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Colleen Green: « I Want To Grow Up »

Colleen Green est une personne avec qui on peut se sentir une appétence. En effet, à leurs meilleurs, ses morceaux pop sont fort juste et articulés et ile décrivent avec acuité notre vie quotidienne. Ses deux premiers opus avaient été plus ou moins enregistrés chez elle ; sur un I Want to Grow Up au titre emblématique elle ajoute le son d’un véritable groupe et les résultats sont nettement probants. Green traite encore de ce que c’est que d’être adulte avec un point de vue enfantin mais l’aide qu’elle reçoit de l’extérieur (un de ses membres vient de Jeff The Brotherhood) fait, ici, merveille.
Il est aisé de deviner ce que sera la grand thème de l’album. Alors que, en général, quand on arrive à l’âge de 30 ans on est censé savoir de quoi est faite l’existence, dans son cas elle égrène des sensations dignes d’une gamine de 15 ans faites de confusion, de paresse ou de laisser aller. La chanson titre ainsi que « TV » sont, ainsi, un exemple dont on peut éprouver de la frustration face aux normes sociétales.


C’est au travers du noyau central, « Things That Are Bad for Me (Part I) » et « (Part II) » que le disque prend véritablement une certaine ampleur. La première partie est un numéro enlevé traitant de la façon dont Green devrait s’assumer, soit en buvant moins, soir en évitant un ex, bref en se montrant positive et elle mène directement dans la deuxième partie, un cousin de la première en plus grunge et mélancolique. Ces deux titres apportent vraiment une lumière intéressante sur la dualité de l’album et des voix conflictuelles qui résonnent en elle : ange pop-punk et diable synth-pop.
Le final, « Whatever I Want » sera la composition la plus positive, incorporant comme elle le fait les deux facettes de sa personnalité. Green est dans l’acceptation de cette nature ce qui est le cas de chacun d’entre nous. Elle comprend que le bonheur ne consiste pas à chercher le sans fautes ; quelque part c’est une façon qu’elle a d’avoir muri, même si elle n’en a pas totalement conscience.

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27 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Airborne Toxic Event: « Dope Machine »

Sur ce quatrième album des Airborne Toxic Event on assiste à un changement de direction de la part du groupe qui semble glisser du « guitar rock » à une approche qui repose beaucoup plus sur la pop et l’electronica.

Si on cherche les envolées de guitares et les chorus anthémiques de la forme de « Wishing Well » ou « Sometimes Around Midnihgt » de leurs précédents opus, on ne les trouvera pas. Les compositions sur Dope Machine sont plus dans la veine de leurs « singles » (« Changing » en 2011 et « Timeless » en 2013) avec les guitares mises en arrière plan et les claviers et les boîtes à rythme occupent la place centrale.

On peut discerner des chorus accrocheurs disséminés dans l’album mais ils sont enfouis sous de nombreuses nappes soniques ce qui, quelque part pose un problème ; Dope Machine semble impersonnel, tout en retenue et parfois même soporifique d’autant que, en matière de nouveauté, la plupart des titres sont déjà sortis sous la forme de « singles » dont « Wrong » et « Chains » sont les meilleurs.

Entre cela, le reste sonne affreusement similaire : quelques rockers froids et lentement cadencés dont se différenciera « Time To Be A Man » et une trilogie de ballades qui ne sont pas les moments phares di disque ; en particulier un « My Childish Bride » bien poussif.

Dope Machine déçoit malgré les promesses qu’il affichait. On peut créditer The Airborne Toxic Event de vouloir changer de direction mais on s’aperçoit que, au travers de cette nouvelle équipée, il a choisi de rester sur des sentiers bien balisés qui ne noue emmènent pas réellement quelque part.

