Lilly Hiatt: « Royal Blue »

Comme sa couverture brouillée et terne, le deuxième album de la fille de John Hiatt, peine à se défaire d’un climat d’ombres floues qui semblent ne se faire plus vivaces qu’occasionnellement mais qui, même sous l’éclaircie, demeurent ténébreux.

Lilly Hiatt abandonne ici l’approche « singer songwriter » de son premier opus pour mêler à son répertoire country, folk et americana un approche synthétique héritière de la fin des années 80, le tout saupoudré de « vibes » indie pop. Il n’y aurait rien à redire à ce choix artistique si celui-ci état étayé par des compositions qui ont du mal à s’intégrer à ce nouveau schéma et qui finissent par sonner toutes de la même manière. Le mix est, en outre, incongru (les guitares atmosphériques tet les percussions sont juchées à l’arrière plan) et, si on y ajoute une voix plaisante mais détachée, le résultat fait de ce Royal Blue un disque fait de bonnes idées hélés non abouties et ayant du mal à se faire entendre.

Certains titres étincellent de manière sporadique ; ils auraient certainement été plus éclatants si la production de Adam Landry s’était montrée plus légère et moins stylisée. « Somebody’s Daughter » est ainsi un country rock montrant une certaine énergie et « Machine » est suffisamment dynamique pour que la chanteuse perce avec assurance la brume qui l’entoure mais, le reste se fait très vite engloutir par cette muraille sonique qui le pousse vers le bas.

On notera, éventuellement, un « I Don’t Do Those Things Anymore » qui s’emploie à émuler l’esprit de The Cars grâce à des loops mais le résultat en est tristement aseptisé et même « Your Choice » folk dépouillé et acoustique qui aurait du mettre en valeur le registre de Hiatt frise le qualificatif d’exsangue.

Le « closer », « Royal Blue », rattrapera quelque peu les choses ; c’est une magnifique ballade endeuillée avec des arrangements qui, pour une fois, reflètent sa nature pensive mais, la majorité des morceaux se concentrant sur l’aspect obscur de l’amour, il est peu de moments où, dans ce disque, Hiatt parvienne à le transcender et à nous faire entrevoir les diamants enfouis sous la poussière de l’accablement.

**1/2

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