Rapid Talk: Interview de Viet Cong.

Matt Flegel est le leader de Viet Cong, ce groupe de post-rock, dont le « debut album » est aussi énervé que lui semble lymphatique. « Ce sont mes secrets » dit-il , mais il y a toujours un élément d’inconfort et d’apathie quand il se voit obligé de parler de sa musique. Pourtant celle-ci est aventureuse, et, tout comme son style de vie rustique, elle se plait à explorer des territoires non balisés. Le son est tendu pour une période où la vie est tendue et qu’elle incite à projeter beaucoup de colère dans les compositions.

À l’instar de groupes comme Protomartyr, Sleaford Mods ou Eagulls, ils ne semble pas s’être tracés la meilleure voie, c’est-à-dire, la plus commerciale, pour le succès. Viet Cong ont opté pour un itinéraire d’avant garde en s’inspirant du post-punk, du alt-rock et de la psychedelia héritée des « mods », dans leur gestion du bruit. On ne peut pas ainsi soupçonner les revivalistes de toutes sortes de visées marketing mais pour Flegel « À quoi sert de s’habiller comme un « mod » comme si nous étions encore en 1963 ?! »

De là un aspect passif-agressif dans leur musique tordue et une stricte adhésion à des structures musicales bien définies même si celles-ci semblent aller dans tous les sens

Il est plus disert néanmoins sur les circonstances qui ont amené la création de Viet Cong : « Après que nous nous soyons séparés avec Women, à la suite d’une sévère dispute entre moi et mon frère, Pat. Longtemps j’ai pensé les rappeler pour qu’on se reforme et puis Christopher (Reimer, guitare) est mort à 26 ans. Même si on avait voulu continuer, ça n’aurait pas été possible. » Cette histoire semble peser au-dessus de sa tête comme un nuage noir : « On me répète encore que Chris est mort et que j’ai alors formé Viet Cong. »

Il explique alors la fonction qu’il attribue au groupe : « Je ne suis pas une personne dotée d’un naturel sombre tout simplement parce que la musique me sert d’exutoire et qu’elle entraîne un processus de guérison. On demande tout d’elle, on veut qu’elle soit anarchique, qu’elle soude ses membres ainsi que l’audience qu’elle reçoit. Ceci dit, bien que des sujets abordés soient réels, je ne peux pas vous dire lesquels. »

Le message véhiculé est, lui aussi, assez peu explicite. « Il est normal q-d’avoir un degré d’opacité dans mes textes précisément. D’abord, je n’ai jamais songé à être un porte-parole et ensuite ce qu’il êut y avoir de poignant chez moi doit s’effacer derrière la densité. En même temps je suis partagé car c’est la première fois que je suis amené à chanter mes propres textes et j’avoue que ça me fait me sentir mieux ». Il réfléchit un moment, puis reprend : « Il semble que ce soit sur les moments de ma vie que mes chansons soient le plus abouties. Ça n’est donc pas que de la musique de musiciens, il y a d’ailleurs des éléments pop dedans ».

De ce point de vue Viet Cong ne changera certainement pas le monde, mais il a indubiotablement changé la perception du monde que son leader en avait.

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