Eternal Death: « Eternal Death »

Johan Angergård a une assez longue carrière dans la musique pop ; il s’est essayé à de nombreux styles et il faut avouer qu’il est parvenu à tous les maîtriser. Avec Club 8 il s’est aventuré dans la dream-pop mélancolique, la noise-pop pleine de feedback avec The Legends et l’indie-pop sucrée avec Acid House Kings.

Sur l’éponyme Eternal Death, le voilà équipé pour une pop avec un « P » majuscule et, pour cela, il s’est en effet entouré de la vocaliste Elin Berlin pour confectionner un son où les synthés ont la part belle et où les références à des groupes vintage comme Human League sont légions.

Angergård va pourtant resté ancré dans la scène actuelle telle qu’elle a été popularisée par des groupes comme Chvrches ou Purity Ring en construisant une musique autour de percussions insistantes et de murs d’electronica qui surplombent en nous envahissent de manière si puissante qu’elles ne sont jamais loin de nos transporter dans un état second.

Eternal Death comme son patronyme l’indique ne fait pas dans le « easy listening » même si les mélodies sont accrocheuses car les textes sont délivrés par Berlin avec un registre perçant, dur et d’une agitation flottante qui s’insinue, telle une marée, dans tous les recoins de nos conduits auditifs.

Il y a dans ce disque un fort courant de mélancolie sombre que ce soit dans la musique et dans les lyriques ou chaque composition semblera vouloir s’acharner à obscurcir notre paysage, parfois de façon irrépressible.

Les synthés ne laissent pas non plus beaucoup d’espace pour que l’on puisse respirer et, appariés à la voix douloureuse de Berlin, Eternal Death ne nous procure pas une pop qui vibre mais plutôt une pop qui sanglote et qui attend vainement une quelconque délivrance.

Il est de rares moments où les deux artistes semblent prendre un malin plaisir à se complaire dans un registre plus enlevé, sur la disco de « Head » ou « Cry » et la ballade 50’s de « Love » ; on aurait aimé qu’ils soient plus fréquents tant ils sonnent comme des parenthèse et non le véhicule d’une joie de vivre.

L’impression générale restera, au final, celle d’une sinistrose dont il est impossible de se défaire et le résultat celui d’une musique « mainstream » qui se donne tous les moyens pour ne pas y tomber.

***1/2

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