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27 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Black Ryder: « The Door Behind The Door »

Il y a environ trente ans, Jesus and Mary Chain sortaient leur Darklands. Le tempo ralenti et les rythmes de guitare léthargiques ont fait, depuis écoole et, même si The Door Behind The Door des Black Ryder n’est pas rigoureusement semblable, l’effet produit, cette sorte de désenchantement qui atteint les esprits les plus affligés, ne peut que nous les remettre en mémoire.

Ce deuxième opus suit un Buy The Ticket, Take The Ride considéré comme un classique du shoegaze moderne mais il avait connu quelques détracteurs. Ici, le duo australien composé de Aimee Nash (qui a collaboré avec BRMC) et de Scott Von Ryper, est parti à Los Angeles et il nous présente un album sonnant comme une discothèque où figureraient This Mortal Coil, Cocteau Twins et tout combo qui appartient à l’éthique dreampop pour nous offrir un disque qui transcende tempe et espace.

Quand Nash chante, on ne peut qu’écouter. Sa voix a une qualité éthérée et hypnotique rappelant Mazzy Starr, plus suggestive et envoûtante que celle de Von Ryper qui se charge d’une production qui l’épaule avec force et fait de la vocaliste le point focal de l’album.

« Babylon » vous emmène en un lieu dont vous ne connaissez rien avec ses nappes de guitares vous transportant au sein d’une expérimentation psychédélique alors que « Seventh Month » interrompt le trip « psych-out » pour vous ramener vers un univers nourri de mélatonine.

«  The Going Up Was Worth the Coming Down » pourrait être une composition britpop exemplaire si elle n’ajoutait une grandeur majestueuse et «  Let Me Be Your Light » peindra l’onirisme de son optique surréaliste.

« All That We Are » nous permet la béatitude avant l’épique exode « ambient » que constitue « Le Dernier Sommeil ». The Door Behind The Door nous laissé alors devant une porte qui est celle d’une réalité atemporelle dans laquelle ne brille que l’hyper surréalisme. Il ne reste plus qu’à franchir le seuil qui ouvre sur des multiples chambres qui seront autant d’expériences hallucinatoires une fois quitté le tangible et le réel.

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27 février 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Emile Haynie: « We Fall »

Quand votre « debut album » peut se vanter des participations de Bian Wilson, Lana Del Rey, Fay-ther John Misty et d’autres on ne peut que se dire que son travail en tant que producteur (Lana Del Rey, Kanye West, etc.) à fait de Emile Haynie le détenteur d’un carnet d’adresses imposant.

Pour ce premier disque solo Hayne semble d’ailleurs être resté dans sa zone de confort, témoin le duo avec Del Ray, « Wait For Life », qui aurait très bien figurer dans l’album de cette dernière tant il excelle dans ce genre de slow-blues incandescent dont la chanteuse est porteuse. À cet égard, il aurait été intéressant de savoir jusqu’à quel point cela est lié à la relation qu’il a ou avoir avec elle même si on retrouve cette même zone de confort dans « A Kiss Goobye » de St. Vincent qui s’honore de la participation de Charlotte Gainsbourg avec qui il avait déjà travaillé.

De ce point de vue, We Fall, ne surprendra pas mais il offrira beaucoup moins de cohésion que quand Haynie se contente d’un rôle aux manettes à moins qu’il ne s’ait souhaité nous confectionner une collection de « singles ». On trouvera néanmoins étrange qu’après un « Come With Me » rempli d’échos interprété par Likke Ly, survienne un « Who To Blame » avec un Randy Newman à son plus ampoulé.

Avec We Fall, preuve est faite qu’il est difficile pour un producteur d’arriver à la hauteur des artistes pour qui il travaille. Le « Fool Me Too » avec Nate Ruess est est l’exemple parfait si on le compare avec ses travaux avec Del Rey et West ; Emile Haynie fait pour lui ce qu’il sait faire pour les autres. À ce titre, le « closer » « The Other Side » et sa fin abrupte est emblématique d’un disque qui est le résultat de divers hasards plutôt qu’une création artistique et que la pluralité des connaissances de Haynie sauve de la banalité.

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27 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire