Evans The Death: « Expect Delays »

Le deuxième album de Evans The Death commence pratiquement là où le premier, éponyme, s’était arrêté, « You’re Joking », un « closer » mélancolique qui semble avoir agi comme prédécesseur aux 30 premières secondes de l’introduction de Expect Delays, « Intrisic Grey ».

Après ce passage les guitares et la batterie entre en jeu et les vocaux de Katherine Whitaker se font moins délicats et se transforment en un hurlement de colère de la plus belle sorte. Quand elle vitupère sur le fait que rien n’est jamais suffisant on est amené à se demander si sa hargne est dirigée contre la société ou contre elle-même.

Si on compare ce disque à leur premier le groupe s’être encore plus aiguisé. Des titres comme « Terrified », avec ses habiles reprises aux claviers et sa basse funky, ou l’impétueux « Clean Up » paraissent policés mais ils ne sonnent pas pour autant plus joyeux. « Idiot Button » et cette déclaration douloureusement réaliste de type « I can’t explain the gap in my employment history » résonnera certainement aux oreilles de tous ces diplômés en quête d’un emploi stable, signe que, tout l’album étant de cette nature, n’importe qui pourra s’y identifier.

La cadence de Expect Delays demeure assez plaisante (« Bad Year », par exemple, est relativement réjouissant si on considère son titre) et, s’il est question de retard à attendre dans la dénomination de l’album, il s’agit vraisemblablement du temps qu’il faudra pour s’ajuster au disque. Ce n’est pas pochette en aquarelles de teintes pastel qui nous aidera à décrypter ce à quoi on est censé s’attendre ni la chanson titre ; il restera peut-être l’utilisation de « samples » de télévision et quelques excellents riffs de guitare pour nous indiquer vers quoi le groupe évolue sur ce deuxième album : des belles petites touches pour humaniser les diatribes.

Il faudra également avec le « single », le chant funèbre grungy qu’est « Don’t Laugh At My Angry Face » qui vient curieusement assez tard dans le « tracklisting » ou le plus calme « Don’t Beat Yourself Up » se terminant sur ce conseil de Whitaker : « Give yourself a chance », un avis qu’on peut adresser également au combo dans son ensemble.

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