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Tant qu'il y aura du Rock!

Adrian Crowley: « Some Blue Morning »

Some Blue Morning, le septième album de Adrian Crowley, nous fait retrouver un des héros méconnus de la scène folk contemporaine, son œil aiguisé et l’agencement méticuleux qu’il apporte au son qui est le sien, renouvelé et unique mais restant toujours en accord avec lui-même.

Ici, avec son vieil ami et producteur Steve Shannon, de nouvelles instrumentations sont ajoutées et le résultat qu’elles donnent forme une addition notable à un catalogue déjà impressionnant.

La chanson titre ouvre l’album, accompagnée par un violoncelle urgent, ponctuée par les drones d’un harmonium et des guitares dont le traitement sera spectral. Les backing vocals hantés de Katie Kim enveloppent la voix chaude de Crowlay tout au long d’une composition modulée en accords mineurs et majeurs. L’ambiance cinématographique se poursuivra en mode écran large avec « Hungry Grass » avec la passion véhiculée par les voix entremêlées de Crowley et Kim se conjuguant en une étreinte synchrone.

Suivront ensuite superstition traditionnelle au répertoire folk nourri de légendes, un « The Magpie Song » qui semble né d’un autre monde avec son violon et son dulcimer, rêverie romantique sur l’intime « The Stranger », sarcasme dans « Trouble » ou délicatesse raffinée avec la clarinette qui soutient « The Gift » et introduit lyrisme sur « The Angel ».

Tous ces récits sont emprunts de chaleur mais aussi nourris d’émotions extrêmes héritées des mythes souvent celtiques comme sur le troublé et troublant « The Wild Boar » ou le schéma de l’amour démesuré qui habite violon et viole de « The Hatchet Song ».

Quand le disque se conclura sur un « Golden Palominoes » qui tiendra lieu de regard rétrospectif sur le mouyvement du passé et de la vie, il sera alors comme un point d’orgue à un album qui sera l’accompagnement idéal pour ces jours où le soleil se fait rare et se couche de plus en plus tôt, ces moments où Some Blue Morning nous fait attendre le meilleur en nous réconfortant de sa chaleur et de son intimité, jamais rassurantes mais vectrices d’apaisement au travers des tourmentes.

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7 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Interview de John Carpenter: Mémoires en Sons et Images.

MÉMOIRES EN SONS ET IMAGES

John Carpenter est un artiste culte ; tout autant comme réalisateur de films que comme leur illustrateur en matière de musiques. Il ressurgit de temps en temps alors qu’on le croyait disparu et, à 67 ans, la sortie de Lost Themes son premier véritable album depuis longtemps ne peut que représenter un évènement dont il se fallait de discuter avec son auteur.

Le titre de l’album fait-il référence à des musiques ou des thèmes que vous n’avez jamais utilisés et qui ne verront jamais la lumière du jour hormis sur le disque ?

Lost Themes fait référence à la notion que la musique sur cet album a pour but d’être la bande-son de fimls qui se dérouleraient dans votre tête.

Est-ce que c’était libérateur d’un point de vue créatif de ne pas avoir un projet qui lui était lié ? Et avez-vous eu, par la suite, l’idée de le faire ?

Non, tout a été improvisé. Mon fils et moi jouions sur des jeux vidéo pendant deux heures ensuite on descendait en bas et ont jouait pendant quelques heures sur mon équipement Logic Pro Music. Ensuite on remontait pour la vidéo et on redescendait pour faire de la musique. On a fini par en avoir 60 minutes et c’était comme un « sampler », des petits fragments et des passages de musique dramatique qui étaient censés susciter des images dans la tête. Ça pouvait être une rue vide à minuit, un paysage désolé, des tas de choses et, comme j’avais une nouvelle avocate, je le lui ai envoyé et, deux mois plus tard j’avais un contrat discographique.

Aviez-vous des demos de films précédents sur lesquelles vous avez travaillé ?

Non, tout y est nouveau et s’est manifesté comme un vol au-dessus de nous.

Sur « Vortex », il y a des éléments menaçants qui rappellent Assaut, en particulier la basse.

Ça a démarré sur un riff de piano de style boum boum ba boum. Je n’avais que cela et tout s’est construit à partir de lui.

