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Tigercats: « Mysteries »

Tigercats sont un combo indie-pop londonien dont le premier album, Isle of Dogs, avait été assez bien accueilli. Mysteries suit donc et il dévoile une atmosphère plus laidback que la tonalité enlevée du précédent. On sent que, avec une signature sur le label Fortuna Pop !, le groupe a mis grand soin à façonner un disque qui semble avoir pour obsession le fait d’éviter l’écueil du toujours problématique « sophomore slump ».

Mysteries témoigne d’un flair indéniable à nous prodiguer des mélodies compactes et tendues nourries de lignes de basse accrocheuses et instantanées. Cette formule n’est pas gratuite car The Tigercats veulent que nous soyons témoins de leur itinéraire et souhaitent nous faire partager tout un éventail d’émotions qui sont au coeur de leur vécu.

Le disque commence sur un « Junior Chapman » qui sonne comme une bouffée d’air frais soufflant sur la scène indie-pop. Indéniablement le groupe a maturé en termes musicaux également (sans doute grâce à la participation du guitariste de Allo Darlin’ Paul Rains). Certaines compositions, comme « Laura & Cesar » seraient idéales pour une session « chill out » alors que d’autres, comme « King Vic », sont parfaites pour nous faire dodeliner de la tête. Le tout forme un album bien tourné avec des plages qui se chevauchent sans à-coups et qui, sans doute parce que Mysteries est autobiographique, véhicule une vibe partiellement burinée.

Avec les voix du « lead vocalist » Duncan Barrett et de Laura (claviers) qui s’entrelacent sur certains titres on perçoit combien les deux parviennent à se complémenter en termes de tonalités. Sur « Laura & Cesar » et « Sleeping in the Bacskeat », c’est Laura qui assure les vocaux principaux et elle apporte, à cetr égard, un changement rafraichissant à ceux, grinçants, de Duncan.

Ce dernier titre est également le « single » de l’album et il narre ces moments de tournées où l’objet d’amour vous manque et il est très rapidement contrasté par un « So Haunted » et son riff accrocheur qui sera le pendant du premier « single ».

Mysteries se conclura sur un « Wendy and Lisa » délicatement sombre qui exemplifiera un nouveau son, désormais plus accompli. Sans aucune plage qu’on puisse qualifier de faible il est clair que le combo a gagné également en confiance et qu’il se sent prêt à aller plus loin. L’album nous laisse sur une sensation plaisante semblable à celle que vous avez quand un album vous semble complet.

***1/2

15 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Steve Earle: « Terraplane »

Il y a beaucoup de choses qu’on ne peut qu’aimer chez Steve Earle ; il n’hésite pas à nous faire part de ses galères et états d’âme mais, ce faisant, émane de lui un positivisme graveleux certes, mais aussi courageux. Sur bien des plans, il est semblable à Neil Young et il se refuse obstinément à faire ce qu’on attend de lui. De ses apparitions dans la série télé The Wire à son roman, I’ll Never Get Out of This World Alive, ou la multiplicité de styles que ses 15 précédents albums ont déployé, il n’apparaît jamais lié aux exigences du rouleur compresseur qu’est l’industrie musicale. De coeur, Earle est un songwriter et Terraplane est sa première incursion dans le blues le plus pur.

Earle étant Earle, il n’emprunte pas la route la plus policée. Enregistré à Nashville avec le protégé de Buddy Guy RS Field, les aspérités sont laissées telles qu’elles le doivent. L’artiste a une grande connaissance de l’éthique lo-fi mais cela ne veut pas dire que la virtuosité soit absente du disque. Un seule écoute du solo de guitare sur « Better Off Alone » nous le rappellera et, à leurs meilleurs, tous ces aspects rugueux donnent une certaine puissance à ses compositions trompeusement simples comme, par exemple, cette ode gutturale au célibat qu’est « Better Off Alone ».

Le côté négatif est qu’une bonne partie du matériel sonne un peu trop évocatrice de ces chansons qu’on entonne le soir dans un bar et, même si c’était l’intention de Earle, cela reste du roadhouse blues rock assez prévisible.

En revanche, le meilleur des compositions sort du lot. Le « Tennesse Kid » au parfum rage avec son voiceover parlé et traînant rappelle ni plus ni moins que le « Dixie Fried » de James Luther Dickinson tandis que, à l’autre extrémité du specte musical, le duo jazzy « Baby’s Just as Mean as Me » avec la violoniste de Dukes, Eleanor Whitmore, est aussi charmant que du Louis Armstrong. Cela mènera à un final délicieux, un blues laid back et acoustique en arpèges « Gamblin’s Blues » puis à un « King of the Blues » à la palpitation lente et salace, une concoction presque parfaite de textes et d’attitude insolents à faire rougir les Stones ou Nick Cave.

