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Jeff Austin: « The Simple Truth »

Le joueur de mandoline du Yonder Mountain String Band. 2, Jeff Austin fait, ici, cavalier seul avec la sotie de son « debut album », The Simple Truth. Dès les premières note, sur « What The Night Brings », le musicien affirme que ce disque n’est pas un « remake » de YSMB.2. Nous avons droit à une guitare électrique vivace qui rappelle le Springsteen de la période Born In The USA et dans laquelle la profession de foi de Austin est claire : « Je ne suis pas certain de comment je suis arrivé ici, mais j’y suis parvenu pour de bon ». Ayant passé 15 ans avec le même combo, l’observation prend toute sa valeur.

Il va, par conséquent, essayer de bâtir sa propre identité musicale en s’aventurant au-dela du « progressive bluegrass » de son précédent groupe même si il en garde des traces sur un « Fiddling Around » (Bidouillant à gauche et à droite) judicieusement ainsi intitulé. Ce vagabondage le mènera vers l’incorporation de schémas pop, rock, country et même funk.

Austin est avant tout un instrumentiste aussi sa voix manque de puissance rocailleuse mais il utilise ses nuances vulnérables et émotives pour donner profondeur à des ballades comme « Scrapbook Pages », « Falling Stars » ou « Over and Over » aux accents de tendresse fort harmonieusement exprimés.

Mais c’est avant tout quand il décide de s’emparer de modèles plus vifs que sa musique prend de l’ampleur ; des titres comme « 15 Steps », « Shake Me Up » ou ‘The Simple Truth » combienent avec succès racines bluegrass et rythmes funk et nous surprend même en délivrant un savoureux hybride « mash-up » de Bill Monroe et James Brown. Avec une section de cuivres et du banjo, on aura quelque chose qui rappellera le Little Feat de Lowell George ce qui n’est pas une mince référence.

The Simple Truth porte ainsi son titre ; il n’est pas si simpliste que ça mais il est évident que Austin nous livre ici une part de sa vérité.

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16 février 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Rhiannon Giddens: « Tomorrow Is My Turn »

Tomorrow Is My Turn est le premier disque solo de Rhiannon Giddens, chanteuse, joueuse de banjo et de fiddle et membre fondatrice des Carolina Chocolate Drops un groupe de folk plutôt frénétique. Il est raisonnable de penser que le tire donné audit album est une manière d’énoncer quelque chose qui se veut une assertion et, à cet égard, elle n’est pas éloignée de la réalité.

Après sa participation à The Basement Tapes, on la voit aussi reprendre des compositions des frères Gershwin, de Dolly Parton, Odetta ou Nina Simone ainsi que rendre hommage à certains classiques dont elle garder les arrangements originaux.

Aux manettes, T. Bone Burnett se charge d’ailleurs de la production est ses efforts accompagnent avec goût les choix de Giddens et donnent à Tomorrow Is My Turn une tonalité mesurée, teintée de sépia s’accordant au phrasé majestueux de la chanteuse. Celle-ci va émuler ces « ancêtres » avec révérence mais également une assurance qui confoirme l’étendue de son spectre vocal.

Elle roucoule de manière aguicheuse sur « Last Kind Words », déploie une voix endurcie sur uen exhortation gospel comme « Waterboy », sait monter très haut sur la lamentation celtique qu’est « O Love Is Teasin’ » et, enfin, donne à la chanson titre une version « torchy » des plus torrides.

On peut s’étonner de certaines sélections mais il ne fait pas oublier que, au travers de l’americana qui constituait le répertoire des Carolina Chocolate Drops, la vocaliste a toujours mettre en avant une certaine patte où elle offrait un savoureux mélange de country et de soul.

Une composition originale figurera sur l’album, « Angel City », une valse à la belle cadence menée au violon mais, même sur certaines reprises, elle est capable de faire preuve de personnalité tel le traitement hip-hop d’un chant folk traditionnel, « Black Is the Color » dans lequel elle semble retrouver le « groove » qui parsemait parfois les Chocolate Drops.

Bien conçu et produit, superbement exécuté ; Tomorrow Is My Turn pourrait très bien marquer l’arrivée d’une nouvelle force dans l’americana quand elle s’aventure dans le « crossover ».

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16 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire