Rhiannon Giddens: « Tomorrow Is My Turn »

Tomorrow Is My Turn est le premier disque solo de Rhiannon Giddens, chanteuse, joueuse de banjo et de fiddle et membre fondatrice des Carolina Chocolate Drops un groupe de folk plutôt frénétique. Il est raisonnable de penser que le tire donné audit album est une manière d’énoncer quelque chose qui se veut une assertion et, à cet égard, elle n’est pas éloignée de la réalité.

Après sa participation à The Basement Tapes, on la voit aussi reprendre des compositions des frères Gershwin, de Dolly Parton, Odetta ou Nina Simone ainsi que rendre hommage à certains classiques dont elle garder les arrangements originaux.

Aux manettes, T. Bone Burnett se charge d’ailleurs de la production est ses efforts accompagnent avec goût les choix de Giddens et donnent à Tomorrow Is My Turn une tonalité mesurée, teintée de sépia s’accordant au phrasé majestueux de la chanteuse. Celle-ci va émuler ces « ancêtres » avec révérence mais également une assurance qui confoirme l’étendue de son spectre vocal.

Elle roucoule de manière aguicheuse sur « Last Kind Words », déploie une voix endurcie sur uen exhortation gospel comme « Waterboy », sait monter très haut sur la lamentation celtique qu’est « O Love Is Teasin’ » et, enfin, donne à la chanson titre une version « torchy » des plus torrides.

On peut s’étonner de certaines sélections mais il ne fait pas oublier que, au travers de l’americana qui constituait le répertoire des Carolina Chocolate Drops, la vocaliste a toujours mettre en avant une certaine patte où elle offrait un savoureux mélange de country et de soul.

Une composition originale figurera sur l’album, « Angel City », une valse à la belle cadence menée au violon mais, même sur certaines reprises, elle est capable de faire preuve de personnalité tel le traitement hip-hop d’un chant folk traditionnel, « Black Is the Color » dans lequel elle semble retrouver le « groove » qui parsemait parfois les Chocolate Drops.

Bien conçu et produit, superbement exécuté ; Tomorrow Is My Turn pourrait très bien marquer l’arrivée d’une nouvelle force dans l’americana quand elle s’aventure dans le « crossover ».

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