Votre matière de composer est-elle restée la même au point de vue structurel qu’il y a 30 ou 40 ans ?

La plupart de mes trucs sont conduits par des riffs, un son ou une progression d’accords. Mon fils m’apportait parfois une esquisse sur laquelle il travaillait chose que je lui demandais pour qu’il participe à l’album. Sur les choses les plus récentes il enseignait l’Anglais au Japon aussi il me faisait tout parvenir par ordinateur et je m’occupais du montage.

Par rapport à ce que vous disiez de Lost Themes comme étant la bande-son d’un film intérieur, vous avez également déclaré que vous aimeriez inspirer d’autres réalisateurs. Est-ce à prendre au sens littéral ?

Tant qu’ils me paient, certainement. (Rires). J’adorerais même.

Est-ce que ce disque a déclenché une nouvelle envie de redevenir compositeur ?

C‘était la situation idéale ; je n’ai pas le stress et la pression de l’industrie du film. C’est vrai que mon premier amour sera le cinéma mais, ici, la seule question que je me pose est : « Est-ce que ça sonne bien à mes oreilles ? » C’est un processus créatif pur et dans lequel je n’ai à me soucier de rien d’autre.

Vous avez également fait partie de groupes de rock…

Oui quatre ou cinq. Ça a changé maintenant. Ma musique s’est développée au fil des années, elle a mûri mais conserve toujours ses mêmes bases. Comme je l’ai dit, tout part d’un riff, d’accords en progression, de sonorités. Mais mon goût a évolué avec l’âge, c’est ce qui arrive à partir d’un moment.

On entende pas mal de rock and roll sur ce disque. « Obsidian » est assez pop-rock, « Mystery » fait penser à du Rick Wakeman sous amphétamines et « Night » ne sonnerait pas comme un intrus sur un album de Daft Punk. Cela donne une impression qu’il est prêt à être joué sur scène.

J’adorerais interpréter ça en concert. Donnez-moi un milliard de dollars et je pourrais le faire ou venir à votre mariage. (Rires) Sérieusement ce serait fun de pouvoir monter sur scène ; je pense d’ailleurs faire bientôt un show avec mon fils et Daniel Davies qui est mon filleul. Je pourrais interpréter des vieilles compositions et ces nouvelles. Je veux juste jouer et ne pas me soucier de récolter de l’argent. Quand tout devient du business, ça craint. Vous savez je veux simplement profiter de mon âge, regarder le sport à la télé, jouer aux jeux vidéos et faire de la musique.

De quels disques ne vous êtes-vous jamais lassé ?

Les Beatles, tous les Beatles. Quelques Stones aussi. Je suis dans ma soixantaine et c’est là que j’étais à l’époque. J’adore aussi The Doors ; c’est là que demeure mon coeur.

Et aujourd’hui ?

Pas nécessairement des disques. L’industrie musicale est fragmentée et elle va dans des tas de directions. J’écoute un peu de techno, de musique électronique où je vois, de façon surprenante, qu’on utilise des vieux synthés. Pourquoi aller vers des sonorités si vieilles quand vous en avez de nouvelles tout aussi géniales ? Mais bon, c’est ainsi…

Beaucoup des films d’horreur d’aujourd’hui font référence à vos vielles musiques des années 70 en termes de synthés. Pensez-vous que c’est de la nostalgie et qu’ils devraient essayer de nouvelles approches ?

Je ne sais pas. Chacun a ses propres trucs. Au cinéma, le son est là pour mettre en valeur l’image et l’histoire que le spectateur regarde. Il y a des compositeurs fantastiques pour cela, Hans Zimmer est mon favori, il est incroyablement talentueux.

Que pensez-vous de la démarche très minimaliste de Trent Reznor, des petites touches de piano, une basse en drone ?

C‘est juste pour créer des effets sonores et c’est en ces termes que ça doit être apprécier, ou pas.

Revisitez-vous parfois vos vielles musiques et que pensez-vous des reprises qui ont été faites de La Nuit des Masques par exemple ?

Il faut comprendre que je ne regarde ni n’écoute mes anciennes productions. Je ne veux pas écouter mes bandes-son antérieures car sinon je me dirais : « Qu’est-ce que j’ai bien pu fabriquer là ? » Tout est situé dans le passé désormais.

