émis par une guitare en train d’être grattée ; j’essayais donc désespérément d’attaquer l’instrument différemment. Aujourd’hui je suis moins hérissé et j’écoute des tas de choses venues de nouveaux groupes faisant une musique que j’aurais aimé entendre quand j’étais un teenager : Trust Fund, Martha, Joanna Gruesome, Fever Dream, The Drink et Allo Darlin’ qui est sur le même label et dont nous avons emprunté le guitariste.

Vos pochettes sont très soignées : en quoi est-ce important pour vous ?

Comment pourrait-ce ne pas l’être ? C’est le premier contact qu’on a avec un disque et une fois qu’on l’a vue, on ne peut pas dire qu’on ne la voit plus. C’est la raison pour laquelle les gens achètent encore des microsillons, non ?l

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s