Un disque à la vibe insouciante, aussi fun à écouter qu’il semble l’avoir été à enregistrer.

***1/2

15 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Six Organs of Admittance: « Hexadic »

Bien que la plus grande partie de Hexadic soit explosive, ce premier album de Six Organs of Admittance depuis Ascent en 2012 offre beaucoup délements qui nous sont familiers. Un climat lourd au tempo digne d’un pas de tortue, des changements entre une densité qui à écraser nos os, une rareté desséchée semblable à Earth et Dylan Carson, des interludes de guitare en mode western spaghetti et une approche des riffs tendant à les déformer et les broyer où l’on découvrirait un mix de « Bad Moon Rising », Sonic Youth, Harry Pussy et Pussy Galore.

Ben Chasny ltait étiqueté dans le registre « freak folk » mais aujourd’hui ses nombreux déguisements musicaux le font slalomer avec aise entre bruitisme, dépouillement instrumental et intimité fracturée. Ceci demeure avant tout une plateforme ; celle qui lui permet de défier la tendance qui est sienne à toujours vouloir explorer ce en quoi le bruit peut être générateur de fascination pour lui.

Hexadic doit être le 18° album de Six Organs of Admittance album. Pour rafraîchir un peu les choses, Chasny a, selon ses termes, voulu mettre au point sa propre forme de composition musicale, le système hexadique. Il a pour but de libérer le langage et le son de tout ordre rationnel et de remplacer le calcul logique par de l’indéterminé. Le système héxdqique serait, selon lui, un catalyseur permettant de s’affranchir des structures conventionnelles et de leur substituer des nouvelles façon d’aborder les progressions d’accords et ce qui va avec.

Malgré le fait qu’on trouve désormais des cartes à jouer se réclamant de ces stratégies obliques, on ne peut pas dire que ce disque sonne différemment des autres. On faisant connaître sa méthodologie, Chasny a en fait sapé la possibilité de l’auditeur à prendre Hexadic directement et de s’imprégner sans se préoccuper de la nature de cette aventure sonique. On ne pourra donc qu’accompagner la vague miroitante de « Future Verbs », épouser les ruades sauvages de « Wax Change » ou les mouvements en avant que nous assène « Maximum Hexadic ». Il faudra donc s’adonner sans idées préconçues à un album qu’exemplifie un « Hollow River » débridé sous peine d’être encore plus déçu qu’il peut nous arriver, par moments, de l’être à l’écoute de Hexadic.

**1/2

©The ArtsDesk

15 février 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Wave Pictures: « Great Big Flamingo Burning Moon »

Il est vraisemblable qu’un album ayant pour titre Great Big Flamingo Burning Moon suscite des idées préétablies. Ce huitième album officiel des Wave Pictures est un effort bé d’une collaboration du trio londonien avec un de leurs héros, le légendaire auteur, peintre, poète, chanteur et tous les en veux-tu en voilà qu’on pourrait dire de lui : Billy Childish. Sachant cela, on ne sera pas étonné que le disque soit totalement cinglé, tendance loufoque.

Pour l’écriture et l’enregistrement, le groupe a utilisé essentiellement l’équipement 60’s appartenant à Childish et à ce niveau de retour aux bases dans le processus a un impact indiscutable sur le son de Great Big Flamingo Burning Moon. Que ce soit sur « The Telephone » et son gémissement de guitare appartenant à un autre âge jusqu’à « Fox Fur Pillow Case » et son intro qui possède plus qu’une ressemblance avec The Kinks, cette nouvelle approche d’envisager toutes le facettes de la création d’un disque a mis The Wave Pictures au défi de réaliser quelque chose qui soit à la hauteur d’une exigence : et il s’avère être sans doute leur meilleur opus.

« Pea Green Coat », le « single », figure en dernière place sur les treize plages. C’est une des quelques chansons sur lesquelles Childish joue et qu’il produit, mais ce qui importe c’est le fait qu’on lui ait attribué la fonction de clôturer l’album. Cela est signe de l’expérience acquise par le combo dans le tracklisting lui permettant de faire de Great Big Flamingo Burning Moon une œuvre assemblée de manière aussi intense et brûlante que possible.

Pour un groupe ayant dix ans d’âge, le fait de travailler avec une personne aussi persuasive que Childish leur a donné, de manière approprié, une façon naturelle de s’approprier un goût tout nouveau pour l’émerveillement et l’aventure qui imprègne chaque élément de l’album et lui apporte une fraîcheur inédite qu’il serait dommage de ne pas découvrir.

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15 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire