Jack Ladder & The Dreamleaders: « Playmates »

Jack Ladder & The Dreamlanders est un combo australien auteur de quelques albums et dont la renommée n’a jamais dépassé l’hémisphère Sud, cela pourrait changer avec un Playmates qui voit le combo approfondir une nouvelles direction musicale.Les premiers opus, Love Is Gone, étaient construits autour de formules simples dont les compositions pouvaient être interprétées par tout un chacun, avec l’arrivée de Kirin J. Callinan et la sortie de Hutsville, Ladder s’est mis en tête de déconstruire ses morceaux puis de les recoller ce qui a fait des Dreamlanders un combo dont tout avait changé hormis la voix de baryton de son leader.

Playmates poursuit cet approndissement d’autant que le groupe est désormais enrichi d’une crooner (Donny Benet) et de Laurence Pike de PVT. Le son aussi s’est étoffé avec la production de Kim Moyes qui apporte une touche de raffinement et une vista plus aigue que celle qui existait déjà dans Hurtsville.

La musique passe toujours par un rock typé années 80 mais elle est indubitablement plus moderne et actuelle. Ladder occupe toujours le devant de la scène mais son baryon est devenu encore plus intoxicant qu’avant comme si il souhaitait émuler le registre de Nick Cave. Son humour est toujours aussi caustique et ses textes incisifs sont merveilleusement servis par l’interprétation magistrale de ses musiciens.

L’ensemble est soudé et rien qui puisse s’apparenter à une trace d’égo ne semble ici avoir sa place : chaque solo de guitare saturée, chaque feedback, chaque ligne de clavier intervient pour se mettre au service d’un unique objectif : mettre en valeur l’atmosphère exigée par les chansons.

Cela peut se traduire sur un « Come On Back This Way » rumination morose sur la perte, avec « Neon Blue » et son climat d’horreur sinistre et dégoulinante, au travers de l’agression brutale et métallique de « Reputation Amputation » ou enfin sur le romantisme désuet de « To Keep and Be Kept », rien ne paraît vouloir aller à l’encontre d’un opus dont la diversité de styles ne dément pas l’unicité.

Playmates explore ainsi l’âme humaine et ses désirs dans toutes ses manifestations, il sait parfaitement utiliser les ressources d’un groupe de rock pour aller au-delà et nous offrir un disque sans âge et atemporel.

****

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s