Qu’en est-il des « deadlines » et du stress que ça engendrait ; est-ce que cela déclenchait un élan créatif ? Et vous rappelez-vous des moments pleins que cela faisait vivre ?

Vous me demandez si j’ai la nostalgie des « deadlines » ! Vous devez-être fou ! (Rires)

Peut-être l’accomplissement en soi.

Oh non ! Le stress dans le movie business est terrible quand il s’agit de boucler un film. Je n’en ai aucune nostalgie car ça m’a coûté beaucoup en matière de bien-être. Il y avait des moments où je faisais un film par an ; ça me tuait.

Quand vous êtes arrivé, encore jeune, avec Dark Star et Assaut, qu’on dit les producteurs quand vous leur avez annoncé que vous vouliez faire vos propres musiques ?

Rien du tout, ils n’avaient pas beaucoup d’argent, je n’étais pas cher et je pouvais travailler vite.

Il y a cette histoire à propos de Halloween.

Oui, je cherchais du travail et, après une projection, ce type m’a dit que mon film ne lui faisait pas peur. Il n’y avait pas de musique à ce moment-là et les conditions de visionnage en étaient modifiées. Il y a quelques années je l’ai croisé et il m’a dit qu’il avait tort, n’est-ce-pas un truc cool ?

Il en est de même pour la bande-son de Halloween 3.

C’est comme ça que vont les choses et je ne peux rien y faire. J’ai réalisé La Chose en 82 et personne n’a aimé, y compris les fans.

Il souffrait peut-être de la sortie de E.T. à la même époque.

Je ne sais pas, il y a tant de raisons à cela. J’en ai entendu à propos de ce film, c’est pourtant un de mes meilleurs ! Les réactions étaient incroyablement défavorables. Qu’est-ce que j’y pouvais ? C’est un film qui traite de la fin de l’humanité, de la fin de tout ; les gens étaient peut-être hostiles parce qu’il n’y avait plus aucun espoir.

Pourrait-il y avoir un Lost Themes ?

Je travaille avec mon fils et mon filleul. On aimerait le faire, bien sûr mais personne ne nous a contactés. Attendons.

Et un retour à la réalisation est-il possible ?

J‘ai un ou deux projets mais j’ai besoin des conditions idéales pour cela. Cela veut dire, un gros budget, une pression minime et l’assurance que ce sera mon film à moi. Là aussi, attendons…

7 mars 2015 Posted by | Conversations | Un commentaire

Clarence Clarity: « No Now »

Clarence Clarity est « prêt à mourir » si on se fie à ses notes pour présenter son « debut album », No Now. Indépendamment de cette élégie, de sa présence omnipotente sur Souncloud qu’il semble voir considérer comme un vecteur d’intensité on peut constater que, après l’écoute de « Those Who Can’t, Cheat » ou «  Meadow Hopping, Traffic Stopping, Death Splash », le nom de Clarity est bien inapproprié même si la confusion est avant tout sonique plutôt que philosophique.

« Will To Believe » est une introduction idéale à ce qu’on a pu entendre précédemment de Clarity. C’est la première véritable « chanson » de l’album et c’est un terme qu’on ne saurait utiliser légèrement une fois la totalité de l’album digérée. No Now n’est pas composé de morceaux formant un album, c’est un, « concept album fait de fragments ajustés les uns aux autres.

On pourrait penser à un Jai Paul en moins raffiné, là où se trouve un hybride de funk de soul, d’humour cru et de sonorités orientales, le tout comme issu d’un canon de pistolet. Ainsi, dès qu’on pense que celui-ci est enfin vide, «  Bloodbarf » intervient comme une recharge de balles mais aussi comme un leurre tant son pop-R&B des années 90 sonne comme un anachronique retour en arrière. « Off The Grind » (Finie la Corvée) sera alors un titre qui portera bien son nom tant il véhicule un climat libéré nous permettant, ensuite, de ne jamais passer par un moment terne tout au long de l’album.

Les conventions sont frôlées avant que d’être écrabouillées, les compromis nous paraissent alors des compromissions si on épouse sa logique et suivant goût et humeur, No Now se fera un plaisir de polariser les opinions.

