Twin Peaks: « Wild Onion »

Il y a une tentation à laquelle il est difficile de résiter à propos de Twin Peaks ; les mettre dans la même catégorie que cet autre groupe de Chicago, The Orwells, dans la mesure où les deux partagent une mentalité ravageuse d’ouvrer dans la rock and roll habité par la nostalgie. Ils ont tendance à ne pas faire grand-chose hormis jouer des morceaux lo-fi mais à un volume maximum et ont même crée un compte Tumblr commun où ils racontent les plaisanteries les plus crues survenues durant leurs tournées. La différence est que Twin Peaks sont plus concentrés et moins j’menfoutistes et qu’ils font plus d’efforts à la composition de leurs morceaux. Il y a chez eux un désir jamais éteint à progresser et leur second album, Wild Onion, respecte cet idéal dans la mesure où il en enlève une pelure et nous présente une nouvelle surface.

Il y a quelques règles simples mais qui sont fermes dans l’approche du groupe : pas de morceaux dépassant les 3 minutes et si une idée semble être épuisée il est temps d’en chercher une autre. De ce point de vue, « Mirror of Time », bien que devant beaucoup à cette brillance émanant des sixties débute sur quelques notes de pipeau et sur « No Way Out » il vont jusqu’à faire allusion à la new wave avec des guitares enveloppées dans de la reverb.

Cadien Lake James est en outre un leader fascinant dans sa façon de diriger un « Strawberry Smoothie » délirant puis de rapidement passer à un « Flavour » interprété d’une voix bourrue. Le disque baigne dans des bases musicales indubitablement américaines mais il montre également que le groupe explore un terrain, certes connu, mais essaie d’y plantyer son propre pré carré. Ils sont sans doute encore beaucoup à faire mais ils ont indéniablement un savoir faire quasi professionnel ne serait-ce que dans la manière de peaufiner leur image un peu primaire.

Maîtriser la composition est une bonne chose, il leur reste néanmoins à faire quelques coupes brusques et, sans édulcorer quoi que ce soit, se livrer à un exercice de dégraissage avant de se lancer vers cet inconnu dont Wild Onion marque une première étape.

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