Adrian Crowley: « Some Blue Morning »

Some Blue Morning, le septième album de Adrian Crowley, nous fait retrouver un des héros méconnus de la scène folk contemporaine, son œil aiguisé et l’agencement méticuleux qu’il apporte au son qui est le sien, renouvelé et unique mais restant toujours en accord avec lui-même.

Ici, avec son vieil ami et producteur Steve Shannon, de nouvelles instrumentations sont ajoutées et le résultat qu’elles donnent forme une addition notable à un catalogue déjà impressionnant.

La chanson titre ouvre l’album, accompagnée par un violoncelle urgent, ponctuée par les drones d’un harmonium et des guitares dont le traitement sera spectral. Les backing vocals hantés de Katie Kim enveloppent la voix chaude de Crowlay tout au long d’une composition modulée en accords mineurs et majeurs. L’ambiance cinématographique se poursuivra en mode écran large avec « Hungry Grass » avec la passion véhiculée par les voix entremêlées de Crowley et Kim se conjuguant en une étreinte synchrone.

Suivront ensuite superstition traditionnelle au répertoire folk nourri de légendes, un « The Magpie Song » qui semble né d’un autre monde avec son violon et son dulcimer, rêverie romantique sur l’intime « The Stranger », sarcasme dans « Trouble » ou délicatesse raffinée avec la clarinette qui soutient « The Gift » et introduit lyrisme sur « The Angel ».

Tous ces récits sont emprunts de chaleur mais aussi nourris d’émotions extrêmes héritées des mythes souvent celtiques comme sur le troublé et troublant « The Wild Boar » ou le schéma de l’amour démesuré qui habite violon et viole de « The Hatchet Song ».

Quand le disque se conclura sur un « Golden Palominoes » qui tiendra lieu de regard rétrospectif sur le mouyvement du passé et de la vie, il sera alors comme un point d’orgue à un album qui sera l’accompagnement idéal pour ces jours où le soleil se fait rare et se couche de plus en plus tôt, ces moments où Some Blue Morning nous fait attendre le meilleur en nous réconfortant de sa chaleur et de son intimité, jamais rassurantes mais vectrices d’apaisement au travers des tourmentes.

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