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Screaming Females: « Rose Mountain »

Le dernier opus des Screaming Females date de 2013 et c’était un EP, The Chalk Tape, dans lequel le trio se lançait dans de vagues recherches expérimentales au long de ses sept plages. L’approche était rapide et quelque peu désimpliquée et elle s’harmonsait assez bien avec le style punk débridé du groupe.

Rose Mountain, leur sixième album, est envoie le bois de façon tout à fait différente dans la mesure où il montre ce que le trio est capable d’accomplir si il prend le temps de polir et d’être un peu plus attentif aux détails. Cette évolution vers une ouverture sur d’autres tonalités avait déjà pu être pressentie sur leurs précédents albums comme Power Move et Castle Talk.

Ici, il semblerait que cette promesse se soit enfin réalisée avec ses guitares en fuzz libidineuses, ses solos qui pulvérisent et le alto chaotique de leur leader et guitariste Marissa Paternoster. Après 10 ans de carrière dans le guitar rock underground, Rose Mountain est un album de rupture par excellence.

Screaming Females s’échappent enfin de l’ombre punk qui menaçait de les stéréotyper et, si on devait aujourd’hui caractériser leur son, on pourrait dire qu’il est maintenant proche de ces riffs stoner rock graveleux qui évoquent le Black Sabbath des débuts. Le travail à la guitare de Paternoster assure la plus grosse partie de cette coloration heavy sur des morceaux comme « Empty Head » ou « Triumph » et elle y ajoute des textes qui sont en phase avec l’intensité émotionnelle de sa musique.

Le disque semble ainsi rendre coup pour coup, dans un échange immédiat et fulgurant entre mots et sons qui s’entrechoquent comme sur sur « Ripe » ou les deux se répondent même si quelques titres pop (« Wishing Well » et « Hopeless ») montrent que le combo a l’ambition de ne pas tout sacrifier au muscle et à l’enthousiasme mais aussi à explorer toute le spectre du guitar rock.

Avec cet opus, Screaming Females que c’est non seulement le rock féminin qui est vivace, mais le rock tout court.

***1/2

25 février 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Los Bonsáis: « Nordeste »

Los Bonsáis est un duo noisy pop originaire des Asturies qui puise son inspiration à la fois dans le « fuzz » et dans la mélodie. Après plusieurs EPs prometteurs, Nordeste va vouloir enfoncer le clou de l’intérêt qu’ils avaient suscité auprès de la scène indie pop toujours pleine de jugeotte quand il s’agit de décrouvrir de nouveaux talents.
Sur de « debut album » on ne verra pas de grandes évolutions par rapport à leur matériel précédent, juste une manière un peu plus habile de le mettre en place. Le songwriting et le jeu instrumental de Nel sont parfaits cantonnés qu’ils sont dans le noise-pip alors que les vocaux de Elena sont plus hauts et assurés que sur Kingfisher leur précédent EP. Ce dernier était une ode à la rencontre amoureuse, celui-ci est perclus d’humeurs automnales dont le groupe est néanmoins capable da capter l’optimisme qu’on peut y trouver.


Les sons sont vibrants et colorés, et les morceaux conjuguent avec équilibre ce format où la distorsion se mêle à des climats enamourés. Les vocaux de Helena sont à cet égard doublés ce qui est manière de prouver que le duo n’a pas nécessairement besoin de mettre le volume à fond pour faire fructifier sa démarche.
On retiendra quelques morceaux up-tempos et assez accrocheurs comme « Como Si Nada » ou « Plan B », ce sera d’ailleurs une des seules qualités qu’on pourra trouver au combo dans un registre peu original, l’autre étant un art du mix utilisé comme il se doit et qui nous évitera une expérience d’écoute un peu trop pénible.
**

25 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

S. Carey: « Supermoon »

Le « sophomore LP » de S. Carey, Range Of Light, était dense un album et certains de ses meilleurs moments se trouvaient quand, après plusieurs écoutes, on, y trouvait encore de nouvelles nappes et textures. Il représentait une narration sonique dans laquelle Carey souhaitait explorer son amour de la nature au travers de la musique.

Il y avait totale adéquation entre le démarche et le rendu mais Carey est un artiste versatile et, avec Supermoon, figurent dans cet EP quatre versions dépouillées de précédentes compositions, une reprise de « Bullet Proof…I Wish I Was » et la chanson titre qui est un original.

Une « Supermoon » est, an astrophysique, une pleine lune ou une nouvelle lune ; le moment où elle est le plus près de notre planète et où la vision qu’on en a à l’oeil nu est la plus claire. Carey va s’efforcer de rendre compte de ce phénomène soniquement en nous proposant des versions de « Fire-Scene », « We Fell », « In The Stream » et « Neverending Fountain » dont le dépouillement tranchera avec son opus précédent et dont la magnificence majestueuse ne pourra que nous fasciner.

Chaque résonance va ici conter, comme si il était possible de retranscrire un climat « space » sans déluge d’effets spéciaux ou électroniques. La « vibe » installée est celle d’une proximité dénudée de tout et naturaliste. Le piano domine avec des éléments « ambient » mixés en arrière, l’idée était de procéder à un décharnement presque ascétique des choses ; S. Carey a réussi son pari de prodiguer ampleur à des arrangements spartiates.

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25 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Spectres: « Dying »

Ce disque s’ouvre sur un white noise à faire frissonner tant il est débridé et se veut marque de détermination et de confiance. Spectres est un groupe en pleine confiance et le titre qui intyroduit l’album, « Blood In The Cups », sonne comme une épopée bruitiste sans compromis. Il y a cris, il y a chuchotements, il y a rythmes chaloupés avant qu’une brusque secousse ne vous propulse vers une urgence et une peur qui ne peuvent que vous hanter. Ce sentiment ne s’effacera et, même si Spectres est un groupe, difficile à étiqueter, sa musique vous habitera.

Il s’agit pourtant de post-rock, mais celui-ci sera infusé par des paysages soniques où des bribes de noise-pop s’entrechoquent, un climat dans lequel ce quatuor de Bristol semble inébranlable dans ce qu’il exige.

Le beat de la batterie au coeur de « Mirror » évoque une poursuite au travers de tunnels remplis d’ombres, sur « Sink » , les vocaux sont remplacés par les psalmodies ténébreuses de type « You don’t see what these eyes see » avant qu’un instrumental détraqué ne fuse et qu’un refrain final ne promette un inévitable retour.

Bref, Dying peut être qualifié d’« uneasy listening ». En effet, Spectres sont parvenus à créer très vite une atmosphère et il n’y est question que de tension et d’abrasion dans un climat qui semble nimbé de brouillard. Ainsi, un volute de feedback qui enfle et phagocyte un « Sea Of Tees » semble un processus naturel et il en sera de même au long des dix plages qui jalonnent l’album.

Ce qui sauvera le disque de l’excès sera une véritable démonstration dans l’art de cultiver des refrains. Spectres pourrait, à chaque mesure, nous choquer et nous assaillir, il ne le fait pas et préfère nous titiller en privilégiant la durée de ce qui est à anticiper. Comme dans toute bonnes histoire de fantômes, le plaisir est dans l’attente ; Spectres l’ont parfaitement compris et impeccablement mis en place.

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25 février 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire