Cat’s Eyes: « The Duke of Burgundy »

Cat’s Eyes est un duo formé de Rachel Zeffira et de Faris Badwan (The Horrors) dont The Duke of Burgundy, leur deuxième album, musique originale du film de Peter Strickland du même nom.

En contraste avec leur premier opus éponyme, l’electro pop a été remplacé par des compositions orchestrales habitées et inspirées de la musique baroque.

Le film raconte l’histoire d’une femme chasseur de papillons et de sa relation SM avec son amant. Pour une œuvre qui s’abstient de tout jugement et adopte la narration libre, Cat’s Eyes est parfaitement parvenu à reconstituer la substance et l’imagerie d’une histoire située au 19° siècle.

Le titre d’ouverture par exemple se présente sous la forme d’un mélange délicat de flutes et de guitares acoustiques, de clavecin et de vocaux fins et épars avec des changements entre mélodies en mode majeur et mineur introduisant des textures qui se retrouveront tout au long de l’album.

L’alternance dans les modes exemplifie à merveille la dualité des émotions face au SM et, tout comme dans le film, la musique progresse au fur et à mesure où l’histoire s’étoffe. L’utilisation d’instruments à vent sur « Moth » véhicule le sens d’une innocence encore présente avant d’être suivie par « Door N°1 » qui offre une vision plus sinistre et sombre soniquement grâce à l’emploi du hautbois.

Le « closer » sera un « Coat of Arme » qui aura intégré parfaitement le climat de l’intrigue en utilisant cordes et choeurs pour véhiculer une atmosphère finale faite de cette hantise que l’on retrouve chez Danny Elfman ou Angelo Badalamenti.

Bien que ce ne soit que leur deuxième collaboration, la voix d’opéra de Zeffira et l’approche gothique de Badwan se mélangent d’autant plus harmonieusement que cette rencontre est plutôt inattendue. Les instruments classiques (clavecin, flute) prennent en charge l’imagerie alors que l’electronica va servir à illustrer l’atmosphère tourmentée qui résulte de ce conflit d’émotions et de désirs ; The Duke of Burgandy a ainsi admirablement illustré la tension dramatique et la substance émotionnelle que quiconque aura vu le film ne pourra que partager.

***1/2

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