C’est un opus bruyant, parfois sublime mais surtout irréductible ; cela fait longtemps qu’un tel opus n’a été exécuté avec une telle confiance ce qui tend à prouver que, pour le moment, Clarence Clarity n’a pas d’égal.

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7 mars 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Echo Lake: « Era »

Era est le deuxième album de ce combo britannique dont le premier avait régalé les amateurs d’hymnes dream pop tourbillonnants. Juste avant sa sortie, le batteur Peter Hayes avait trouvé la mort mais Linda Lewis et le guitariste Thom Hill décidèrent de continuer à travailler sur Era. C’est la première fois que le groupe collabore avec un producteur, Misha Herring, et ceci dans le but de donner plus d’ampleur à leur son.

Ce nouvel opus est beaucoup moins pop que Wild Peace et il présente des compositions plus ambitieuses avec des structures ouvertes dépassant souvent les 10 minutes. On y trouve également des influences psyche rock plus affirmées tout comme le fait de privilégier les atmosphères au dépend des mélodies. Parties sont la naïveté et la positivité du premier album ; la tonalité est plus sombre et même comminatoire.

Le disque commence sur un « Light Sleeper » épique et cinématographique se construisant lentement. Les vocaux de Lewis se chevauchent comme sur un mélopée dont on ne peut prévoir la direction qu’elle va prendre. Ceci constitue un des atouts du disque que ne se montrer imprévisible.

l faut néanmoins toujours un « single » même si on s’emploie à déployer des humeurs et c’est là qu’intervient « Waves » un brillant rappel de ce que Echo Lake est capable d’accomplir, une composition sans faille combinant mélodie, atmosphère et rock’n’roll. La chanson titre révèlera d’ailleurs ces mêmes qualités mais avec une moins profonde tension.

Le reste sera un assemblage ne titres qui se consument lentement, « Dröm » sur un registre psyche pop et « trippy » et « Sun » tout comme « Nothing Lasts » sur un plan plus léger mais tout aussi imposant. « Heavy Dreaming » cimentera la transition de Echo Lake vers une psychedelia plus chargée. Era est un disque qui désarçonnera ceux qui se satisfont d’une dream pop simple et accessible mais qui réjouira ceux qui voit le duo revenir avec une approche faite d’ambition et d’envergure.

***1/2

7 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Will Butler: « Policy »

Pendant plus de 10 ans, Will Butler s’est tenu à l’arrière plan de Arcade Fire alors que son frère tenait le gouvernail d’un des groupes les plus vantés par les critiques ces derniers temps. La contribution de Will à ce succès a été fondamentale pas très peu souvent remarquée. Plus que pour tout aucun combo l’approche conceptuelle et intense de Arcade Fire et les sessions d’enregistrements en mode claustrophobie ont fait du groupe un ensemble qui requiert que chacun de ses membres joue son rôle alors que Win Butler et son épouse Régine Chassagne dirigeaient sans contestation les débats.

Arcade Fire étant un groupe formé autour de ce noyau, c’est-à-dire construit autour d’un collectif affuté plutôt que d’un monomaniaque entourés de supplétifs ; on ne sera pas étonné que ce premier effort solo de Will Butler soit une preuve incontestable de sa dextérité à faire montre de son talent de multi-instrumentiste et de le faire sien.

Policy n’est pourtant pas qu’un exercice de validation d’acquis, c’est un album qui peut ne pas rougir de la comparaison avec ses production habituelles au sein de Arcade Fire.

Sur ses huit plages, il est, en effet, à la fois un disque sœur de du groupe mené par son frère et son opposé total. Les similarités sont dans l’approche : expérimentale et pourtant intensément et facilement mélodique, élégantes sans avoir peur d’aller vers ces éléments qui en rebutent beaucoup. Les différences sont, en revanche, multiples et omniprésentes. Alors que The Suburbs et Reflektor étaient des disques conceptuels étendus également en durée, Policy ne dépasse pas la demi-heure et nous balance une un myriade de sons électiques qui semblenr rechercher une oreille disposée à les accueillir. Alors que, pour Arcade Fire, tout était dans la subtilité grandiose, Bulter nous dresse un portrait vif et en technicolor, eux semblent penser chaque mouvement, lui ne fait que les exécuter, tout simplement.

