Rival Sons: « Great Western Walkyrie »

Il y a une notion populaire qui veut que le « classic rock » soit défini par les Beatles, Les Stones, Pink Floyd, Led Zeppelin ou autres artistes des années 60 et 70. Ce sont des groupes phares et même légendaires représentatifs d’un sommet atteint par une musique qui, pour beaucoup, n’a fait que s’affadir depuis.

Inutile d’argumenter à ce propos, simplement constater que 40 ans après, les différentes vagues de rock qui se sont succédées n’ont pas changé la donne : jamais Cure ne sera catalogué comme « classic rock » par exemple, et il est curieux de voir que ce qui, à une certaine époque, s’apparentait à une période de temps bien précise, a évolué pour devenir un genre.

Rival Sons ne se posent certainement pas le problème de cette filiation et il ne s’encombrent pas d’instruments de l’époque pour ressusciter l’esprit du temps jadis. Ils n’ont nul besoin, à cet égard, d’effets studio, de chorus à la mords-moi le nœud et demeurent insensibles à l’idée d’un succès « mainstream ».

Ils nous présentent ici et sans s’en cacher un quatrième opus, Great Western Valkyrie, influencé par les racines de la musique rock, les 60’s et 70’s, plus encore que leurs trois précédents albums ont pu le faire. Ils ne se soucient pas de sonner « comme l’original » et ils sont suffisamment provocateurs pour accepter la critique car ils se situent bien au-dessus des obstacles que les critiques pourraient leur faire.

Il y a, ici, sans doute des simlilitudes de tonalités avec leurs disques d’antan, « Electric Man » et « Keep On Swinging » par exemple, mais la voix de Jay Buchanan est si engageante qu’on ne peut que s’en remettre à elle. « Good Luck » suivra d’ailleurs pour enfoncer le clou et bien nous indiquer ce à quoi on a à faire. Les parties mélodiques et les claviers y jouent un rôle caractéristique, un rôle qui manquait avant et qui est capable de les propulser vers un autre registre : mélodique, discret et accrocheur. C’est ce qu’on remarque sur le bluesy « Good Things », l’électrifiant « Secret » et la ballade sudiste « Where I’ve Been ».

Côté instrumentation la cohésion est, cette fois, de mise. Rivals Sons cherchent la précision et non la complexité et Scott Holiday parvient à gérer ses riffs de manière habile et captivante (le merveilleux « closer qu’est un « Destination On Course » appuyée par la voix pleine de soul de Buchanan). Le disque ne manquera d’ailleurs pas de moments phares et surtout de manières de mettre en valeur chaque instrument ; la batterie de Mike Miley sur « Play The Fool » et les lignes de basses de Dave Beste avec « Belle Starr ».

On peut faire la fine bouche et déplorer que l’attaque à la batterie de « Open My Eyes » ressemble à celle de « Kashmir » ou que la voix sur « Secret » tend vers celle de Robert Plant. E, effet ; mais on peut également rajouter : « Et alors ? »

En dépit de ces « emprunts », Great Western Valkyrie n’est certes pas wagnérien mais s’avère parfaitement exécuté. Il possède du groove et du coeur, suffisamment en tous cas pour, « classic rock », « vintage rock » ou pas, nul ne puisse oser dire que le rock and roll est mort.

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