Martin Sexton: « Mixtape of the Open Road »

Il est un moment dans Mixtape of the Open Road où Marin Sexton parle de « vendre des crayons dans un monde de stylos billes » ; tout autant que la pochette surannée du disque on peut y voir une référence ironique à sa propre carrière. Huit albums, tous acclamés par les critiques mais gérés de manière underground ne lui ayant pas permis d’obtenir la reconnaissance qu’il mérite.

Il est vrai que Sexton a toujours été joyeusement indifférent aux modes et que sa musique occupe une place que beaucoup ont oublié aujourd’hui : des harmonies cousues maison légèrement pimentées de « backing vocals » doo-wop et de douce pedal-steel. Si on ajoute un sens de l’humour saugrenu et des vocaux délicieusement élastiques, on a en face de soi un artiste inclassable qui, ici, évolue un peu dans son registre pour nous montrer l’étenue de ses capacités créatives sans sacrifier à la profondeur musicale qui demeure très peaufinée.

Que Mixtapes oit si éclectique est assez ironique puisque Sexton éprouve ici de produire un album cohésif puisque né d’un concept. Il a néanmoins l’intelligence de ne pas se bagarrer pour faire entrer ses compositions dans un moule mais de les laisser respirer et d’épouser leurs différences pour en faire un patchwork coloré parcourant toute une gamme de climats soniques. On trouvera donc des hymnes béats aériens et acoustiques « You (My Mind Is Woo) », des refrains plus enlevés et faciles à reprendre en choeur comme un « Remember That Ride » et sa ravageuse slide guitar ou des flux et reflux musicaux tels qu’ils ont délivrés par « Open Road ».

Quelle que soit pourtant l’instrumentation et le tempo choisis, tous ces morceaux sont fédérés par une voix qui demeure son meilleur instrument comme le montre la manière dont elle est capable de prendre son essor puis de fondre et de se frayer un chemin au travers des arrangements.

La cohérence sera atteinte dans l’enivrement d’une voix irradiant la chaleur ; si Sexton est bien hors du temps et des modes et, même si le succès lui échappe à nouveau, sa musique, elle, ne prendra aucun âge, un travail d’orfèvre et d’artiste comme si les deux n’allaient pas de pair.

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