L’album véhicule ainsi un sentiment de libération et c’est celui-ci qui lui donne élan. Loin des observations sociales figues et de la mélancolie inhérente à son groupe, ce disque sonne presque fun. 3Take My Side » commence comme un rock’n’roll bougeant comme du temps des 50’s arborant une cadence enlevée et bluesy et des textes parlant de feu qu’il faut laisser se consumer.

Vient ensuite « Anna », un déluge de synthés robotiques chaloupés, de vocaux hurlés traversés par des flambées de cuivres et un piano haut perché dans ses notes qui tintent. C’est d’un ridicule bien exécuté mais qui ne se prend pas au sérieux, ce qui est d’autant mieux à cet égard car son côté ludique fait de « Finish What I Started » une ballade au piano encore plus émouvante par contraste avec la chanson qui précède. C’est un « torch song » de toute beauté par son aspect mélodramatique mais contenu et dont les harmonies et les vocaux sonores de Butler vous frappent directement au coeur.

« Son of God » nous fera part d’une recherche spirituelle nerveuse teintée de gospel alors qie « Something’s Coming » amplifiera l’interrogation religieuse (« The Lord is watching but he’s not your friend ») mais sur un arrière plan funk et des percussions éclectiques qui dans d’autres mains sonneraient forcées et artificielles. Ici Butler a immédiatement notre attention et ce n’est pas simplement au niveau musical.

« What I Want » par exemple est un monologue de type courant de conscience garni de jeux sur les mots étranges et mis en scène avec des guitares directes. Butler nous apparaît ainsi sous une nouvelle forme, celle d’un narrateur plein de faconde, d’humour et d’acuité. À l’inverse, « Sing To Me » prendra l’aspect d’une ballade plainticve et simple sur la peur de la solitude alors« Winess » sera un « closer » enlevé et plein de verve, tant en termes de tempo que de textes, qui trouverait aisément sa place dans une comédie musicale.

Policy est donc, il est utile de le redire, un chef d’oeuvre de songwriting plein d’hmour et de musicalité éclectique mais toujours opportune. Ajoutons que, la voix de Will étant quasiment identique à celle de son frère, il sera aussi facile d’intégrer cet album qu’un disque de Arcade Fire même si celui de Will Butler se singularise suffisamment qu’on ait besoin d’un autre référent.

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7 mars 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Au.Ra: « Jane’s Lament »

Après plusieurs années de collaboration Tom Crandles et Tim Jenkins sortent enfin officiellement leur « debut album », Jane’s Lament, soue le nom de Au.Ra. Le disque est composé de neuf titres qui sont qui sont autant de compositions dream pop qui se veulent véhicules de béatitude parsemée de touches de psychedelia et de shoegaze. On ne sera pas surpris, sachant les nombreux projets auxquels les deux artistes ont participé (Parades ou Colours), de constater que le disque baigne dans un climat de confiance d’autant plus parlant qu’il n’est pas ostentatoire.

Jane’s Lament a été conçu à partir de jam sessions improvisées et ensuite enregistré entre Sydney et Londres. Cette approche fluide et détendue déteint sur une musique qui ne possède aucune formule fixe ou structure prévisible. En conséquence les compositions s’insinuent dans la tête ce qui fait de l’album un opus facile à écouter.

« Sun » en est un exemple, une jolie mélodie tout simple, délivrée de manière paresseuse cédant, ensuite, place à un instrumental psychédélique aux guitares culbutantes, le tout effectué de manière si amène qu’on ne peut que souhaiter s’y égarer.

« Pyramyd » est également une merveille de sous-entendus ; mélodies un tant soit peu tordues et une section médiane très shoegaze qui vous fait ne plus discerner d’où est issu le morceau. Ces avancées expérimentales se feront de plus en plus longues à mesure que l’album progresse «( Talk Show » et « Spare That Thought »). L’ensemble donne une cadence versatile malgré le fait que le tempo, lui, ne change pas.

Au.Ra sont excellents pour ce qui est le création d’atmosphères, textures et humeurs ce qui permet à Jane’s Lament de nous forcer à la méditation. Pour qui aime la « jangle pop » mâtinée de psychédélisme et de dream pop c’est un opus saisissant dont il serait dommage de s’interdire l’écoute.

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7 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire