The Fireworks: « Switch Me On »

Les années les plus florissantes de la musique indie britannique ont déclenché un bouleversement majeur à la scène underground de l’époque et elle a inspiré une myriade de jeunes à former des groupes où se mêlaient divers registres allant de la pop aux guitares carillonnantes, à une autre, plus tournoyante et ample ou même à la lo-fi.

Ceratns combos éteint plus direct et politiques (McCarthy), d’autres parlaient de filles et de ruptures (Wedding Present, Primal Scream, Soup Dragons) et d’autres étaient enfin catalogués comme twee ou mièvres (Field Mice, Flatmates, Razorcuts). Il y avait place pour tout le monde et ce qui était au départ un phénomène insulaire s’est élargi géographiquement mais a permis à d’autres groupes de pouvoir, à leur tour, utiliser ces nuances à leur avantage. On peut citer aujourd’hui The Pains of Being Pure at Heart, Joanna Gruesome ou Alvvays, ils sont tous différents mais restent fidèle au modèle original.

The Firewoks est un quatuor de Brighton qui est fait de la même étoffe mais qui délivre un climat plus affuté et ambitieux complémentant les guitares fiévreuses et précipitées de leur nouvel opus, Switch Me On. Dès le début de « With My Heart », on entend comme un essaim de fuzz et de bruit autour de soi, un bourdonnement qui enrobe les vocaux comme des insectes qui chercheraient endroit pour se poser. C’est un titre frénétique et torturé mais ponctué de parfaits accords là où il le faut. « Runaround » est encore plus crasseux, avec une guitare qui sonne comme une scie circulaire et qui semble lutter contre les vocaux avant qu’une 6 cordes en carillon ne viennent mettre d’accord les deux combattants par son intervention

Tout ne va pas à cent à l’heure néanmoins. On aura droit à une accalmie « dream pop », « Let You Know », une pause bienvenue alors qu’il ne s’agit pourtant que de la troisième plage. La chanson titre, elle, sera saturée comme ce n’est pas permis d’un étrange alliage fait de reverb’ et de mélancolie saccarinée mais, comme sur tout le disque, les percussions aux battements réguliers et la simplicité des arrangements emportent le tout.

Au total, treize compositions parcourent Switch Me On et le groupe semble avoir trouvé le parfait équilibre au travers de compositions chantées alternativement par des voix féminine et masculine. On en sortira avec le son de Galaxie 500 dans les oreilles, à peine apaisé par un « closer » dépouillé, « In The Morning » , un autre moment de tempérance dans un océan de décibels.

Il ne faudra pas espérer de grandes variations stylistiques dans ce répertoire, pas de bidouillages d’avant-garde dissimulés ici et là. Switch Me On est un disque qu’il est facile d’apprécier tant il est instantané, parfois fun et dynamique mais surtout plein de pop songs délicieusement confectionnées.

***1/2

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